Comparatif – la Nissan Versa face à la Saturn Astra

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Le marché automobile canadien, et en particulier le marché québécois, a toujours été différent de celui de nos voisins du sud. Par exemple, les véhicules compacts, toutes catégories confondues, ont toujours eu beaucoup de succès ici, alors que ce sont les véhicules pleine grandeur qui ont la cote chez les États-Uniens. Les explications sont nombreuses, elles sont économiques, culturelles ou même sociales, mais il reste que pour connaître du succès chez nous, il faut proposer des véhicules compacts bien adaptés à notre marché. Pour y arriver, il faut un prix serré, une faible consommation d’essence et une fiabilité au-dessus de tout soupçon. Les exemples de cette voiture « idéale » abondent chez les gros joueurs, et voilà que deux petites nouvelles se sont ajoutées au lot : la Saturn Astra et la Nissan Versa. L’une est allemande, construite en Belgique et fait son apparition en Amérique du Nord en remplacement de la défunte Ion, alors qu’elle est en fait en fin de cycle de vie sur le vieux continent ou elle se nomme Opel. L’autre est japonaise, partage des éléments mécaniques avec une Française et est fabriquée au Mexique pour le marché américain. Elle a aussi subi un changement de prénom, puisqu’elle s’appelle Tiida ailleurs dans le monde. Les deux sont mues par un moteur à quatre cylindres à essence de 1,8 litre, et les deux carrosseries ont cinq portières. Voyons donc comment se comparent ces deux grandes voyageuses.

Budget 

Évidemment, pour une voiture compacte abordable, le prix d’achat est souvent le critère principal. La Saturn est offerte à partir de 18 000 $ (21 300 $ avec les options normales, boîte auto et climatisation) alors que la Versa est plus abordable avec un prix de base de 17 400 $ et un tarif de 19 800 $ à équipement presque égal. Pour justifier cette différence, la Astra propose les sièges chauffants, l’ordinateur de bord, Onstar et la surveillance de la pression des pneus alors que la Nissan Versa offre plutôt la téléphonie mains libres et la radio satellite. Autrement, les deux voitures sont équipées de façon comparable avec le régulateur de vitesse, les glaces électriques, les sièges réglables en hauteur et la banquette arrière rabattable en partie. Avantage Nissan donc.

Mécanique

Nos deux voitures font appel à des mécaniques très similaires, à une exception près : la boîte automatique de la Saturn Astra est une conventionnelle boîte à convertisseur de couple qui offre seulement quatre rapports alors que la Versa est disponible avec une boîte à variation continue (CVT), en plus d’une boîte auto traditionnelle. Les boîtes manuelles sont aussi différentes puisque celle de la Saturn offre 5 rapports alors que celle de Nissan en offre un de plus. Si les deux moteurs ont la même cylindrée, celui de la Astra offre 10 cv de plus (138 vs 128) et un couple similaire mais qui arrive plus tôt (3800 tr/min vs 4800 tr/min). Les deux voitures fonctionnent à l’essence ordinaire. Sur la route, c’est le tandem de la Versa qui est le plus agréable, principalement parce que la boîte de la Saturn n’offre que 4 rapports et que ses changements de vitesses sont brusques. Sur le plan des performances, les deux voitures sont équivalentes, mais la CVT permet un régime moteur plus faible à vitesse de croisière. Avantage Nissan, principalement pour ses boîtes de vitesses plus modernes.

Châssis 

Encore ici, les deux voitures offrent des suspensions similaires, jambes McPherson à l’avant et poutre déformante à l’arrière, alors que les directions à crémaillère sont assistées par des mécanismes électriques, bien que celui de la Saturn Astra soit du type électrohydraulique. La direction de la Saturn est beaucoup plus agréable que celle de la Nissan. En roulage, la Astra est plus vive et agréable à conduire et son comportement est presque sportif. Bien amortie, sa suspension offre beaucoup de contrôle et la caisse semble très rigide. De son côté, la Versa est toute en souplesse, à la limite de la mollesse même, et son comportement routier est très placide. La petite Saturn roule sur des jantes de 16 po (Good Year Eagle LS2 205/55R16) alors que la Versa est plutôt chaussée en 15 po (Continental ContiProContact 185/65R15). 

Sur le plan du freinage, la Saturn Astra prend l’avantage car elle offre quatre disques alors que la petite Nissan fait appel à de bons vieux tambours à l’arrière. Évidemment, avec un châssis bien amorti, une direction vive et un freinage mordant, la Astra l’emporte haut la main sur le plan dynamique. Avantage Saturn.

