Des gadgets qui me rendent nostalgique

Chevrolet Vega Familiale 1973

Je conduis cette semaine une voiture bourrée de gadgets. C’est une marque que j’apprécie beaucoup et depuis longtemps. Je tais volontairement son nom, car ce texte pourrait s’appliquer à n’importe quelle voiture très bien équipée.

Outre les sièges chauffants qui sont de plus en plus courants, cette voiture me permet de choisir la couleur des cadrans: gris classique, vert écolo ou rouge sport. L’ordinateur de bord calcule ma consommation d’essence instantanée et moyenne, ma vitesse moyenne et m’indique même combien de degrés il fait à l’extérieur. Je peux écouter la musique de ma station FM préférée, un disque compact, la radio satellite, mon iPod et la musique de mon cellulaire. L’ajustement des sièges se fait électriquement, les essuie-glaces détectent la pluie et les feux de route diminuent d’intensité d’eux-mêmes lorsque je rencontre une voiture.

La voiture détecte les panneaux de signalisation qui indiquent la vitesse permise et l’affiche dans l’indicateur de vitesse. Le régulateur de vitesse ralentit la voiture lorsqu’il détecte une voiture plus lente devant moi. La voiture émet des sons lorsque je franchis une ligne sur la chaussée sans clignoter. Elle m’indique les voitures qui sont dans mon angle mort et elle peut s’arrêter toute seule si je semble être sur le point de percuter une autre voiture par l’arrière.

En fait, la voiture tente par tous les moyens de me faciliter la vie, de me divertir et de me garder en vie. Mais est-on plus heureux? Est-ce que mes enfants, lorsqu’ils auront 45 ans, auront des souvenirs de leurs ballades en auto? Probablement pas, car on ne se balade plus en auto, on se rend quelque part.

Lorsque j’étais jeune, le dimanche, mes parents faisaient une balade en auto avec nous, leurs enfants. On partait de Berthierville et on allait jusqu’à Trois-Rivières, au fameux carrefour giratoire où il y a la grosse couronne. Quelquefois, on mangeait une crème glacée au Dairy Queen juste à côté. Quelquefois, on se rendait au Cap-de-la-Madeleine et on mangeait du Kentucky, dans l’auto. Puis, on revenait à la maison. Ça durait un après-midi, tout au plus. Pas de magasinage, les magasins étaient fermés le dimanche. L’essence coûtait moins d’un dollar le gallon. C’était donc un loisir que beaucoup de familles pouvaient se permettre. Tout simplement se promener en voiture.

Je ne me souviens même pas s’il y avait des ceintures à l’arrière, mais, ce que je sais, c’est qu’on n’était pas attachés. La radio, AM seulement, jouait les vieux succès des années 60. C’était «Les week-ends rock’n roll» avec Gaétan Bacon à CJTR. Je n’aimais pas vraiment cette musique, même si plusieurs de ces succès sont maintenant dans mon iPod!

Aujourd’hui, l’essence se vend 1,35$ le litre et on ne se promène plus en auto. Elle est devenue une nécessité. En plus, l’industrie nous coupe des sensations de conduite. Même que, d’ici vingt ans, plusieurs modèles se conduiront seuls.

Peut-être que j’étais inconscient, mais j’aimais ne pas être attaché à l’arrière et regarder le paysage. En tout cas, je sais où est Trois-Rivières, car j’y suis allé très souvent!

Par Christian GagnonLeBlogAuto.ca

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