Connaissez-vous les 24 heures de Lemons ?

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Ou comment courir contre 35 furieux pour 500$

Au début de la course, les voitures ont encore fière allure

La course automobile est un sport fascinant, mais c’est aussi le meilleur moyen pour dilapider une petite fortune en très peu de temps. C’est que, voyez-vous, tout s’additionne très vite : le coût de la voiture, les douzaines de pneus, la préparation, le transport sur les circuits, l’embauche de collaboratrices au merveilleux sourire pour la promotion, le logement pour toute l’équipe qui travaille si fort, etc.

Alors, si vous n’êtes pas l’héritier d’une très grosse fortune et que vous désirez quand même vous procurer quelques frissons en course, il existe une solution parfaite pour les petits budgets : The 24 hours of Lemons ! Similaire dans l’esprit aux véritables 24 Heures du Mans (24 Hours of Le Mans, en anglais, d’où le jeu de mots…), cette épreuve complètement déjantée permet à n’importe qui de courir pendant (presque) 24 heures sur un véritable circuit de course, pour un budget très, très modeste. C’est que même si l’épreuve se déroule sur 24 heures, de 16h00 le samedi à 16h00 le dimanche, comme la vraie, il y a une pause durant la nuit, principalement parce que les voitures n’ont pas de phares ! Alors prévoyez un réveille-matin, histoire de ne pas accumuler trop de retard lorsque la course reprendra le dimanche matin.

Après la course, cette BMW affiche les cicatrices d'un dur combat (Illustrée à gauche) - Avant la course, cette Néon semble avoir des chances à la victoire avec, sur papier, une bonne tenue de route et des performances interessantes. Malheureusement, une rencontre avec un obstacle a nuit considérablement à ses ambitions (Illustrée au centre et à droite).

Le vainqueur de l’épreuve sera celui qui complétera le plus grand nombre de tours, et dont la voiture sera toujours roulante à la fin de la 24e heure, comme aux vraies 24 heures. Cet aspect est important, puisque cette épreuve comporte son lot d’accidents, d’accrochages, de pannes mécaniques et d’erreurs de conduite, même si ce n’est pas une course de démolition. Après tout, ce sont des pilotes amateurs dans de vieilles bagnoles extirpées de justesse des mâchoires du broyeur de métal.

Le premier prix, en plus de l’immense fierté d’avoir complété l’épreuve, est de 1500 $. Ce prix sera versé en pièces de 5¢… Oui, oui, en petite monnaie. Une pléiade d’autre prix seront aussi attribués, tous plus loufoques les uns que les autres.

Le règlement technique est très simple : n’importe quelle voiture produite par un fabriquant reconnu peut participer. Il faut que sa masse soit de moins de 1900 kg, donc pas de camions, s’il vous plait. Pas de limite de cylindrée, de puissance et aucune limitation sur l’équipement de performance. Par contre, la voiture ne peut valoir plus de 500$. Point. Pour être certains que personne ne trichera sur cet aspect, les organisateurs se réservent le droit de racheter les voitures pour ce montant, à la fin de la course, dans le but d’éviter que quiconque ne soit tenté d’y installer des pièces invisibles de grande valeur et de les récupérer après la course. Aussi, même si des composants ou des travaux n’ont rien coûté, parce qu’ils étaient commandités par un généreux et mystérieux mécène par exemple, ils sont aussi inclus dans les 500 $. Toutefois, l’équipement de sécurité – extincteur, arceau-cage, ceintures, réservoir étanche, etc. – est exclu du 500$, de même que les roues, les pneus et les freins.

Certains on eu droit aux roulettes d'entraînement, vu un style de conduite qu'on peut qualifier d'amateur - Cette vieille Benz a remporté le prix des organisateurs pour la voiture qui représente le mieux l'esprit des 24 Hours of Lemons (Illustrée à droite).

Pour les magouilleurs, car il y en aura toujours, les organisateurs peuvent aussi attribuer des pénalités aux voitures qui, selon eux, dépassent la limite des 500 $. Ces pénalités soustraient un tour de piste du total par tranche de 10 $ au-dessus de la limite. C’est aussi une autre façon d’équilibrer les forces en présence, même si cette règle est tout à fait arbitraire. Mais, vous l’aviez compris, l’arbitraire fait partie de cette épreuve, tout comme le sens de l’humour et l’absence de crainte du ridicule. Ça nous change de l’univers hyper propre et corporatif de la course automobile en général.

En 2007, il y aura 3 courses : 7-8 juillet et 20-21 octobre en Californie, et 29-30 septembre au Michigan.

Pour plus d’informations, visitez le site web officiel, www.24hoursoflemons.com, malheureusement en anglais seulement.

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