Édito – VOL.13 ÉD.17 – SEPTEMBRE 2009

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Le mot de la Rédaction :

Cela fait un petit bout de temps que je ne vous ai pas parlé de ma flottille de beautés d’une autre époque. Sophie, ma voiture du lundi, est ressuscitée ; une canalisation de 1 mètre en acier (5 $), une pince spéciale pour la couder (10 $), et 20 minutes de travail ont suffi à réparer le système de freinage qui avait eu la mauvaise idée de développer une fuite. Même la vis de purge, cette petite valve située sur le dessus des étriers qui sert à faire sortir l’air des tubulures, a été d’une aide précieuse en se dévissant du premier coup de clef de 8 mm. Pourtant, ces vis ont l’habitude d’être soudées à l’étrier par la corrosion, parce que leur usage est espacé de plusieurs années. Donc, en une petite heure, la Mazda 1992 était capable de rouler normalement. Son alternateur que je croyais mort s’est révélé être simplement victime d’une batterie déchargée. Un coup de pouce de la part de mon nouveau chargeur de batterie Motomaster (80 $)– chaque panne est pour moi une occasion hautement attendue de me procurer de nouveaux outils – et voilà Sophie prête à retourner au boulot. Enfin, c’est ce que je croyais. Elle a depuis développé d’autres bobos : un pneu qui se dégonfle en quelques jours (fuite sur le talon) et une mare d’eau sous les pieds du passager avant. Je l’ai aussi oubliée garée dans la rue alors que c’était interdit, 42 $ d’amende tout à fait inutile.

Je l’ai donc inscrite à Adieu Bazou, en pensant la recycler correctement et obtenir les 300 $ promis, et j’ai attendu, attendu, attendu… Pas de nouvelles des fédéraux, ni de personne d’ailleurs. J’ai appelé pour avoir des nouvelles du fossoyeur, ou du moins du remorqueur, mais on m’a dit gentiment « que le programme connaissait un succès inattendu et que les délais étaient assez longs ». J’attends encore.

Entre-temps, une cousine m’a offert sa Toyota Corolla 1983, magnifique survivante d’une époque où les voitures japonaises avaient la mauvaise habitude de se dissoudre dans le sel et l’hiver canadien. Je l’ai baptisée Albertine, parce qu’achetée en Alberta, et aussi en clin d’oeil à l’oeuvre de Michel Tremblay. Elle n’est plus de la dernière jeunesse c’est évident, mais j’aime bien. Si elle a fait le voyage Montréal-Cap-aux-Meules-Montréal cet été, 2700 km en tout, son état mécanique demandera des soins importants à brève échéance : un radiateur, un embrayage, une peinture, des freins et un carburateur. Pourtant, tout fonctionne, sauf la radio.

Un copain m’a donc proposé de la prendre en résidence chez lui, et de lui donner une deuxième jeunesse. Comme c’est une propulsion arrière, il sera facile d’actualiser la mécanique avec des organes plus modernes : moteur à quatre cylindres de camionnette Toyota récente ou moteur rotatif de Mazda RX-7, boîte de vitesse à cinq rapports de Datsun Z ou de Dodge D50, différentiel arrière autobloquant de Subaru, freins à disques aux quatre roues, amortisseurs et ressorts plus fermes, arceau intérieur (plus pour la rigidité de la coque que pour la sécurité), sièges de Nissan Pulsar, etc. C’est que les constructeurs japonais ont eux aussi depuis longtemps adopté la fabrication par organe standard : on fait appel à un équipementier spécialisé pour les principales composantes, même si cet organe est le même que celui d’un concurrent. Pour nous amateurs de voitures anciennes, c’est un pactole qui permet de se construire une voiture à son goût, littéralement. Le magazine « Japanese Nostalgic Car », et son forum sur le web, est le lieu de rencontre de ces amateurs qui restaurent et modifient des voitures japonaises des années 60 et 70. C’est aussi un vivier intéressant pour la rubrique photo-mystère de ce magazine…

C’est donc dire que c’est Helga, ma Quattro, qui deviendra la voiture du lundi pour la prochaine année, une fois que Sophie aura passé l’arme à gauche et qu’Albertine partira en thalassothérapie automobile. Même si ce n’est pas un rôle pour une telle voiture, c’est certainement mieux de la faire rouler un peu chaque lundi que de la laisser inerte pendant de longues semaines. Cette inertie m’a déjà coûté une batterie, des disques et des câbles de freins, en plus du coût de l’immatriculation et de l’assurance. Comme je dois aussi lui offrir une nouvelle robe, la dernière datant de 1997, cela fait beaucoup de dépenses pour une automobile qui ne sort qu’à l’occasion. Aussi, j’ai en stock pour elle huit nouvelles roues (jantes et pneus) que je n’ai même pas encore essayées, deux jeux de Michelin Pilot d’été et d’hiver. Ce serait vraiment dommage que ces gommes vieillissent dans mon sous-sol plutôt que sur la voiture… Et elle est drôlement plus intéressante à conduire que les deux autres. Et ça libérera une place de choix dans notre entrée. Et il y a plein de raisons toutes plus rationnelles les unes que les autres, mais il faudra que je me fasse à l’idée qu’elle sera désormais seule au milieu d’une foule anonyme, vivant sa vie d’adolescente, discutant et rigolant avec de séduisants coupés, ou de costauds camions...

Est-ce cela, la fameuse coupure parent-enfant ? Au moins, je la verrai une fois par semaine, moi, ce que tout parent ne peut pas dire. Et je promets de l’emmener patiner à la première occasion l’hiver prochain ! Allez, courage, c’est pour son bien.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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