Edito – VOL.14 ÉD.08 MAI 2010

Pour partager :

Le mot de la Rédaction :

Après un automne moche, après un hiver gris sans neige, nous voilà rendus au printemps, et il semble bien que ce sera encore une non-saison… Tant mieux, on passe donc directement à l’été. Et l’été, c’est la saison des bidouillages sur les bagnoles pour les gens comme moi : je fais partie des sans-abri de la chose automobile, car je n’ai pas de garage pour y cacher mes maîtresses. Je dois donc faire cela au grand jour, un jour sans pluie de préférence, et je dois tout refermer à la fin de la journée si je ne veux pas ameuter les voisins avec des épaves en morceaux qui y résident durant des semaines. Jusqu’à maintenant, j’ai toujours réussi à le faire, mais ce sera plus difficile maintenant que c’est la carrosserie de la Quattro qui demande des soins. J’ai, depuis quelques années, colligé les différentes pièces qui serviront à la réfection : un capot, un couvercle de malle, deux portières, un pare-brise et les vitres latérales et arrière, des joints de portières et ceux des différentes vitres, j’ai même deux jeux de décalcomanies (les fameux anneaux sur les portières qui sont emblématiques de cette voiture) prêts à installer sur une nouvelle couche de peinture.

À ce sujet d’ailleurs, j’ai un dilemme : est-ce que je la repeins de sa jolie couleur rouge-orangé d’origine (rouge Mars de son petit nom), ou bien je tente une évocation plus sportive, du genre des voitures de rallye de la grande époque ? Bonne question, car cela fera bientôt dix ans que la belle cramoisie m’accompagne, qu’elle approche des 30 ans, et que son usage futur sera essentiellement celui d’une voiture de piste, qu’elle soit glacée ou non. Une robe plus sportive serait bienvenue lors de ces évènements, mais j’imagine que la vision quotidienne d’une voiture tricolore avec des numéros sur les portes pourrait agacer un peu. En plus, sur la route, c’est le meilleur moyen d’attirer l’attention des forces de l’ordre… L’autre choix, c’est d’en faire une voiture de « reconnaissance » : dans le passé, les équipes de rallye se construisaient des voitures, identiques mécaniquement à celles de course mais dotées d’une peinture normale, qui servaient uniquement à reconnaître le parcours et prendre des notes en vue de la compétition chronométrée, qui se déroulait habituellement quelques jours plus tard. C’étaient donc de véritables voitures de rallye mais « banalisées » et elles étaient souvent de couleur blanche.

Dans mon cas, j’aurais toujours la même voiture unicolore mais dotée de sièges de course, d’un arceau, d’un tableau de bord plus complet, l’intérieur serait remplacé par des panneaux métalliques dans les portières et sur le plancher, et la banquette arrière aurait disparu. Hum, ça semble intéressant, mais ça demandera un boulot important, en plus d’un investissement supplémentaire. Et tout cela ne fera rien de bon à la valeur de la voiture, au contraire. Par contre, je pourrais alors utiliser la voiture pour faire la course « Targa Newfoundland » dans la catégorie de série, un de mes vieux rêves. Cette course qui se déroule à l’automne à Terre-Neuve est ce qui se rapproche le plus d’une course sur route ouverte comme à la belle époque des années 60-70. Je pourrais aussi dorénavant piloter la belle sur plusieurs circuits, même si une Quattro est loin d’y être à l’aise avec son moteur en porte-à-faux en avant de l’essieu, ce qui lui donne un comportement très sousvireur qui bouffe les pneus avant dans le temps de le dire. Encore les vieux démons de la vitesse qui reviennent me hanter : avant, ils ne pointaient leur nez crochu qu’à la première bordée de neige mais maintenant, depuis que j’ai fait quelques tours de circuit durant la belle saison, ils sont là tout le temps. Pire, même si je trouve toujours aussi grisant de conduire des voitures de 300 ou 400 cv, je trouve que piloter rapidement sur circuit une voiture peu puissante est un plaisir encore plus satisfaisant. En fait, le bonheur de soigner ses trajectoires et de tenter de battre son meilleur tour personnel au volant d’une voiture dont il faut conserver le maximum de vitesse en virage n’est battu que par celui de réaliser un dépassement serré en piquant à l’intérieur au freinage. Mais comme je suis absolument nul sous la pression quand je suis au volant, alors je préfère me battre avec moi-même dans des épreuves solo.

Mais tout d’abord, la peinture. L’objectif des prochaines semaines est de livrer la voiture dans un état de nudité à son peintre : c’est bien connu, les peintres adorent faire des nus féminins, pour des raisons artistiques, évidemment… Je vais donc déshabiller Helga, tranquillement, avec tous les égards dus à une belle de son âge. En ce qui concerne la teinte et la nature de la robe, je me garde encore la surprise.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

Pour partager :