Dodge Sprinter 2500 2007

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Quelquefois, les véhicules les plus spectaculaires ne sont pas ceux auxquels on pense. Après un automne rempli de petites sportives, de décapotables et de VUS, j’ai senti le besoin de sortir des sentiers battus en demandant à Chrysler la permission de conduire la version civile de leur grande fourgonnette, le Dodge Sprinter 2500. Mon but initial était de comparer la mécanique diesel du Sprinter  avec celle du Jeep Grand Cherokee,  puisque ces deux véhicules utilitaires partagent un même moteur sous deux différentes formes. Quelle ne fut pas ma surprise quand je suis allé chercher le Dodge Sprinter, j’ai alors constaté réellement dans quoi je m’embarquais, littéralement et physiquement. Le camion que Chrysler m’a attribué est la version à 10 places, avec toit surélevé et empattement allongé. Quel mastodonte ! Bilan d’une semaine atypique dans un véhicule qui attire plus les regards et suscite plus de questions des  passants que la plus pointue des sportives.

Présentation

Mon véhicule d’essai est donc la plus imposante version du Dodge Sprinter 2500, celle qui mesure la bagatelle de 6,9 mètres de long et 2,7 mètres de haut. Pour mieux illustrer ses mensurations, vous stationnez deux MINI Cooper bout à bout, et vous en placez deux autres au-dessus, et vous avez la taille du Dodge Sprinter ! Ce camion est tellement haut, qu’il est possible de regarder un conducteur de Suburban d’en haut, comme ceux-ci le font si bien avec les conducteurs de berlines normales.

La version essayée était équipée de pratiquement toutes les options de la longue liste, allant du chauffage autonome auxiliaire aux phares à décharge, en passant par les sièges avant à suspension. En fait, la seule option absente était le toit vitré, puisque le ventilateur auxiliaire occupe déjà l’emplacement sur le toit. Donc, au prix de base de 52 000$, il faut ajouter près de 15 000$ d’équipements optionnels, pour un total de près de 67 000$.

Si la taille est exceptionnelle, la masse à vide est très raisonnable, avec seulement 2700 kg. C’est à peine 400 kg de plus que le Touareg V6 essayé récemment, un autre véhicule utilitaire de 67 000$ qui ne transportera toutefois que la moitié des passagers du Dodge Sprinter. Il faut dire que le Dodge Sprinter est une grande boite vide au-dessous de laquelle est installé un rouage moteur à propulsion arrière. Le Dodge Sprinter est fabriqué en Allemagne.

Intérieur

Une fois grimpé à bord, car il faut utiliser impérativement la marche au bas de la portière, la première chose qui surprend est le siège à suspension, du même genre que ceux qu’on retrouve dans les équipements de chantiers et les camions lourds. Il faut prendre le temps de l’ajuster au poids du conducteur avec la grosse mollette située à l’avant du siège. Dans mon cas, je l’ai tourné jusqu’au nombre « 110 », valeur dont je ne suis pas fier (c’est en kilos…). Une fois l’opération complétée, on est assis sur un coussin d’air, un vrai. Les sièges avant sont dotés d’une multitude d’ajustements en plus d’être chauffants ; c’est très confortable et la position de conduite est agréable. Le volant multifonction permet de paramétrer les différentes options de l’afficheur de bord, de la radio et de l’éclairage de proximité. À ce sujet, l’électronique est très bien intégrée et n’a rien à envier à ce que l’on retrouve dans les berlines de luxe.

Le tableau de bord est immense, évidemment, et propose de nombreux vide-poches et bouches d’aération. La qualité des matériaux est toutefois quelconque, avec des surfaces dures, mais le coup d’oeil est agréable et les accostages sont de bonne qualité. Les nombreux interrupteurs sont rébarbatifs au premier coup d’oeil, et il faut l’aide du guide du conducteur pour comprendre leur fonction. Le système de climatisation à lui seul demande plusieurs minutes de lecture puisqu’il est doté de deux zones, avant et arrière, en plus d’offrir le chauffage résiduel avec le moteur à l’arrêt.

