Édito – VOL.12 ÉD 15 – AOÛT 2008

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Le mot de la Rédaction :

Attention, ils sont de retour. En fait, ils n’ont jamais quitté la scène, c’est seulement qu’ils sont plus visibles ces temps-ci, alors que le prix du carburant semble en hausse constante. Je veux évidemment parler des charlatans, de ces commerçants peu scrupuleux qui promettent des économies de carburant grâce à de petites fioles de liquide miracle, de pastilles effervescentes ou encore de dispositifs dont la fonction réelle n’est que de jeter de la poudre aux yeux. Et cela dure depuis de nombreuses années ; j’ai ici devant moi un Guide de l’Auto de 1975 dans lequel Jacques Duval testait certains dispositifs offerts à l’époque et qui se sont révélés pratiquement inutiles, quand ce n’était tout simplement pas dangereux. Le plus drôle, c’est qu’il débutait son article par ces mots, « Comme il fallait s’y attendre, les économiseurs d’essence sont de retour sur le marché. » Plus ça change, plus c’est pareil.

Il faut dire que la mécanique automobile est une chose complexe pour la majorité des gens, et que le fonctionnement d’un moteur semble, pour certains, tenir de la magie. En fait, il n’en est rien : un moteur à combustion interne n’a besoin que de trois choses pour fonctionner : de l’air (en fait, de l’oxygène), un carburant (essence, diesel, éthanol, hydrogène) et un moyen de créer la combustion (allumage par étincelle ou par compression). Mais il faut que ces trois éléments soient présents dans des proportions précises, et que la séquence des événements soit bien synchronisée. C’est tout. Malgré cela, il est encore des gens qui croient qu’un additif ou un dispositif simple peuvent à eux seuls améliorer le rendement d’un moteur de 25 %, tout en nettoyant le moteur et en diminuant les émissions polluantes. Vous n’auriez pas une autre pilule qui annule la rouille sur la carrosserie et qui prolonge la vie des pneus (tout en maximisant l’adhérence sur circuit en plus de favoriser la traction dans la neige), tant qu'à y être ? Parce que si la première existe, la deuxième doit certainement exister aussi…

Non, malheureusement, l’équation qui régit une faible consommation de carburant est toute simple : moins de masse à déplacer, moins de vitesse et d’accélération, moins de friction avec le sol et avec l’air. De plus, à moins que quelqu’un trouve une nouvelle façon de produire de l’énergie de manière plus efficace que maintenant tout en rendant cette technologie abordable au plus grand nombre et suffisamment durable, alors le moteur traditionnel tel qu’on le connaît est encore avec nous pour longtemps. Et ce n’est pas un charlatan qui promet mers et monde qui arrivera avec une solution-miracle (notez bien le mot miracle) pour en améliorer son rendement global. Parce qu’avec plusieurs dizaines de millions de véhicules vendus chaque année dans le monde, vous ne croyez pas que la solution aurait plus de chance de provenir d’un grand constructeur ? S’il existait une solution simple et peu dispendieuse, elle serait déjà en production depuis longtemps, vu l’état d’avancement des connaissances en ce domaine.

Alors, oubliez les réacteurs à injection d’eau, les « turbinator » et autres additifs « eefuel » ; votre meilleure garantie d’économie de carburant est une conduite souple, des pneus bien gonflés et des vitesses raisonnables. Oh, vous pouvez toujours alléger la voiture (retirez la roue de secours et la banquette arrière, roulez avec peu d’essence dans le réservoir) et essayer d’en améliorer l’aérodynamisme (pas de galerie de toit ni de rétroviseur de droite, installez des enjoliveurs de roue pleins, colmatez toutes les ouvertures de la face avant sauf le minimum vital au moteur), ce sera certainement plus efficace que n’importe lequel des trucs que proposent les charlatans.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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