Dodge RAM 2009

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Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai horreur de déranger les gens inutilement. Au restaurant, j’essaie de ne pas parler trop fort ; dans une file d’attente, je prends mon mal en patience ; sur les trottoirs encombrés, j’évite de plaquer les gens que je rencontre. Alors, vous imaginez mon embarras sur la route lorsque je suis au volant d’une camionnette de grande taille comme ce Dodge RAM à cabine à quatre portières. C’est que ses phares sont à la même hauteur que les rétroviseurs centraux des berlines, son capot est plus haut que le toit d’un break de bonne taille et que sa largeur occupe toute la route. Au volant d’un de tel costaud, je me sens comme un joueur de hockey sur patins avec tout son attirail dur le dos : gigantesque.

Ce n’est pas exclusif au RAM, c’est le lot de toutes les camionnettes du genre. Ça c’est le premier inconvénient. Le deuxième, vous vous en doutez, c’est la consommation de carburant et les émissions polluantes. Transport Canada affirme que le RAM peut atteindre 18 L/100 km en ville, et 13 L/100km sur la route, en très légère baisse par rapport à 2008. Durant mon essai hivernal en ville et sous la neige, j’ai vu plutôt les 25 L/100km. Bon, maintenant que j’ai abordé les deux évidences qui fâchent (taille et consommation), je peux vous faire part de tout le bien que je pense de ce camion, redessiné pour 2009. Allons-y.

Mon véhicule d’essai était un RAM 1500 Laramie 4x4 à cabine à quatre portières et boîte courte, d’une valeur de 48 915 $ tel qu’équipé. Et de l’équipement, il y en avait : climatisation régulée à deux zones, système de navigation avec trafic en temps réel, volant chauffant, sièges chauffants et ventilés, sellerie en cuir, toit vitré et lunette arrière à ouverture assistée, connectivité mains libres par commande vocale, démarrage à distance, radar de recul, prise 115 volts, etc. Sur le plan pratique, le RAM 2009 offre maintenant plus de 38 espaces de rangement (il y en a désormais vraiment partout, dans le plancher de la cabine comme sur le dessus des ailes arrière), le hayon muni d’une serrure offre une ouverture et une fermeture amorties, la capacité de charge atteint les 630 kg et mon camion d’essai avait une capacité de traction de 3400 kg.

Tel que configuré, mon camion n’a pratiquement rien à envier aux berlines modernes ni aux VUS multisegments, tout en étant beaucoup plus costaud. Ce genre de camion est le véhicule de rêve des familles de citadins possesseurs de chalet qui doivent tracter  leurs joujoux au printemps et à l’automne. Avec sa superbe finition intérieure (le RAM inaugure une nouvelle ère chez Chrysler en ce qui concerne les matériaux et les teintes de l’habitacle), son grand niveau de confort et sa conduite silencieuse, on est bien loin des précédentes versions dont les plastiques durs et gris trahissaient une vocation utilitaire. La finition du tableau de bord est flatteuse, les plastiques ne sont pas tous moussés mais leur fini est suffisamment mat pour ne pas déplaire et les commandes semblent solides et de bonne qualité. La bonne ergonomie, l’excellente visibilité et les immenses rétroviseurs rendent la conduite sur route relativement facile, malgré la taille importante. Par contre, l’empattement long rend les manoeuvres serrées fort difficiles même si le radar de recul permet d’éviter de planter l’attelage de remorque dans la calandre de la pauvre berline derrière. Le stationnement en file demande donc deux places consécutives, une denrée rare sur l’île.

Le volume de l’habitacle est intéressant : la garde au toit est digne de de Gaule avec son képi, la largeur des sièges permet d’asseoir  confortablement un bébé hippopotame et la console centrale peut très bien servir de table à pique-nique pour quatre personnes. Toutefois, grimper à bord demande des efforts, surtout pour installer les jeunes enfants dans leurs sièges : il m’aurait fallu un petit escabeau, pour bien faire. À l’avant, bien qu’il y ait une immense poignée sur le pilier de pare-brise, je dois m’y prendre en deux étapes tellement la marche est haute. Dans l’autre sens, la longueur, alors là c’est autre chose. Le RAM 2009 offre deux longueurs de cabine, et mon camion d’essai proposait la plus courte ; l’espace pour les jambes à l’arrière est donc modeste, et la banquette relativement droite. La version longue sera mieux à ce chapitre, sans pénalité au chapitre du rayon de braquage, puisque l’empattement demeure le même. Ce sera le plateau qui sera encore plus court, de 25 cm, en compensation.

Sur la route, mon RAM se déplaçait avec autorité (malgré ses 2350 kg) grâce à son puissant V8 de 5,7 litres et 390 cv, bien secondé par une boîte de vitesse automatique à cinq rapports. Le 0-100 km/h est abattu en moins de 7 secondes, avec une sonorité franchement sportive. Passé ce cap, le RAM est beaucoup moins vif car son aérodynamique (0,42) et sa large surface frontale le pénalisent. Le boîtier de transfert propose un mode 4x4 AUTO, mais ce n’est pas un rouage intégral à proprement parler parce dépourvu de différentiel central. La fonction AUTO enclenche automatiquement l’essieu avant lorsqu’elle détecte du patinage à l’essieu arrière, mais il se désaccouple aussitôt que les deux tournent à la même vitesse. Dans nos conditions hivernales difficiles, c’est bienvenu, mais ce camion sera toujours un peu vif du train arrière, le temps que le système réagisse.

En roulage, la stabilité directionnelle est bonne et le confort aussi : il faut dire que le RAM inaugure une suspension arrière à ressorts hélicoïdaux en remplacement des lames traditionnelles, maintenant réservées aux versions plus costaudes. Ce n’est pas vraiment une première puisque les camionnettes GM des années 1960 proposaient déjà cette configuration. Le confort s’en trouve rehaussé principalement parce que l’essieu est mieux guidé et que la progressivité des ressorts est beaucoup plus constante. La direction est relativement précise et son assistance n’est pas excessive, alors que le système de freinage est franchement costaud : des disques ventilés de 336 x 28 mm à l’avant, et de 352 x 22 mm à l’arrière.

Sur le plan des aides à la conduite, le RAM offre les capteurs de la pression des pneus, l’antidérapage, l’antipatinage, l’antiblocage ainsi que des fonctions de mitigation du louvoiement avec une remorque. La sécurité passive n’est pas en reste non plus : six coussins et rideaux gonflables, des prétensionneurs de ceinture à l’avant, un système d’avertissement des secours en cas d’accident, etc.

En conclusion, cette évolution majeure de la grande camionnette Dodge est un pas dans la bonne direction : meilleure finition, plus de confort, consommation en légère baisse, prix réajustés. Si elle n’a pas pris de taille, c’est que la version précédente offrait déjà des capacités impressionnantes et que ses dimensions ne pouvaient logiquement être augmentées encore plus. Il faut dire que son encombrement est important, tout comme sa consommation, mais ce sont bien là les deux principaux inconvénients de l’utilisation d’un tel camion. Parce que pour le reste, le RAM sait se comporter correctement ; il affiche de bonnes manières, ne demande pas de gros sacrifices en usage courant et son allure costaude semble plaire aux hommes rencontrés au cours de l’essai. C’est seulement qu’on dirait qu’il a oublié de retirer son équipement de hockey après le match.

Vidéo Dodge Ram 2009

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