Édito VOL.12 ÉD.16 – SEPTEMRE 2008

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Le mot de la Rédaction :

Dans la dernière édition du magazine, j’évoquais le fait que la glorieuse période des voitures de sport
américaines faisait un deuxième tour de piste, avec les actuelles Mustang, Challenger et Charger et les futures Camaro, sans oublier la toujours très performante Corvette. Mais à la différence de la première fois, durant les années 1960-70, aujourd’hui ces voitures de sport sont beaucoup plus présentes dans les magazines que dans les rues. Il faut se souvenir qu’à l’apogée de leur popularité, en 1969-70, ces voitures étaient pratiquement aussi populaires que les petits VUS aujourd’hui, toutes proportions gardées. On les voyait partout. C’est surtout le fait qu’à cette époque, l’offre automobile était bien mince : trois tailles de voitures américaines, toutes à propulsion arrière bien sûr alors que les camionnettes n’avaient qu’une vocation réellement utilitaire, et c’est à peu près tout. Les voitures de fabrication étrangères se limitaient à la Coccinelle de VW et quelques voitures populaires européennes (britanniques, françaises et italiennes surtout) dont la présence sur le marché était plutôt symbolique. Les constructeurs asiatiques étaient bien présents, mais il fallu attendre la Datsun 510 et la Honda Civic pour voir leur part de marché atteindre une proportion significative.

En fait, aujourd’hui, ces sportives américaines sont surtout des évocations du passé destinées à un bassin d’amateurs assez restreint. L’offre sur le marché automobile actuel est beaucoup trop vaste pour que l`on revive le même engouement envers ces sportives. Mais ce qui pourrait faire un tabac dans les prochaines années, c’est l’arrivée en force de voitures de faible taille mais dont la conduite fera la part belle à l’agrément. Il y aura toujours des petites voitures dont le principal argument sera un faible coût d’acquisition, mais on verra apparaître des dizaines des voitures compactes à l’équipement plus que généreux. C’est que, vu la récente tendance des consommateurs à délaisser les gros véhicules énergivores, les constructeurs généralistes devront bientôt offrir des voitures à faible consommation mais à l’équipement équivalent. C’est du moins ce que croit le magazine Winding Road, qui y va de quelques prédictions plus ou moins futuristes.

Premièrement, la voiture de très petite taille, comme la smart ou la MINI, fera une entrée remarquée, surtout chez les constructeurs les plus mal en point. Deuxièmement, même si la technologie hybride est surtout profitable sur les véhicules énergivores (le gain en litres économisés est plus grand que sur un voiture dont la consommation est déjà faible), les futures petites voitures y auront droit aussi. C’est que le mot « hybride » est, pour les constructeurs, l’équivalent du mot « biologique » pour les aliments ; c’est la mode.

Troisièmement, l’équipement sera pléthorique. Quand un consommateur troquera son VUS de 50 000 $ pour une compacte, il s’attendra à y retrouver les mêmes équipements, et il sera prêt à les payer. En cela, l’Amérique du Nord ne fera que suivre l’Europe et le Japon, car ce genre de compacte suréquipées y existe déjà depuis longtemps. Finalement, la performance fera partie intégrante de la nouvelle génération des petites voitures, un peu comme au milieu des années 1980 quand les compactes sportives étaient légion : GTI, Colt Turbo, Cavalier Z24, Corolla GT-S, Civic Si, etc. Je ne peux qu’être d’accord avec eux : cela fait plusieurs années que je décrie le gaspillage que représente un VUS de 2500 kg transportant une seule personne, et je me suis souvent dit que si l’offre de petites voitures était plus intéressante, les gens y viendraient naturellement. Il aura fallu un litre d’essence à 1.50 $ pour faire réagir les consommateurs, et par le fait même, les constructeurs.

Moi, de mon côté, je gagerais que c’est le monospace compact qui sera le prochain grand succès automobile chez nous : les meilleurs exemples de ce type de véhicule, Renault Scénic et Citroën Picasso, ont, à mon avis, plus de chance de séduire les conducteurs de gros VUS qu’une compacte suréquipée et performante. Toutes les personnes que je connais qui ont eu la chance de monter à bord de ces voitures ont louangé la haute position de conduite, le vaste espace intérieur, la grande modularité et surtout, les 5 L/100km sur autoroute. Si un constructeur ose lancer ce type de voiture ici, je suis persuadé qu’elles seront rapidement aussi populaires que l’ont été les sportives à la fin des années 1960. Ce sont vraiment des voitures pour le 21e siècle.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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