Édito – VOL.13 ÉD.23 – NOVEMBRE 2009

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Le mot de la Rédaction

Vous ne le savez peut-être pas encore, mais je suis un vieux de la vieille. Pas nécessairement vieux en âge, alors que j’en suis à peine à la quarantaine, mais vieux par mes habitudes médiatiques : je lis mes romans sur le support papier, j’achète encore mes magazines en kiosque et je suis encore abonné au journal La Presse. Aussi, j’aime mieux qu’on me fournisse du contenu internet en m’avertissant par courriel plutôt que d’explorer par moi-même, ma radio dans l’auto ne fait pas appel à un satellite, et j’écoute encore la télé (toujours à écran cathodique…) conventionnellement, sans trop zapper, tranquillement, toujours sur les mêmes postes qu’il y a 20 ans. Aussi, j’aime que mes animateurs de radio et de télé soient plus intelligents que moi, qu’ils m’apprennent des choses, et mes choix de médias électroniques m’ont mis à l’abri de la publicité, criée plus que parlée, qu’on entend sur les chaînes commerciales. Pire, je ne suis pas actif sur les nouveaux réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) même si je possède un téléphone dernier cri, que je me sers d’internet pour mon boulot et que certains de mes écrits y sont publiés. Un vieux, je vous dis.

Mais les choses étant ce qu’elles sont, j’ai récemment « évolué » vers une offre télévisuelle plus vaste, une offre que j’ai pu adapter à mes goûts. Étant légèrement intéressé par la chose automobile, j’ai coché « Speed » et « BBC-Canada » dans la liste des canaux offerts. « Speed », pour ceux qui ne le savent pas, est un réseau consacré uniquement à l’automobile, que ce soit celles de course ou celles d’utilisation plus ou moins courante. J’avais espoir d’y voir des trucs intéressants, des courses d’endurance ou de voitures de production, vous savez des voitures plus ou moins proches de la série mais adaptées pour la course. Je trouve que c’est plus intéressant à voir évoluer que des monoplaces rivées à la chaussée par de gigantesques réclames publicitaires déguisées en ailerons. Mal m’en a pris, car jusqu’à maintenant, je n’ai vu que des niaiseries portant sur des camions géants qui sautent partout, des poursuites de voleurs de voitures qui ne savent même pas conduire, des courses de motos où les pilotes portent des couches et marchent comme des cow-boys, et une série que je n’ai pas regardée et qui doit être pour les filles parce qu’elle est appelée « Pinks ». Il y a bien des courses, mais ce sont celles des nombreuses séries de courses américaines Nascar où toutes les voitures et camionnettes sont identiques, à part la couleur et les hiéroglyphes qu’elles arborent, et ne font que tourner en rond devant des gradins vides. Si je veux voir des trucs multicolores tourner en rond, je n’ai qu’à jeter une boîte de « Smarties » dans la toilette et tirer la chaîne. Bon, j’imagine qu’il y a tout de même des choses intéressantes à y voir mais pour le moment, ce n’est pas à la hauteur de mes modestes attentes : des émissions qui portent sur les bagnoles, et non sur les souriants pilotes vedettes qui sont à leur volant, des émissions qui retracent les merveilles du passé, des documentaires sur les beautés mécaniques qui sont sous les capots, bref, des trucs pour le technicien et l’amateur de belles mécaniques que je suis.

L’autre choix de chaîne, BBC-Canada, a été fait pour une seule raison : Top Gear. Je connaissais le magazine britannique, en papier bien sûr, mais les quelques épisodes de l’émission télé que j’ai glané sur « Youtube » m’ont converti à l’humour et à la dérision que proposent ces joyeux drilles. Dans TopGear, l’automobile n’est pas le sujet mais plutôt un des personnages de l’émission, au même titre que les animateurs. Tout tourne autour d’elle, mais elle n’est jamais vue comme un vulgaire objet à analyser et à évaluer, mais plutôt comme un moyen de faire quelque chose, comme une entité ayant un caractère et une personnalité, comme une projection de la personne qui la conduit. Férocement sarcastiques, les animateurs connaissent bien leurs bagnoles (et presque autant que moi, rien de moins) et leur font faire des trucs invraisemblables. Plusieurs réseaux ont tenté de copier cette formule, mais elle tient plus dans les animateurs que dans le choix des « reportages » présentés. Pour ceux qui n’ont pas cette chaîne, la chaîne québécoise « V » présente des épisodes des séries précédentes de Top Gear. L’épisode que j’ai vu remontait à 2006, ce qui est une éternité en automobile et en télévision, et en plus, malheureusement, il était mal traduit. Cette traduction française rend le sens de l’humour britannique si particulier similaire à ce qu’on entend dans les mauvaises infopublicités de fin de soirée. Mais c’est tout de même mieux que rien.

Bon, maintenant que je me suis enfin branché sur la télé des années 2010, il ne manque plus que le temps nécessaire pour écouter toutes ces nouvelles émissions. À moins que, pour tenter de suivre la parade des plus jeunes, je les enregistre et les encode dans un format que je pourrai écouter sur mon téléphone dès que j’ai une minute de libre, à ma guise. Ce serait une belle façon de contrer mon vieillissement technologique prématuré.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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