Édito VOL.11 ÉD.20 – Octobre 2007

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Le mot de la Rédaction :

Dans la dernière édition, j’ai élaboré longuement sur l’évolution de la technique automobile et j’en suis venu à la conclusion que cette évolution, bien que moins visible de nos jours, est toujours présente. Pourtant, depuis la naissance de l’Automobile, la nouveauté a de tout temps fait vendre, souvent au détriment des premiers acheteurs. Alors, que penser de cette étude du magazine étatsuniens « Consumer Reports » qui rétrograde la marque Toyota au même niveau que les autres en ce qui concerne l’achat de véhicules redessinés ? Depuis longtemps, ce magazine pro-consommateur déconseillait l’achat d’un véhicule redessiné, peu importe la marque, sauf pour les modèles Toyota. Maintenant que la célèbre marque japonaise est traitée sur le même plan que les autres, pourquoi faut-il que les constructeurs investissent tant dans le renouvellement de leur modèles ? Serait-ce que les consommateurs ne sont pas aussi raisonnables que les journalistes du magazine ? Ou serait-ce que les constructeurs connaissent des choses sur les consommateurs que même les consommateurs ignorent ? Par exemple, que l’attrait de la nouveauté est plus fort que la raison, surtout quand il s’agit de choisir un objet qui partagera notre vie pour les trois, quatre on même 10 prochaines années.

Pourtant, autant la nouveauté est intéressante pour l’amateur de belle mécanique (et pour les chroniqueurs automobiles), autant elle devrait rebuter les acheteurs potentiels. C’est que la nouveauté est souvent un signe que les premiers acheteurs vont servir de pilotes d’essais, un peu comme Lotus le faisait à la belle époque des années 60. Le fondateur de la marque, Colin Chapman, avait pour dire que ses clients étaient plus intransigeants avec la mécanique que n’importe quel essayeur embauché par son entreprise ; « laissons-les faire le travail, et corrigeons ensuite sur les modèles subséquents les défauts qu’ils auront découverts. » Évidemment, de nos jours, une telle attitude n’est plus possible. Néanmoins, il n’est pas de meilleur test que celui de la réalité. Pourquoi pensez-vous qu’il y ait tant de campagnes de rappel sur les nouveaux modèles ? Un constructeur peut avoir couvert des milliers de kilomètres avec ses mulets de préproduction, certains défauts ne se révèleront que quand des centaines de milliers de voitures accumuleront
les kilomètres à chaque jour.

À l’opposé, une modèle dont le cycle de production est bien avancé et dont la mécanique est une évolution de la génération précédente, est généralement un gage de fiabilité, ou à tout le moins de problèmes bien connus par le réseau. Et si ces problèmes sont connus, (« elles font toutes cela », disent les spécialistes de la marque), ils sont généralement réparables pour moins de frais. Et les accessoiristes, les équipementiers et les fournisseurs de pièces de seconde monte ont tous eu le temps de produire des pièces de remplacement pour améliorer, modifier ou même simplement décorer ces modèles. Par contre, si la mécanique n’est qu’une évolution et que l’architecture générale est similaire, cela veut aussi dire que le risque de vol est plus élevé, surtout le vol associé au recel de composants principaux ; moteurs, boites de vitesses, électronique. De plus, qui dit modèle désuet, dit aussi dévaluation accélérée et valeur de revente moindre au bout de quelques années. Alors, pour l’achat de votre prochain véhicule, qu’allez-vous privilégier ? L’oeuf ou la poule ?

Voilà, bonne lecture, et surtout n’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires, que ce soit par courriel, par courrier, par téléphone ou par notre système de commentaire ci-dessous, c’est toujours un plaisir d’avoir de vos nouvelles.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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