Édito – VOL.13 ÉD.19 – SEPTEMBRE 2009

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Le mot de la Rédaction :

Cette année, sur toute la planète automobile, il y a près de 3000 modèles de voitures et camionnettes proposées par une soixantaine de constructeurs officiels. On peut aussi rajouter à cela une centaine d’artisans plus ou moins obscurs, la plupart ne produisant que quelques exemplaires par année. Mais malgré cette pléthore de modèles, les véritables voitures de luxe se comptent à peine par dizaine, et elles sont toutes d’origine européenne. En effet, les constructeurs allemands Mercedes-Benz, BMW, et dans une certaine mesure Audi, sont généralement vus comme des pourvoyeurs de véhicules de luxe avant tout même si leur gamme couvre maintenant l’ensemble du spectre automobile. Bentley, Rolls-Royce, Aston-Martin, Land Rover et Jaguar sont tous des sujets britanniques, leurs modèles sont fabriqués dans la perfide Albion même si leur propriétaire réel n’y est pas établi physiquement. Il y a aussi quelques autres constructeurs dont les productions sont plus faibles, le français Bugatti et les italiens, Maserati, Ferrari et Lamborghini.. Tous ces aristocrates au sang bleu peuvent prétendre à exprimer par leur seul nom cette notion très subjective de « grand luxe ».

Que dire des constructeurs américains ? Cadillac et Lincoln font indéniablement des voitures confortables et relativement luxueuses, mais jamais on n’oserait les comparer avec leurs rivales de l’autre continent. Il leur manque plusieurs de ces excès qui font l’attrait des autres : trop chère, trop voyante, trop puissante, trop vorace, trop ostentatoire. Lexus ? Le constructeur japonais y est presque, mais il lui reste encore cette étiquette de « luxe abordable », c’est-à-dire que ses modèles sont similaires à ceux de la concurrence, mais sont vendus moins cher. Même chose pour Infiniti et Acura à un échelon inférieur, deux marques qui ont remplacé les Buick, Chrysler et Mercury des années 60 dans la catégorie du « luxe d’entrée de gamme », une traduction approximative de « near-luxury » et de « moyen-prestige ».

Ces cinq constructeurs fabriquent tous des véhicules de qualité dont l’équipement est flatteur, mais ils ne jouent pas dans la même ligue que les cousines d’outre-Atlantique. C’est que dans le cas du luxe, le prix (qui doit absolument être connu du grand public) et l’image de marque valent beaucoup plus que la qualité intrinsèque où la fonction. Pourquoi pensez-vous qu’une montre Tissot ou une TAG-Heuer vaut si cher, alors qu’elle ne sert qu’à tenir le temps, ce qu’une montre pour enfant à 2 $ fait tout aussi bien ? L’image, et rien que cela.

Comme il est extrêmement difficile de changer les perceptions, cela prend beaucoup de temps et de persévérance, certains constructeurs tentent un autre pari, celui de proposer le luxe mais dans un ensemble ultra-compact. C’est du moins ce que Citroën, Lexus et Lincoln tentent avec leur dernier véhicule-concept respectif. Ces trois voitures, la Citroën Revolte, la Lexus LF-Ch et la Lincoln C-Concept sont toutes des compactes à hayon mais équipée jusqu’à trop-plein, comme leur grandes soeurs. Ces constructeurs en sont tous venus à la conclusion que si le marché de l’ultra-luxe est marginal en termes d’unités vendues, celui des véhicules à image forte mais tarif plus raisonnable est encore à prendre. On devrait voir ce créneau prendre de l’ampleur, bien aidé par l’image négative que projettent actuellement les gros véhicules voraces et par le fait que ceux qui font partie de « l’élite » voudront toujours le montrer un peu. J’imagine que les jeunes professionnels et les femmes actives seront la cible des publicitaires, car je doute fortement que les hommes « prospères », ceux qui fument de barreaux de chaise et qui sont habitués aux petits honneurs, voudront être vus au club de golf au volant d’une compacte, même si elle porte le nom d’un ancien président.

Néanmoins, la tendance est intéressante car elle replace l’automobile sur le devant de la scène comme moyen de transport individuel, après des années où elle aura dû s’effacer derrière les VUS, 4x4, camionnettes et autres minifourgonnettes. En effet, il n’y a pas de façon plus efficace pour transporter des gens que d’utiliser un véhicule compact à hayon, doté simplement de la traction avant, dont la carrosserie est près du sol et roulant sur des pneus à usage routier. Toutefois, rien n’empêche de flatter le conducteur avec des attentions dignes des grandes, car en général, le luxe est peu vorace en énergie. L’avenir nous dira si cette tendance est là pour durer, car les compactes de luxe précédentes n’auront pas laissé que de bons souvenirs : on n’a qu’à se rappeler les Cadillac Cimarron et Infiniti G20 chez nous, ou encore les Lancia Ypsilon, Audi A2 et autres petites Alfa-Romeo en Europe. Réponse dans quelques années.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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