Audi TT 3,2 2008

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Avez-vous déjà remarqué comment le regard des gens change selon que l’on est au volant d’une voiture de sport ou d’une paisible berline ? Non évidemment, puisque la majorité des conducteurs n’ont pas la chance de passer de l’une à l’autre au fil des semaines, ce qui nous arrive régulièrement à nous, chroniqueurs automobile. Dernièrement, j’ai eu l’occasion de mesurer l’attrait qu’exerce une voiture de sport sur les gens lors d’un séjour sur la Haute-Côte-Nord où nous nous étions rendus pour assister au Festival de la Chanson de Tadoussac. Quelle magnifique région, et quel festival sympathique. Le petit village bien connu pour ses excursions aux baleines se transforme, l’espace d’une fin de semaine, en une gigantesque fête où des dizaines de spectacles se succèdent dans de petites salles extérieures et intérieures. La foule se compose autant de jeunes campeurs désargentés que de têtes argentées, et la fête se termine tard dans la nuit, avec des relents bien sentis de Woodstock et de Francofolies. Les artistes présents déambulent librement entre les scènes, on les croise au bistro ou dans les couloirs de l’Hôtel Tadoussac, où nous résidions. Pour l’occasion, ayant prévu le coup, j’avais réservé une Audi TT roadster, c'est-à-dire la version découvrable de la petite voiture sport de la marque aux anneaux. Il faut dire que la route pour s’y rendre est magnifique, surtout celle qui longe le fleuve au sud de la route 138 et qui passe par l’intérieur des terres entre Baie-St-Paul et La Malbaie. Sillonner ces vallons sous le chaud soleil de juin, cheveux au vent, doit figurer parmi les plus belles ballades qu’on puisse faire au Québec. 

C’est à notre arrivée dans le village que j’ai constaté que l’habit fait quelquefois le moine, du moins quand cet habit est une rutilante décapotable blanche à la sonorité sportive. Les têtes se tournent, les regards traduisent des questions du genre : Qui sont ces gens ? Des imprésarios ? Un producteur de spectacle avec sa nouvelle vedette ? Un chanteur et son attachée de presse ? Et là, la magie opère, des inconnus viennent vous parler, le portier de l’hôtel est tout sourire et connivence, on vous applaudit simplement en stationnant la voiture dans un espace un peu serré devant une terrasse bondée. On joue alors le jeu en observant une réserve que seuls les gens habitués aux petites faveurs peuvent comprendre ; nous serons donc de riches touristes discrets et rien de plus, la discrétion étant la première règle du bon goût.

Voilà pour la mise en situation. Maintenant, quelques mots sur la voiture. Notre monture était donc une TT roadster à moteur V6 et rouage intégral quattro, équipée des éléments décoratifs S-Line (roues de 19 po, boucliers spécifiques, sellerie de cuir) et de la suspension pilotée Magnetic Ride. Cette version coûte plus de 68 000 $ telle qu’essayée, mais la version de base de la TT coupé débute à 47 000 $. Notre voiture d’essai était donc richement équipée : toit à ouverture automatique, climatisation régulée qui s’adapte à la conduite décapotée, pare-vent motorisé, sellerie de cuir fin, rétroviseurs électrochromiques, sièges à réglages motorisés, aileron à déploiement électrique, essuie-glace automatique, phares à décharge à faisceau adaptatif, et une finition de première qualité. Si la précédente TT offrait l’espace intérieur et la visibilité d’un tank, cette deuxième génération est beaucoup mieux pourvue. La hauteur sous plafond est bonne, l’espace passager est vaste et large et la visibilité est désormais acceptable même avec le toit relevé. Toutefois, la position de conduite est toujours aussi basse et seule la tête dépasse de la ceinture de caisse. Bien aidée par de grands rétroviseurs et une lunette arrière de bonne dimension, la visibilité lorsque capoté n’est pas aussi terrible que son apparence le laisse suggérer. 

Le confort à bord est excellent et les deux rangements verrouillables sont suffisants pour y cacher les menus objets nécessaires à un long voyage. La soute à bagages est modeste, et encore il n’y a pas de pneu de secours, mais suffisante pour deux personnes ; c’est que cette TT est une stricte deux places, le mécanisme hydraulique du toit rétractable ayant fait disparaître la banquette arrière. Ce toit est un hybride : la partie avant est rigide, mais les côtés sont souples de façon à ne pas déparer la ligne de la partie arrière et conserver un peu de volume de chargement lorsque rabattu. Très bien isolé et étanche, il est tombé des trombes d’eau au retour, le toit peut de déployer et se refermer en marche, jusqu’à 50 km/h. C’est très pratique pour épater la galerie, ce que nous n’avons pas manqué de faire ; des vedettes doivent se faire voir, non ?

