Chevrolet Corvair 1965

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Dans la dernière édition, l’élégante berline qui faisait office de voiture mystère était la version redessinée pour 1965 de la célèbre Corvair, la compacte à moteur arrière de Chevrolet lancée en 1961 pour contrecarrer une certaine Coccinelle. Celle de la photo est un peu modernisée, avec ses grandes jantes Minilite, sa suspension abaissée et ses sièges modernes, mais la ligne est toujours aussi fine. En fait, certains chroniqueurs de l’époque affirmaient que cette voiture était la plus jolie chose à sortir de Détroit depuis les années 1940. Cette ligne, baptisée « bouteille de cola » à cause du resserrement central, était inspirée de celle de la Corvette et a servi de guide à toute une génération de voitures Chevrolet, allant de la Camaro à la Monza des années 1970.

Paradoxalement, cette deuxième génération de Corvair était fort compétente sur le plan de la tenue de route grâce à sa nouvelle suspension arrière tirée de la Corvette. Il faut se rappeler qu’un avocat avait lancé un bouquin qui fit grand bruit au sujet de la piètre tenue de route de la première génération, qui utilisait un essieu oscillant. Au moment du lancement du livre, en 1965, cette première génération était chose du passé mais le mal était fait et les ventes de la Corvair continuèrent de chuter. Certains historiens soutiennent que GM voulait arrêter la production de la Corvair en 1966, pour faire place à la Camaro 1967, mais que ce faisant, elle aurait l’air de se plier aux désirs de l’avocat qui demandait le retrait de cette voiture qu’il jugeait « dangereuse à n’importe quelle vitesse », le titre de son bouquin. Accusation non fondée, car une cour de justice innocentât pourtant GM quelques années plus tard. Elle aurait donc continué la production jusqu’en 1969, simplement pour une question d’image de marque. Une bonne chose, vu la ligne spectaculaire et la mécanique originale de cette voiture.

Cette mécanique faisait appel à un moteur à six cylindres à plat, refroidi à l’air et placé derrière l’essieu arrière, tout comme son inspiratrice allemande. La version de base affichait moins de 100 cv, mais une version turbocompressée atteignait 180 cv. Auparavant, la gamme Corvair offrait toutes sortes de carrosseries (berline, coupé, familiale, décapotable, camionnette à plateau et minifourgonnette) mais en 1965, seules les versions berline, coupé et décapotable avaient survécu. Aucune d’entre elles n’avait de pilier central de toit, le fameux pilier « B », ce qui affinait la ligne mais aussi apportait son lot de tracas en étanchéité après quelques années.

L’étanchéité de son système d’échappement était aussi déficiente et menait souvent à l’introduction de gaz de combustion dans l’habitacle par le biais du système de chauffage à air chaud. Aussi, des vapeurs d’huile ou d’essence pouvait aussi pénétrer l’habitacle par le même système, si la mécanique n’était pas maintenue en parfait état. Les pressions d’air dans les pneus devaient aussi être bien précises pour compenser les effets de son moteur arrière et garantir une tenue de route presque normale. C’est pourquoi sa remplaçante utilisera une mécanique traditionnelle, plus simple à conduire et à réparer. Malgré ses défauts, GM aura réussi à vendre près de 1,5 million de Corvair en 10 ans.

Le Blog Auto

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7 thoughts on “Chevrolet Corvair 1965

  • 17 août 2009 à 8 h 41 min
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    La photo mystère est vraiment un véhicule de série, ou bien une version modifiée en pick-up?

  • 17 août 2009 à 11 h 21 min
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    100% de série, bien entendu.

    Indice, regardez où est le volant…

    Louis-Alain

  • 17 août 2009 à 13 h 15 min
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    Conduite à droite… auto anglaise (?)… Hum, non, vraiment pas d’idée!
    Pourtant, la face avant m’est assez familière…

  • 17 août 2009 à 17 h 01 min
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    elle serait encore plus familière si vous la regardiez la tête en bas…

  • 18 août 2009 à 8 h 08 min
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    Exercice certainement amusant, mais mon âge ne me permet plus ce genre d’acrobatie…
    Je vais donc attendre patiemment la réponse dans la prochaine édition du magazine.

  • 26 août 2009 à 22 h 46 min
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    Je crois que « la tête en bas » est une expression pour « orienter » votre recherche…

  • 27 août 2009 à 10 h 00 min
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    J’avais compris la subtilité de M. Richard dans son commentaire.
    Mon point était que même l’hémisphère sud (allusion à la tête en bas) ne m’inspirait guère d’avantage en ce qui concerne la réponse à l’énigme.

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