Bristol 410 1967-69

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La voiture de la photo-mystère de la dernière édition était une rareté britannique, une Bristol 410. Cette grande voiture de luxe à deux portières utilisait une mécanique bien connue chez nous, puisque le V8 de 318 po. cu. était fourni à Bristol par Chrysler Canada . C’est ce même moteur qui propulsait encore les Dodge Ram Van en 2003, alors qu’il avait commencé sa carrière en 1964. La Bristol 410 était donc une voiture de luxe européenne à moteur V8 américain, tout comme la Jensen Interceptor ou la Facel-Vega. Par rapport à celles-ci toutefois, la Bristol n’était vendue qu’en Angleterre, et par le biais d’une seule et unique concession située dans le chic quartier de Kensington, à Londres. Bristol est toujours en opération aujourd’hui, c’est du moins ce que dit son site internet, mais les affaires ne sont pas très florissantes. Toutefois, le modèle Blenheim qui est toujours offert, est une copie à peine retouchée de la voiture des années 60 : même allure générale avec le capot ultra long et la grande surface vitrée, même construction artisanale, et toujours un V8 Chrysler sous le capot.

Mais revenons à la 410 et à ses origines. À la fin de la deuxième guerre, Bristol qui fabriquait des avions bombardiers, s’est recyclé dans la production de voitures, un marché plus prometteur vu la fin des hostilités. Les premières Bristol n’étaient que des copies des BMW des années 30 fabriquées sous licence, mais comme le constructeur bavarois était déjà hautement avancé sur le plan technique, Bristol hérita ainsi d’une mécanique performante. De 1946 à 1961, toutes les Bristol (de la 400 à la 406) durent donc motorisées par des moteurs inspirés de ceux des BMW d’avant-guerre. Ces moteurs ont même été montés dans des AC, des Lotus et même des Cooper de course. Avec la présentation de la 407 de 1961, fortement modernisée, c’est le V8 Chrysler qui prend le relais puisque le six cylindres en ligne est en bout de développement et la masse qui augmente toujours demande désormais plus de couple.

Sur le plan fonctionnel, depuis la 404 de 1953, toutes les Bristol ont des compartiments spéciaux entre les roues avant et la portière, cachés derrière des panneaux à ouverture verticale : dans celui de gauche on peut avoir accès à la roue de secours et au cric, alors que celui de droite cache les maitres-cylindres de freinage, la batterie, la centrale de fusible et le moteur d’essuie-glace. Une curiosité inspirée de l’aviation, c’est certain, qui justifie les proportions assez particulières des Bristol : on dirait que la cabine est en retrait, comme si la voiture avait accéléré rapidement et que l’habitacle n’avait pas suivi. Cela garantit toutefois un volume habitable impressionnant, même à l’arrière, et la 410 peut donc accueillir quatre personnes de 6 pieds en tout confort.

Sur le plan mécanique, le V8 de 250 cv et 340 pi-lb de couple était accouplé à une boite automatique Chrysler à trois rapports. La suspension avant était à double leviers triangulés, et l’arrière faisait appel à un essieu rigide suspendu par des barres de torsion et des amortisseurs à réglage électrique. Oui, oui, en 1967, on pouvait déjà ajuster la fermeté des amortisseurs des Bristol. Le freinage était à quatre disques, actionnés par deux circuits indépendants possédant chacun leur propre maitre-cylindre et servo d’assistance, une conception inspirée de la course et qui permet de varier la répartition du freinage très facilement. Une autre particularité inspirée de l’aviation était le réservoir d’essence de grande capacité (82 litres) mais doté d’une réserve de 11 litres, accessible par un interrupteur au tableau de bord. Les roues Dunlop en acier recevaient des pneus Avon Turbospeed de 6,7 x 15 po dotés de chambre à air. 1967, c’était encore avant la généralisation des pneus qradiaux sans chambres, souvenez-vous.

Aujourd’hui, une Bristol Blenheim neuve (la descendante directe de la 410) se vend 150 000 livres, auxquelles il faut rajouter la TVA de 22 000 livres, pour un grand total de 260 000 dollars… C’est beaucoup pour une voiture dont la conception remonte aux années Trudeau, et qui est dépourvue des 30 dernières années d’innovation automobile. Mais comparée à une Morgan, une Bristol est une nouveauté…

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