BMW 335d 2009

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Le design automobile est souvent composé d’audace et de nouveauté stylistiques, mais certains éléments sont toujours présents, souvent pour de plates raisons pratiques ou réglementaires. Par exemple, les phares et les feux, les rétroviseurs, ou même l’ouverture de la plaque d’immatriculation changent de forme, mais demeurent aux mêmes endroits et remplissent une fonction bien définie. Comme toutes les voitures actuelles sont encore mues par des moteurs thermiques, il faut aussi prévoir des ouvertures pour le refroidissement et le remplissage de carburant, et pour le système d’échappement.

Ce dernier est intéressant : au fil des ans, son importance stylistique varie de l’invisibilité parfaite à la préséance ostentatoire. Pensez aux immenses voitures des années 1920, les années folles, où les collecteurs d’échappement chromés sortaient de l’immense capot moteur, pour ensuite traverser l’aile et ressortir fièrement à l’arrière, souvent sous la forme élaborée d’une flûte de Pan, ou d’une batterie de tuyaux d’orgue. Par la suite, l’échappement disparaît au cours de la grande période noire de la grande crise et de la Deuxième Guerre mondiale, pour renaître avec les années 50, lors de la période faste du style américain. Les années 60 voient les sportives afficher fièrement leurs embouts stylisés, mais les années 1970 les font se cacher de nouveau, victimes de la crise du pétrole et du smog urbain. Ils sont maintenant de retour en force, comme aux plus beaux jours de l’essence pas chère, et de la puissance pour tous.

Tout ce qui précède s’applique parfaitement aux moteurs à essence dont les gaz d’échappement sont habituellement invisibles et inodores. Mais d’habitude, pour les motorisations diesel, on cachait les embouts d’échappement sous le tablier arrière de façon à ne pas montrer d’où venaient les effluves noirs et nauséabonds. Ça, c’était avant la venue du filtre à particules, du carburant sans souffre et des systèmes antipollution actuels. Et surtout, c’était avant, quand on vendait la motorisation diesel sur ses seules qualités de faible consommation. C’est pourquoi la face B de cette 335d est étonnante, car elle révèle deux frondeurs embouts chromés, bien visibles, identiques à ceux de la version 335i à moteur turbo à essence. BMW affirme ainsi haut et fort que le diesel vaut bien l’essence sur le plan des performances. Et ils ont bien raison.

Bien que n’étant disponible qu’en version à boîte automatique à six rapports, pour de bêtes raisons d’homologation j’imagine, cette 335d est furieusement rapide, au point où la version à essence (pourtant à 300 cv) semble se traîner en comparaison. J’exagère à peine. C’est que la combinaison d’un important couple à bas régime (425 pi-lb à seulement 1750 tr/min) et d’une boîte automatique prompte à rétrograder fait que les accélérations sont immédiates et instantanées. Je sortais pourtant d’une Dodge Challenger R/T à boîte manuelle, une voiture qui n’a pas la réputation de se traîner les pneus… Ce moteur à six cylindres en ligne de 3,0 litres est gavé séquentiellement par deux turbos à venturi variable, un primaire et un secondaire, ce qui le rend particulièrement bien « rempli » sur toute sa plage de puissance (265 cv). Par contre, sa sonorité est toujours aussi classique ; personne ne le confondra avec son petit cousin à essence, c’est certain. J’imagine que c’est volontaire — je ne crois pas BMW incapable de calmer son moteur – et que le but est d’affirmer que ce moteur est un véritable diesel, et un bon en plus. Mais j’aime bien.

Vous vous doutez aussi qu’avec tout ce couple, et toute cette pluie qui nous accable depuis trop longtemps, une voiture à propulsion comme cette 335d sera pour le moins délicate à conduire. C’est en effet le cas, mais seulement si vous avez débranché l’antipatinage et l’antidérapage volontairement. Dans l’usage courant, l’électronique surveille gentiment le moteur et régulant le couple à la moindre perte d’adhérence des roues motrices. La prudence exige de les laisser en fonction en tout temps. La 335d abat le 0-100 km/h en 6,3 secondes, alors que la 335i à essence et boîte automatique le fait en 5,9 secondes. Rapide, ce diesel, diablement rapide.

