Édito VOL.12 ÉD.05 – MARS 2008

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Le mot de la Rédaction :

Alors, comment vous aimez toute cette neige cette année ? Moi, d’habitude si guilleret à chaque bordée, je commence à m’essouffler un peu. Il faut dire que le fait que ma chère Quattro soit en attente de transplantation coeur-poumons m’empêche de profiter à plein de la manne blanche, si rare ces dernières années. Je n’aurai donc pas pu aller « patiner avec ma voiture », comme le dit si bien ma petite fille de trois ans. Par contre, les nombreuses chutes de neige m’auront au moins permis de bien évaluer plusieurs rouages intégraux en plus de différents moyens de contrôler le patinage des roues motrices. Par rouage intégral, je veux parler de n’importe quel système qui fait appel aux quatre roues pour la propulsion d’une voiture. Je ne suis pas aussi pointilleux que les constructeurs qui nomment chacun leur système par une ronflante désignation, Real Time ceci ou Intelligent cela, tout en sachant très bien que s’ils sont tous intégraux, certains sont plus intégraux que d’autres…

Tout d’abord, si tous les rouages intégraux ne sont pas équivalents, tous valent quelque chose quand la traction vient à manquer. Les meilleurs systèmes, sur le plan dynamique uniquement, sont ceux qui font appel à trois différentiels ouverts pouvant être bloqués d’une façon ou une autre, automatiquement ou manuellement. Si je précise « dynamique », c’est que ces systèmes font des merveilles pour les sportifs qui s’amusent avec leur voiture sur les surfaces à faible adhérence. Les marques auxquelles je fais référence sont Audi, Subaru, Mitsubishi, BMW, VW, Mercedes-Benz, et quelques autres. Le côté sombre de ces systèmes, c’est la plus grande consommation de carburant qu’ils favorisent ainsi que leur coût de fabrication plus élevé.

Les autres systèmes intégraux, ceux qu’on retrouve sur les VUS entre autres, ne font pas appel à un différentiel central, et certains n’ont même pas de différentiel arrière. C’est que ces systèmes embraient l‘essieu arrière seulement quand l’essieu avant patine, pour donner un petit surplus de traction. Dans les faits, pour se sortir d’une rue mal dégagée (suivez mon regard…), c’est correct. Par contre, comme il faut que le devant patine, l’essieu arrière n’est en prise que rarement, et que pour le côté sportif, c’est raté. Depuis quelques années, certains nouveaux systèmes plus sophistiqués sont apparus, Haldex et ZF Vector Drive par exemple, et ces systèmes compacts et légers miment un peu le comportement dynamique des systèmes à trois différentiels en embrayant l’essieu arrière en permanence, mais à couple réduit. Pour vous, conducteurs normaux (parce que moi je suis anormal…) c’est parfait. Ces systèmes procurent un surplus de traction en permanence et sont donc plus utiles sous nos froides latitudes. Volvo, Acura, BMW, Saab et Audi utilisent ces systèmes.

En ce qui concerne les moyens d’empêcher une roue motrice de patiner sur une voiture dépourvue de la traction intégrale, il n’y a que deux moyens : un différentiel autobloquant mécanique, MINI et Nissan le proposent sur la Cooper et la Sentra, alors que toutes les autres marques font appel à l’antipatinage électronique, c’est-à-dire, l’application du frein sur la roue qui patine via la pompe ABS. Si l’autobloquant est si rare, c’est qu’il coûte cher, qu’il alourdit la direction en virage, et qu’il a tendance à faire dévier le devant de la voiture lorsque les deux roues patinent. L’antipatinage électronique est, quant à lui, quasiment gratuit puisqu’il fait appel à des composantes existantes, et possède le gros avantage d’avertir le conducteur que les roues patinent en cliquetant à qui mieux-mieux, ce qui incite celui-ci à soulager la pédale d’accélérateur. Si plusieurs conducteurs se plaignent que leur système est très souvent en fonction, c’est que tout simplement ils n’ont pas de bons pneus, ou alors ils sont trop pressés.

Tous ces systèmes ont l’avantage d’aider la traction de nos voitures, ce qui est particulièrement bienvenu cet hiver. On ne voit presque plus de ces voitures en perdition, patinant à s’en éclater les pneus, en train d’essayer de monter une légère pente enneigée. Cette technologie, combinée au progrès réalisé par les équipementiers de pneus, fait que nos véhicules seront à même d’affronter les rudes hivers qui s’en viennent. Quoi ? Vous ne le saviez pas ? Les abondantes chutes de neige ont tendance à se regrouper sur de longues périodes de plusieurs années. Bon printemps, moi je cours m’acheter une souffleuse pour l’an prochain, mes bras n’en pleuvent plus.

Merci de nous lire, et merci de nous envoyer vos commentaires, c’est très apprécié. Et n’oubliez pas de surgonfler vos pneus, un peu pas trop, c’est la saison des nids de poules. Surtout que vous n’avez probablement pas vérifié la pression depuis octobre, et qu’ils doivent être drôlement mous aujourd’hui…


Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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