Édito VOL.11 ÉD.22 – Novembre 2007

Pour partager :

Le mot de la Rédaction :

À la suite du triste événement survenu à l’Île Perrot où une voiture conduite par un chauffard est venue écraser une enfant, beaucoup ont cherché un bouc émissaire et la victime toute désignée à été pour certains la publicité automobile.

Je n’ai pas la prétention de répondre à l’éternelle question sur la responsabilité sociale de la publicité mais je crois qu’en effet celle-ci ne doit pas favoriser des comportements délinquants, vu l’immense pouvoir de conviction qu’elle exerce sur les masses. Et en général, la publicité automobile est suffisamment responsable pour ne pas mettre de l’avant des images de bravoure, de témérité et de course avec des voitures civiles. D’ailleurs, la publicité est souvent autorégulée avant même d’apparaître en public, par le constructeur, par les concepteurs et par les groupes-témoins. Ce qui arrive devant nos yeux est en phase avec ce que le consommateur moyen est capable d’accepter. La publicité déteste se mettre ses clients à dos avec des concepts qui irritent.

Pour avoir déjà travaillé sur le compte d’un grand constructeur dans une agence de publicité, je peux vous assurer que les créatifs, c’est ainsi qu’on appelle les concepteurs de publicité à l’interne, n’ont généralement aucune attirance vers la performance et la vitesse, mais ils cherchent plutôt à véhiculer des images de liberté et de bonheur en vue de vendre leur voitures. Et pour montrer cette liberté, ce bonheur, il est plus facile de le faire avec une voiture qui file à vive allure sur une belle route déserte, plutôt qu’en la montrant dans le trafic du centre-ville en train de se faire nettoyer le pare-brise par un individu à l’allure pour le moins originale.

En fait, le plus grand reproche qu’on peut leur adresser est de manquer d’originalité, d’être bien timides quand vient le temps de concevoir une nouvelle campagne. Pourquoi faut-il que les VUS soient toujours vus en situation de jungle, qu’elle soit amazonienne ou urbaine ? Pourquoi faire rouler les voitures au milieu du désert en faisant monter une immense volute de poussière digne d’une tornade ? Pourquoi montrer les camionnettes en train de se faire remplir la benne de deux tonnes de gravier tout en transportant quatre hommes mal rasés sur fond de musique rock ? Moi, les propriétaires de camionnettes que je connais sont plutôt bien rasés, détestent la musique forte et font fort attention à leur véhicule, parce que c’est un précieux outil de travail.

Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Il n’y a pas si longtemps, avant la mode actuelle des mises en situation de type cinéma où la voiture ne sert que de figurant dans un message qui se veut positif, les publicitaires mettaient de l’avant les caractéristiques et les détails techniques de leur modèles. C’était la belle période des « injection séquentielle multipoint », « moteur à charge stratifiée » et autres « sièges en cuir Corinthien ». C’était alors la façon de vendre des voitures, c’était durant les années 1970 et 1980.

Il faut dire que la performance était étouffée par les nouvelles normes antipollution et les crises du pétrole et ne faisait plus vendre comme dans les années 1960. Peut-être sommes-nous à l’aube d’une nouvelle approche publicitaire ? Une approche réaliste où les mises en situation sont plausibles, où les conventions seraient un peu moins conventionnelles, pour faire un mauvais jeu de mot. Je verrais bien une publicité où une jeune femme enceinte troquerait sa décapotable pour une familiale, et que cette décapotable deviendrait la fière possession d’un couple de retraités, par exemple.

Voilà, et vous qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à nous écrire, il nous fait toujours plaisir d’avoir de vos nouvelles.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

Pour partager :