Édito VOL.12 ÉD.09 – MAI 2008

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Le mot de la Rédaction :

Cela fait maintenant plus de trois mois que j’ai entrepris la restauration mécanique de ma Quattro 1983. J’ai finalement réuni, dans un même endroit, toutes les pièces nécessaires pour accomplir cette tâche. L’atelier que j’ai dans le sous-sol de ma maison, déjà fort encombré, est maintenant complètement envahi par les deux moteurs en pièces, en plus des autres composantes annexes. Et c’est là que la facture s’alourdit : radiateur, tubulures d’essence, échappement, durites de refroidissement ont tous besoin d’un rafraîchissement plus ou moins immédiat. Alors, pendant que le moteur reconstruit réside sur son support, j’en profite pour remédier à ces petits bobos. Une fois ces broutilles réglées, l’échange pourra avoir lieu. Par contre, ce que je pensais être un boulot à réaliser facilement en sortant le vieux bloc par le haut, en utilisant une chèvre à moteur (une petite grue hydraulique destinée à cet usage qu’on peut louer à la journée), se révèle beaucoup plus complexe. C’est que cette voiture de taille compacte a été conçue pour un moteur longitudinal à quatre cylindres. Pour créer cette Quattro, les ingénieurs de Audi ont installé un moteur à cinq cylindres, plus long, ce qui fait qu’il n’est pas possible de le sortir de façon conventionnelle. L’espace entre le devant du moteur et la traverse de pare-chocs est inférieur à 5 cm. D’ailleurs, le radiateur d’eau est situé à côté du moteur, et non devant. Il faudra donc utiliser la méthode officielle préconisée par le constructeur, c’est-à-dire qu’il faudra soulever la voiture suffisamment haut pour passer l’ensemble moteur-transmission par-dessous la traverse, pour ensuite tirer tout cela vers le haut à travers la baie de moteur. Cela s’annonce intéressant, surtout que le moteur sera complètement assemblé avant l’installation, incluant la boîte de vitesse, le turbo et le système d’échappement. Tout cela doit bien peser dans les 200 kg…

En ce qui concerne la réfection du moteur, j’ai décidé de faire appel à des spécialistes car je n’avais pas confiance en ma capacité de réinstaller pistons et vilebrequin en respectant les tolérances prescrites, qui sont de l’ordre du centième de millimètre. D’ailleurs, à ce sujet, le turbocompresseur que j’ai obtenu avec le moteur m’avait semblé suspect car il présentait un peu trop de jeu à mon goût. J’en ai trouvé un autre en Caroline du Nord, mais quand je l’ai reçu, il était dans un état similaire. J’ai donc décidé de me procurer un outil de précision, une jauge de profondeur à cadran capable de mesurer des jeux aussi faibles que celui d’un axe de turbocompresseur. Eh bien, j’aurais dû me le procurer plus tôt car ce que je croyais être des turbos trop usés se sont révélés tout à fait dans les normes, avec des jeux de moins de 1/3 de la limite. J’ai donc maintenant deux turbos, un de trop pour mon usage immédiat.

Bon, maintenant, j’ai besoin de quelques amis pour sortir ce moteur de mon atelier, et d’une fin de semaine de beau temps pour installer tout cela dans la bagnole. Ensuite, il faudra retirer les pneus d’hiver cloutés, rectifier les disques de freins qui sont drôlement rouillés, en profiter pour installer des étriers de freins arrière fonctionnels avec de nouveaux câbles, installer les nouveaux phares qui sont arrivés d’Allemagne via l’Espagne d’où un collègue chroniqueur les a rapatriés. Et je ne parle pas de la carrosserie, qu’il faudra bien que j’attaque un jour ou l’autre. Maintenant que la mécanique sera ragaillardie, il faudra bien que le plumage soit à la hauteur du ramage. Après tout cela, la grande question sera : irai-je à la réunion annuelle des Quattro, pour montrer la belle, où les propriétaires de ces voitures se réunissent traditionnellement en août ? Habituellement, elle se déroule au Connecticut, à 650 km d’ici. Mais voilà, cette année, pour célébrer les 25 ans de la Quattro en Amérique du Nord, elle aura lieu au Colorado, 6000 km aller-retour, où on retrouve une grande proportion de ces voitures. À 1,40 $ le litre de super, avec une voiture qui consomme 10 L/100km, cela fait donc plus de 800 $ d’essence seulement… Je crois que je vais passer mon tour pour cette fois.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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