Sur le plan du châssis, BMW a là aussi privilégié l’approche sportive : roues de 17 po, direction plus rapide, gros freins. Ma voiture d’essai augmentait la sportivité d’un autre cran avec une monte pneumatique différenciée, des 225/40R18 à l’avant et des 255/35R18 à l’arrière. Ces pneus sont du type à roulage à plat, des Bridgestone RE050A, et leur faible hauteur de flanc n’est pas très utile pour la protection des jolies jantes en aluminium. J’en ai d’ailleurs esquinté une simplement en entrant dans l’allée de notre maison. Privilégiez la monte pneumatique de 17 po, mieux adaptée à nos routes. Mais ce faisant, vous devrez aussi faire une croix sur la suspension plus ferme et les excellents sièges sport, ainsi que le petit volant avec palettes de changement de vitesse.

La tenue de route de cette berline est bien en phase avec la réputation de la marque ; la voiture s’accroche en virage mais les longs débattements de la suspension permettent de maintenir un excellent niveau de confort. Il est clair que chaque élément de suspension a été choisi avec soin et que rien n’est là parce que c’est la solution la moins chère. À 49 700 $ pour la version de base de la 335d (ma voiture d’essai atteignait même les 62 000 $ avec les options), c’est normal. La 323i est offerte à partir de 35 000 $. Le freinage est mordant, peut-être un peu trop même, le dosage étant délicat en fin de ralentissement. La direction est faite du même bois : rapide et précise, elle ne pèche que par le fait qu’il faut éviter les manoeuvres brusques. C’est un instrument de précision, et il faut l’opérer du bout des doigts, les deux mains bien placées à 3 et 9 heures.

L’équipement optionnel de cette version était complet : éclairage dynamique en virage, assistance de stationnement, connectivité Bluetooth, volant chauffant, cuir Dakota de couleur caramel, navigation par GPS, et tutti quanti. La bonne nouvelle toutefois réside dans la nouvelle interface iDrive de deuxième génération, plus intuitive et plus rapide. L’équipement de base est pléthorique, comme toujours chez BMW.

Sur le plan de la consommation, le constructeur annonce des cotes de 9,0 l/100km en ville, et 5,4 sur la route. Ce sont des valeurs plus faibles de 25 % par rapport à la version 335i à boîte automatique. J’adore cette idée d’avoir 425 pi-lb sous le pied quand je roule peinard sur l’autoroute, en ne consommant que 5,4 l/100km. Les moteurs diesel modernes sont d’une redoutable efficacité, ça ne fait plus de doute. Si BMW continue sur cette voie, si les États-Uniens finissent par s’intéresser à ces moteurs, si le prix du carburant diesel demeure au même niveau que celui de l’essence, et si on assiste au retour des pompistes (le carburant sent vraiment mauvais), alors le diesel damera le pion à la motorisation hybride pour les voitures qui ne cherchent pas à obtenir l’économie maximale. J’en suis convaincu.

Vidéo BMW 335d 2009

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3 thoughts on “BMW 335d 2009

  • 10 juillet 2009 à 8 h 16 min
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    Une très belle auto, mais à 50 000 $ la version de base, c’est malheureusement réservé à une certaine élite…

  • 13 juillet 2009 à 19 h 56 min
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    Vous pouvez toujours faire comme bon nombre d’amateurs : attendre que la voiture se retrouve sur le marché de l’occasion. C’est ce que j’ai toujours fait jusqu’à maintenant. En plus, cela me permet de sortir mon coffre à outil pour bichonner ma nouvelle acquisition sans craindre que la garantie n’en souffre.

  • 14 juillet 2009 à 9 h 46 min
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    Les seuls outils que vous pourriez sortir de votre boîte ne serviraient que pour faire bien peu de choses sur votre auto malheureusement…

    Les autos actuelles n’offrent plus les mêmes « possibilités » qu’avant. Bricoler ou entretenir une auto contemporaine, c’est se confronter à des éléments qui ne sont plus boulonnés, mais sertis, des composants électroniques qui remplacent ceux mécaniques, des caches en plastique qui vous empêchent d’accéder à certaines choses, etc.

    Bref, le seul plaisir qui nous reste avec ces autos presque aseptisées et sans saveur, et celui de les laver le dimanche matin. Et encore, il arrivera bien un jour où les manufacturier vont développer des peintures auto-nettoyantes…

    Une bien triste époque je vous dis… (rires).

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