Mais le meilleur reste à venir : mon Dodge Sprinter était équipé d’un chauffage auxiliaire autonome qui permettait de chauffer l’immense habitacle alors que la chaleur dégagée par le moteur diesel serait insuffisante. Mieux, celui-ci vient avec une télécommande d’une portée de 600 mètres qui permet de le mettre en marche jusqu’à une heure avant de démarrer le moteur ! C’est que le Dodge Sprinter est doté d’une petite fournaise située sous le plancher et celle-ci fonctionne au diesel, tout comme celle de votre maison. En plus, la chaleur dégagée par la fournaise réchauffe le moteur en vue des démarrages hivernaux. Seul bémol, une fois en marche, le Dodge Sprinter est entouré d’une odeur de fioul pas très agréable.

À l’arrière, les 8 passagers profitent tous de sièges galbés dotés d’appuie-tête ajustables et d’une ceinture baudrier à trois points. Là aussi, c’est confortable bien qu’il n’y ait aucun ajustement possible. Il y a aussi quatre emplacements LATCH pour les sièges d’enfants. Les trois banquettes (3+2+3) sont amovibles, mais pour ce faire, demandez de l’aide d’un costaud car leur masse est importante avec toute la quincaillerie qui y est greffée.

Si on retire la dernière banquette, il reste tout de même sept places, la soute à bagages est suffisamment vaste pour stationner une smart fortwo, vous voyez un peu la caverne... Avec toutes les banquettes en place, il reste quand même 1m80 par 1m80 d’espace de chargement. Oh, en passant, le plafond est à 1m94, assez pour que j’y circule debout. Ce camion est immense, rien de moins.

D’ailleurs, durant la fin de semaine,  j’en ai profité pour promener une bande de fêtards qui ne devaient absolument pas conduire, puisque c’était l’enterrement de vie de garçon d’un copain. Tous ont été impressionnés par le Sprinter, tellement qu’au point de ralliement nous avons passé près d’une heure à détailler le camion sous toutes ses coutures. Si j’avais eu des contrats de vente en
poche, j’en aurais vendu 2 ou 3 sur le champ. Durant le trajet, je me sentais comme un GO dans un club de vacances, faut dire que l’ambiance était là, il ne manquait que les chapeaux de paille… Par contre, pour le garer dans les environs de la rue Crescent, c’est une autre histoire : après trois refus de la part de préposés au stationnement, il a fallu que je le place moi-même dans le quatrième et que je défraie le coût de deux places. Immense, je vous disais.

Mécanique

Bon, maintenant, les choses sérieuses. Le Dodge Sprinter 2500 2007 n’est disponible que dans une seule configuration, moteur V6 turbodiesel de 3,0 litres et boite automatique à 5 rapports. Ce moteur est le même que celui du Jeep Grand Cherokee, mais en version moins puissante ; 154 cv à 3500 tr/min pour le Dodge Sprinter contre 215 cv pour le Jeep. Ce bloc en aluminium est doté de toutes les dernières évolutions, deux arbres à cames en têtes, 4 soupapes par cylindres, injection à rampe commune, turbocompresseur à refroidisseur  intermédiaire, filtre à particules, la totale quoi. Si la puissance semble un peu juste pour un tel géant, le couple maximal de 280 pi-lb est lui disponible de 1200 à 2400 tr/min ; la conduite du Dodge Sprinter s’en trouve facilitée, et jamais il ne semble avoir besoin de plus de chevaux, même avec ma bande de pochards à bord.

La boite de vitesse automatique le seconde très bien avec ses rapports courts et sa gestion bien programmée qui favorise la multiplication du couple. En ce qui concerne la solidité du moteur, sachez qu’il demande pas moins de 12,5 litres d’huile à moteur pour sa lubrification ; c’est plus que le volume de son liquide de refroidissement (10 litres).) C’est plutôt bon signe, bien que les changements d’huile seront certainement coûteux.

