Chrysler Turbine 1963

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La voiture mystère de la dernière édition était la Chrysler Turbine, une voiture expérimentale produite en très petite série, question de voir la faisabilité et la fiabilité d’une turbine à gaz en usage courant. Les turbines à gaz sont surtout utilisées dans les hélicoptères, bateaux rapides et centrales de production d’électricité. Moins efficaces que le moteur diesel et générant de grandes quantités de chaleur, ces turbines ont toutefois l’avantage de brûler n’importe quel carburant (essence, kérosène, fioul) et de pouvoir fonctionner quasi indéfiniment en mode stationnaire.  

Donc, dans les années 50 on croyait que la turbine remplacerait le moteur traditionnel. Après un test sur une Dodge Dart, Chrysler a fait construire 52 prototypes de cette voiture, la Turbine, et les confie en 1963 à des conducteurs normaux. On sélectionne 200 personnes parmi 10 000 volontaires qui couvriront pas moins de 3 millions de kilomètres quasiment sans pépin. La Turbine, très compacte, développe 130 ch et 425 pi-lb de couple à son régime de ralenti. Le défaut de ce moteur, c’est la consommation de carburant : 40 L/100km en cycle normal et 20 L/100km à vitesse stabilisée. Autre souci, la température des gaz d’échappement très élevée qui fait fondre le bitume et brûle les jambes des passants. L’intercooler ne sera inventé que plus tard. Chrysler bute aussi sur le coût d’industrialisation, les émissions d’oxyde d’azote et le bruit qu’émet cet aspirateur géant. Alors, en 1967, fin du programme ; la plupart des voitures furent détruites et une dizaine de survivantes furent données à des musées.

Avec ses phares en forme de turbine, cette fusée ne passe pas inaperçue, tout comme le sifflement qui s’échappe de l’arrière. Une brève rotation de la clé de contact et un bourdonnement sourd se fait entendre de l’arrière. Le compte-tours grimpe à 18 000 tr/min au ralenti et le thermomètre du flux gazeux à plus de 500 degrés Celsius. Comme le régime de rotation normal de la turbine se situait à plus de 45 000 tr/min, un réducteur l’abaissait à 4600 tours, un régime plus supportable pour une automobile et permettant l’utilisation d’une boîte automatique classique à peine modifiée. Plus de 15 ans de recherche et de développement ont été consacrés à l’aboutissement de cette fusée prête au décollage commercial, que les bédéphiles ont pu retrouver dans les aventures de Spirou sous les traits de la Turbotraction.

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