Habitabilité

Si la Saturn Astra est de conception conventionnelle, c'est-à-dire que sa position de conduite et ses dimensions extérieures sont celles d’une voiture normale, la Versa joue plutôt la carte de la verticalité avec une hauteur de caisse supérieure à la moyenne. En fait, les deux voitures sont identiques à l’exception de la hauteur (+12 cm) et la largeur (-6 cm). Le résultat est que la Versa offre un habitacle immense et un excellent accès à bord. La position de conduite est plus haute, la vision est souveraine et les portières s’ouvrent en grand. Les deux soutes à bagages sont bien régulières dans leur forme mais celle de la Versa offre plus de volume utile. Avantage Nissan.

Ergonomie et finition

Ici, si on oublie la tristesse de la sellerie grise de la Astra, il n’y a pas photo. La finition est d’un bien meilleur niveau, l’assemblage est soigné et la qualité des matériaux n’inspire aucun commentaire négatif. Mais pourquoi tout ce gris ? On dirait que l’intérieur de la Astra est toujours en noir et blanc, qu’il n’y a pas de couleur, pas de chaleur. Au-delà de ces considérations chromatiques, les autres bons points sont la qualité des commandes de climatisation et la présence d’un ordinateur de bord. Par contre, le régulateur de vitesse est mal situé (sur le bout des clignotants) et il n’y a pas de commandes audio au volant, qui lui est en banal plastique. La climatisation est puissante et silencieuse, tout le contraire de celle de la Versa. Les sièges sont confortables et offrent un bon maintien à défaut d’un coup d’œil agréable. Les deux glaces avant ont des dispositifs de descente et remontée automatique.

Dans la Versa, le choix de couleur est meilleur, la sellerie est noire et bleue, mais la qualité des matériaux est pauvre et les sièges sont trop arrondis dans le haut du dossier, ce qui les rend inconfortables. L’ergonomie est bonne, à la Japonaise, sauf pour la commande de réglage des rétroviseurs, cachée tout en bas à côté du levier d’ouverture du capot. Les commandes de la climatisation sont du type à câbles et font vraiment bas de gamme, et sa puissance est trop faible pour maintenir l’habitacle au frais. L’affichage de la radio est difficilement lisible en plein soleil et la moindre poussière est visible sur le plastique noir du centre du tableau de bord. Le volant est recouvert de cuir et propose des commandes pour l’audio, le régulateur et la téléphonie mains libres. Il n’y a qu’une commande automatique pour la descente de la glace du côté conducteur. Avantage Saturn, mais il est préférable de se munir de lunettes colorées.

Consommation

Selon les cotes de Transport Canada, la Versa possède un léger avantage en termes de consommation de carburant : 7,5 L/100 km en ville, et 6,0 sur route. La petite Saturn n’est toutefois pas loin avec 8,4 et 6,6 respectivement. Cette bonne performance de la Versa est à mettre au compte de la boîte CVT qui fait même mieux que la boîte manuelle, pourtant à 6 rapports. En plus, la Versa est plus légère de près de 80 kg malgré sa haute stature. En situation réelle, l’écart se maintient avec des consommations de 11,0 L/100km pour la Astra et 9,5 L/100km en conduite urbaine. Avantage Nissan.

Conclusion

Au final, au total des victoires de catégories, la Nissan Versa semble le meilleur choix. Plus logeable, moins chère et plus frugale en essence, en plus d’offrir une excellente boîte à variation, cette fausse petite voiture d’entrée de gamme offre beaucoup. Seuls sa finition légère et son faible niveau d’équipement trahissent son statut de voiture à vocation économique. 

De son côté, la Saturn Astra offre un comportement routier affirmé et une cabine richement finie, mais sa boîte de vitesses automatique est d’un autre âge. En fait, bien que la Astra soit une meilleure voiture que la Ion, elle ne se démarque pas beaucoup de ses rivales, les Mazda3 et VW Rabbit entre autres. Si GM avait eu l’audace d’importer une version à moteur diesel et boîte manuelle à 6 rapports, ce serait autre chose. On ne parlerait que d’elle, surtout ici où le diesel possède toujours un capital de sympathie important. Mais le Québec n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan sur le marché des voitures neuves en Amérique du Nord, alors il faut se contenter de cette version destinée à plaire aux États-Uniens sans faire de vague. Peut-être que la prochaine mouture, prévue dans deux ans, corrigera le tir.

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