Édito – VOL.13 ÉD.24 – DÉCEMBRE 2009

Pour partager :

Le mot de la Rédaction

Les fins d'années sont des périodes rêvées pour faire des bilans, pour tirer des conclusions. Quand, en plus, la fin d'année correspond avec une fin de décennie, alors il est tentant de voir les tendances et les modes qui auront été significatives pour ladite décennie. Par exemple, 1969 marque la fin de l'insouciance des années « peace and love » et la conquête spatiale, alors que les années 70 sont mieux connues pour la crise du pétrole de 1973, les pantalons pattes d'éléphant, les crashs aériens et les prises d'otages, et la période disco. 1979 est surtout intéressante car elle marque la fin des années 70, mais il y a malheureusement aussi eu l'arrivée des intégristes en Iran, le prise de pouvoir par Saddam Hussein et l'invasion de l'Afghanistan par les Soviétiques. 1989 est plus positive : chute du mur de Berlin et donc du Rideau de Fer, les manifestations de la place Tian'anmen, la disparition du dictateur Ceausescu en Roumanie, et ce fut une année exceptionnelle pour les Bordeaux et les Bourgognes. Mais il y a aussi eu la catastrophe de l'Exxon Valdez et la tuerie de Polytechnique. 1999, eh bien, c'est l'euphorie des années 2000 qui approchent, c'est la création du Nunavut, et c'est le début du téléchargement illégal de musique avec Napster. C'est aussi l'arrivée de la Audi TT, de la smart fortwo  et de la VW New Beetle, mais malheureusement aussi de l'Oldsmobile Alero et du Dodge Durango.

Bon, maintenant, de quoi se souviendra-t-on de 2009 dans quelques années ? Ce sera certainement « l'annus horribilis » de l'industrie automobile américaine avec les faillites de deux des trois ex-grands de l'automobile. Aussi, 2009 est l'année où Toyota aura fait face au plus important rappel de son histoire, c'est l'année où de nombreuses marques auront vu leur logo dans la page des avis de décès, alors que d'autres auront vu leur propriété changer de mains. Et ce n'est même pas encore terminé. D'un autre côté, 2009 aura vu arriver la Tata Nano, une voiture qui pourrait avoir le même impact pour l'Inde que celui que la Ford T ou la Volkswagen Beetle ont eu pour l'Occident : la généralisation de l'automobile. Ce n'est pas rien si on considère que l'Inde est plus populeuse que les trois Amériques réunies, ou même que l'Europe entière. 

2009, c'est aussi l'année du grand retour des sportives américaines, Camaro et Challenger, qui reviennent se mesurer à la doyenne du genre, la Mustang. Mais leur rôle à changé : alors qu'elles étaient relativement abordables et d'usage général en 1969, ces sportives sont maintenant destinées à jouer un rôle désormais beaucoup plus effacé. Ce sont des voitures-cadeaux, un peu à l'image des motos que se procurent certains baby-boomers à leur retraite.

2009, c'est aussi l'année de la véritable démocratisation de la technologie hybride avec l'arrivée de la très abordable Honda Insight, mais aussi des Ford à grande diffusion, les Escape et Fusion hybrides. Même si Toyota y est très associée et possède pratiquement à elle seule ce marché, c'est par l'arrivée d'autres joueurs importants que nous verront si cette technologie est appelée à durer. Comme les constructeurs allemands s'y sont tous mis dernièrement, et qu'ils sont les plus riches, j'imagine que ce n'est que le début du développement de cette technologie. C'est une bonne chose : l'hybridation n'est finalement qu'une manière d'optimiser le rendement ridicule d'un moteur à combustion interne (seule 30% de l'énergie contenue dans le carburant est transformée en mouvement !). L'hybridation, et le développement accéléré des batteries nécessaires qui y est associé, permettra aussi l'arrivée des véritables voitures électriques au cours de la prochaine année : Chevrolet Volt, Mitsubishi i-MiEV, Nissan LEAF seront enfin des réalités grâce à Toyota. C'est assez ironique, n'est-ce pas ?

Finalement, 2009 c'est aussi l'année du grand retour de la motorisation diesel en Amérique du Nord, avec les Allemands en tête de colonne : BMW, Audi. Mercedes-Benz, mais aussi VW proposent des diesels performants et dépollués. Si leur présence n'est pour le moment pas très visible (sauf pour la Jetta/Golf TDI et le ML320 CDI), les descendants des turbodiesels sont partout. Oui, oui, vous ne le savez pas, mais l'injection directe d'essence (Mazda, GM, Mitsubishi, Ford, MINI, VW, etc.) et la turbocompression (Ford, VW, Acura, Subaru, etc.) sont devenues populaires parce que les développements continus du moteur turbodiesel à injection directe l'ont permis. Ces deux technologies permettent des réductions de cylindrée, de meilleures valeurs d'efficacité et donc des émissions polluantes en baisse. Selon certains, l'injection directe d'essence associé au turbo permet un bond aussi important, en termes d'efficacité, que celui réalisé lors du remplacement des carburateurs par l'injection électronique à la fin des années 80.

De quoi sera faite 2010 ? D'une reprise, tout d'abord, car avec les faibles ventes de 2009, il ne pourrait en être autrement. Cette reprise devrait gonfler les coffres des constructeurs moribonds et leur permettre de survivre jusqu'à la prochaine crise, et peut-être plus loin, s'ils savent tirer les leçons de celle-ci. Parce que 2009 aura montré les limites du partage de plateforme, de la multiplication des modèles et des supposées économies d'échelle. En plus, la taille n'est désormais plus un facteur de fierté, c'est l'efficacité qui est désormais le maître-mot lors de l'achat d'une nouvelle voiture. Finalement, il faut que chaque voiture vendue soit profitable pour le constructeur, et valorisante pour le consommateur. C'est aussi simple que cela. Joyeuses Fêtes.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

Pour partager :