Édito VOL.12 ÉD.18 – OCTOBRE 2008

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Le mot de la Rédaction :

Litres au cent kilomètres, miles au gallon, dollars par kilomètre, vous, comment calculez-vous votre consommation de carburant ? Moi, d’habitude, c’est la mesure officielle en litres/100km qui me sert d’étalon. Mais voilà, quand on discute de ces choses entre copains, régulièrement, c’est la norme dollars/kilomètre qui est le plus souvent utilisée, surtout quand ces copains viennent de changer de véhicule.

Si cette nouvelle unité de mesure peut sembler de prime abord inintéressante, parce que tributaire de trop de variables, elle a le mérite d’éliminer toute considération ponctuelle (trafic, météo) ou économique (coût différent des carburants, super, diesel ou régulier) en plus de tenir compte du style de conduite propre à chaque véhicule. Oui, oui, chaque véhicule, tout comme chaque personne, possède un style de conduite qui lui est associé. Voyez-vous, un même conducteur qui fait le même trajet dans deux véhicules différents aura des valeurs de consommation différentes, même si ces véhicules ont des cotes de Transport Canada similaires. Certaines voitures ont le talent d’inciter leur pilote à rouler plus vite, à accélérer plus fort, simplement pour entendre la sonorité de la mécanique ou parce que leur tenue de route favorise un tempo rapide. À l’inverse, un gros VUS ou encore une voiture à la motorisation modeste favoriseront une conduite souple et progressive, simplement parce que cravacher la mécanique n’apporte pas grand-chose de plus que du bruit et des vibrations provenant de sous le capot, en plus de faire sentir à son pilote que son rendement énergétique est mauvais. Donc, au-delà des évidences de la fiche technique, certains véhicules ont la réputation d’être plus voraces que leurs rivaux provenant d’autres constructeurs, à mécanique équivalente. C’est pourquoi la mesure dollars/kilomètre devrait être normalisée, par exemple, en demandant à chaque personne qui fait un plein de fournir, à titre anonyme, les quelques informations nécessaires à son évaluation ; on pourrait même automatiser cela avec un petit transpondeur associé à la voiture qui le ferait systématiquement à chaque plein. Grâce à cette nouvelle donnée, on saurait quelle voiture offre le meilleur rendement au kilomètre dans une région donnée, en fonction des conditions propres à cette région. On aurait probablement des surprises.

Dans un autre ordre d’idée, mais toujours au sujet de la consommation de carburant, le journaliste du quotidien La Presse, Mathieu Perrault, révélait récemment que l’usage des litres/100km, au lieu des miles au gallon, favoriserait le choix d’un véhicule moins énergivore parce que la mesure métrique montre la dépense en fonction de la distance, la façon la plus logique de présenter ce genre d’unités.

Prenons un exemple, c’est toujours plus simple avec un exemple. Votre bail vient à échéance le mois prochain, et vous pensez troquer votre grosse camionnette 4x4 qui fait 14 mpg pour un modèle plus récent qui fait 17 mpg. Votre voisin, toujours à vous taquiner, viens tout juste de remplacer sa berline à quatre cylindres (24 mpg) par une autre dont la consommation est de 30 mpg. Qui fait le meilleur gain ? Eh bien, croyez-le ou non, c’est vous ! Voyons ce que cela donne en litres/100km : votre camionnette est à 16,8, votre prochaine camionnette sera à 13,8, donc vous ferez un gain de 3 litres à chaque 100 km. Votre voisin, lui, consommait 9,8 L/100km avant, et 7,8 maintenant, un gain de seulement 2 litres pour chaque 100 km. On voit donc facilement qu’il est plus profitable (en termes de litres économisés) d’améliorer légèrement le rendement des véhicules énergivores, que de troquer sa petite voiture frugale pour une autre encore plus frugale.

Tout comme dans le traitement de l’obésité, les gains sont toujours plus spectaculaires au début, surtout chez les gros…

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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