Et le plus beau dans tout cela, c’est que l’afficheur de bord donne des consommations qui varient entre 14 et 17 litres/100km en ville. Il faut dire que le Dodge n’incite pas à la conduite sportive, et que pour éviter de trop secouer les passagers, une conduite souple est de mise. Sur la route, je n’ai pas de valeurs à offrir, sinon qu’un de mes fêtards, gestionnaire de flotte en Ontario, m’a révélé que ses Sprinters à empattement court atteignent régulièrement les 1000 km entre les pleins, avec un réservoir de 95 litres. Si mes calculs sont bons, cela donne moins de 10 litres/100km sur la route.

Le reste de la fiche technique est  aussi intéressant ; la suspension avant fait appel à des jambes de force ainsi qu’à un ressort à lame transversal en matériau composite, alors que l’arrière est un traditionnel essieu rigide combiné à des ressorts à lames longitudinaux. Deux barres antiroulis complètent les trains roulants. Ces suspensions offrent un bon débattement sans toutefois être trop sèches, mais la prise de roulis est importante vu la hauteur du centre de gravité. Le confort est donc d’un bon niveau, pour un camion évidemment.

La direction est à crémaillère à assistance hydraulique et le freinage est assuré par quatre gros disques ventilés surveillés par un système antiblocage. L’antipatinage est aussi de série. Finalement, les roues en aluminium sont chaussées de pneus Continental Vanco Four Seasons LT245/75R16 pressurisés à plus de 4 bars (60psi). Tout comme le moteur, ces pneus semblent un peu justes pour un tel véhicule mais vraisemblablement, ils participent à la faible consommation du Dodge Sprinter en offrant peu de résistance au roulement.

Sur la route

Le Dodge Sprinter, malgré sa corpulence, est d’une étonnante facilité de conduite, si l’on tient bien compte de son empattement démesuré lors des virages serrés. Le moteur est volontaire, la direction est précise et le freinage est puissant. Grâce à la bonne visibilité vers l’avant et sur les côtés, en plus de la position de conduite surélevée, on dirait que le Sprinter est moins intimidant que la sportive que j’avais la semaine dernière. Il faut dire que l’éclairage est un des meilleurs que j’ai essayé ; avec ses puissants phares à décharge et ses phares de virage,  c’est comme si le Dodge Sprinter était équipé d’une rampe de phares de voiture de rallye.

Je me suis donc promené partout avec lui, autant au centre-ville que dans les petites rues de mon quartier. Dans la conduite quotidienne, il est d’une docilité exemplaire. C’est seulement au moment de le stationner dans l’entrée de la maison que j’ai vraiment mesuré son encombrement. Les énormes rétroviseurs à double glaces étaient d’une aide précieuse pour cette manoeuvre serrée, bien secondés par les radars de stationnement avant et arrière. Et pour impressionner la galerie encore plus, il y avait même un avertisseur de recul (le fameux bip-bip), comme les vrais camions.

Il est bien un détail qui m’a agacé ; le pare-brise est équipé d’un très fin réseau de fils métalliques qui servent au désembuage par temps froid ou humide. Et bien, cette grille quasi invisible est très agaçante en conduite de nuit puisqu’elle produit des halos autour des phares des voitures qu’on croise. Si c’était mon camion, je m’en passerais, mais alors il faudra dire adieu aux sièges chauffants aussi. Mais avec le chauffage autonome auxiliaire, c’est un moindre mal…

Conclusion

Je vous disais au début que les vedettes du monde automobile ne sont souvent pas celles qu’on pense. Le Dodge Sprinter de cet essai en est une, bien que ce soit un gros camion destiné à l’usage des services de navette des grands hôtels plutôt qu’à un usage familial. Pourtant, avec sa consommation raisonnable, sa facilité de conduite, son énorme capacité de chargement et sa très grande modularité, le Sprinter pourrait très bien remplacer un VUS de luxe en offrant un côté pratique unique. Le Sprinter de Dodge existe aussi en version plus courte et moins haute, avec la même mécanique et toujours 10 places, à partir de 47 000$. Qui sait, peut-être que ce camion relancera la mode des fameuses « custom vans » des années 1970 ?

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