AMC Marlin 1965-66

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Dans la vie, il est quelquefois de curieuses coïncidences. Il y a quelques semaines, alors que nous nous dirigions un copain et moi vers Mont-Tremblant par une belle soirée du mois d’août à bord d’un rutilant roadster, nous avons senti une odeur particulière, celle des voitures d’avant le convertisseur catalytique, riche en essence non brûlée. Alors, tous les sens en éveil, nous avons cherché l’auteur de cet effluve du passé dans les voitures devant nous, juste pour découvrir une AMC Marlin qui empruntait la sortie et quittait l’autoroute. Ce bref instant fut cependant suffisant pour lancer une conversation à propos de cette très rare voiture, une voiture que ni moi ni mon passager avions déjà vue en réalité. « Ce fera une excellente voiture-mystère pour ma rubrique du magazine », que je me suis dit. Et bien, imaginez vous donc que deux jours plus tard, un lecteur de ce magazine appelait au bureau pour, justement, proposer cette voiture comme sujet de rubrique ! J’imagine que ce lecteur avait aperçu la même voiture que nous et que cela lui avait donné l’idée, car sinon, la coïncidence est trop forte.

Enfin, cette AMC Marlin était le premier essai de la part du quatrième constructeur américain d’entrer dans le segment des « voitures de luxe personnelles », ces grands coupés américains des années 60-70. La première fût la Buick Riviera 1963, et la dernière fût la Cadillac Eldorado, morte en 2002. La Marlin était donc élaborée sur la plateforme de l’intermédiaire Rambler Classic, mais avec une carrosserie à la ligne originale, une ligne qui n’était pas sans rappeler les grands mammifères marins, d’où son nom de Marlin (un grand poisson similaire à l’espadon avec son long nez). La petite histoire veut que la ligne de toit plutôt haute de cette voiture a été le résultat de la volonté du PDG de l’époque, un grand bonhomme de 1m92, de pouvoir s’asseoir confortablement à l’arrière de toutes ses voitures.

Techniquement, cette voiture est similaire à ses petites sœurs : moteurs L6 ou V8, boites de vitesses manuelles à 3 ou 4 rapports, automatique à 3 rapports en option, essieu arrière rigide suspendu par des lames, freins à disques à l’avant seulement. L’équipement était toutefois plus relevé que la moyenne, et la finition était soignée, pour l’époque. Sa ligne originale était toutefois autant décriée qu’encensée, parce que sa partie arrière à la lunette très étroite rendait la visibilité difficile. Néanmoins, près de 15 000 voitures auront été produites en 65-66, et 2500 autres de plus en 1967 (mais sur une autre plateforme plus grande). Si cette voiture est si peu connue, c’est que sa descendante directe à l’allure beaucoup plus consensuelle lui a volé la vedette en 1968 : ce fut la fameuse Javelin.

Le Blog Auto

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