Sur la route, cette TT est souveraine : le nouveau châssis est désormais construit en aluminium et offre une rigidité peu commune parmi les voitures découvrables. Aucun mouvement parasite de la baie de pare-brise, aucune vibration dans le plancher, aucune sensation de mollesse n’est perçue même sur les plus mauvaises routes. La suspension pilotée à deux réglages se montre souple en position normale, et se raffermit passablement en position sport. Toutefois, la TT est résolument sous-vireuse, il y a beaucoup de poids sur l’avant, mais le rouage intégral quattro de type Haldex veille à la motricité pour gommer toute sensation de couple dans le volant. La direction est très vive, bien aidée par les énormes pneus ContiSportContact 3 de Continental. L’antidérapage ESP est débrayable complètement, mais cette opération n’est pas souhaitable car les limites d’adhérence étant assez élevées, il vaut mieux conserver cet ange gardien en veille. Son seuil de déclenchement est placé assez haut pour que ce ne soit pas un frein au plaisir de conduite. Le freinage est assuré par d’immenses disques ventilés de 340 mm à l’avant et 310 mm à l’arrière qui procurent une force de décélération impressionnante. Avec un centre de gravité aussi bas et des gommes larges (255/335ZR19), rien de surprenant. 

Le moteur de ma voiture d’essai était le VR6 de 3,2 litres du groupe VW-Audi. Je n’ai jamais un fan de ce moteur auparavant, je trouvais qu’il alourdissait trop le train avant et que son couple linéaire gommait les sensations par rapport au quatre cylindres turbo, mais dans cette voiture, je dois reconnaître qu’il est très bien adapté. Toujours disponible, adorant les hauts régimes, sa riche sonorité n’est pas intrusive, ce qui est bien important quand on joue les vedettes discrètes. Avec 250 cv à 6300 tr/min et 236 pi-lb à 2500 tr/min, il entraîne la TT avec vélocité et autorité. Il faut dire qu’Audi a su contenir la masse sous les 1500 kg, ce qui lui permet d’atteindre les 100 km/h en 6,1 secondes. La boîte de vitesse à 6 rapports courts est une merveille de précision et l’étagement est parfaitement adapté à ce moteur. On se surprend à jouer du levier simplement pour pratiquer le pointe-talon à l’amorce d’un simple dépassement, ou à la relance quand le trafic s’éclaircit. Pas de doute, ce tandem VR6 et boîte manuelle procure des sensations dignes d’une sportive de haut niveau. 

Sur le plan de la consommation d’essence, du super évidemment, cette TT avalait près de 11,0 litres par 100 km de route, alors que la conduite urbaine approchait les 17,5 litres. Encore une fois, les cotes de Transport Canada sont toujours aussi irréalistes, avec 8,1 et 12,6 L/100km, respectivement. Il faut dire que jouer les vedettes implique d’accélérer un peu plus fort que nécessaire, ne serait-ce que pour faire ouvrir les vannes de dérivation de l’échappement et ainsi produire une sonorité qui sied mieux à son statut de voiture sport… C’est la rançon de la gloire, en quelque sorte.

Si le tarif de la TT 2008 la rend élitiste, sachez que la précédente TT est avec nous depuis 2000 et que de nombreux exemplaires d’occasion sont disponibles sur www.AutoExpert.ca. Par exemple, on en retrouve à partir de 15 500 $ pour un coupé TT 2000, ou encore 23 000 $ pour un roadster de 2002. Alors, il ne sera pas nécessaire de passer par le Casino de Charlevoix pour vivre la vie des gens riches et célèbres et voir les têtes se retourner sur votre passage. Il faudra toutefois accepter quelques sacrifices, espace intérieur restreint, aspect pratique nul, coût des pièces et des assurances élevés, mais qui a dit que la vie de vedette n’avait que du bon ? Souriez, détendez-vous, laissez la ville derrière et dirigez-vous sur la route des vacances, et vous verrez que la TT saura faire pardonner ses petits défauts pratiques par une ballade dont vous vous souviendrez longtemps. À condition d’accepter de ne pas passer inaperçu. Mais cela, c’est précisément ce pour quoi vous aurez choisi une TT.

Vidéo Audi TT 3,2 2008

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