Édito VOL.12 ÉD.19 – OCTOBRE 2008

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Le mot de la Rédaction :

On fait beaucoup de bruit ces temps-ci autour de l’arrivée prochaine des mécaniques diesel au Canada. Audi, Acura, BMW, Volkswagen, GM et Ford vont tous offrir de nouvelles motorisations diesel, d’ici un an tout au plus. Jeep, Dodge et Mercedes-Benz le font déjà. Est-ce la solution de l’avenir, plus réaliste que la motorisation hybride ou la voiture 100 % électrique ? Si on se fie à la proportion de diesel sur le vieux continent, on peut penser que oui. Toutes les marques populaires en offrent, sur pratiquement tous leurs modèles. Les avantages de ce type de motorisation sont nombreux : les derniers moteurs diesel offrent un comportement bien adapté aux réalités de la conduite normale, leur consommation et leur émission de gaz à effet de serre sont plus faibles, leurs coûts d’utilisation à long terme sont connus, leur valeur de revente est plus élevée. On peut encore leur reprocher d’être légèrement plus bruyant et d’émettre des effluves particuliers, mais leur démarrage est maintenant aussi facile que sur un moteur à essence et ils sont désormais capables de réchauffer un habitacle même par moins 20 degrés. Alors, pourquoi ne sont-ils pas plus présents sur notre marché ? Bonne question.

Une partie de la réponse tient dans le fait qu’ici, le choix d’un diesel ne se justifie habituellement que si l’économie de carburant permet de rentabiliser l’investissement initial. Point. Rouler diesel, au Canada, c’est purement économique. Pourtant, les moteurs diesel modernes sont fort agréables à conduire avec leur énorme couple à bas régime, si utile dans la conduite quotidienne. Leur consommation de carburant varie très peu selon qu’il fasse un froid à pierre fendre ou une chaleur caniculaire, ou que le conducteur ait un style très agressif ou non. Et surprise, les moteurs diesel adorent les courts trajets, ou plutôt, ils ne les détestent pas comme les moteurs à essence. Leur consommation est beaucoup plus stable dans tous les aspects de la conduite, alors que le moteur à essence peut voir sa consommation tripler si on additionne le facteur froid, les courts trajets et le style de conduite. Et qui dit consommation de carburant élevée, dit émissions de gaz à effet de serre et pollution accrue.

En fait, le succès des motorisations diesel chez nous passera par la reconnaissance de ses nombreuses qualités, et ces qualités ne se constatent souvent qu’à l’usage. Et justement, l’industrie automobile nord-américaine serait la première à en profiter, car ses énergivores VUS verraient leur image transformée par l’adoption d’une mécanique offrant beaucoup de couple, si utile pour la traction et pour le transport de charges, et une consommation réduite. On pourrait alors profiter du meilleur des deux mondes ; l’aspect pratique des VUS combiné à un respect de l’environnement accru.

Mais au fait, pourquoi est-ce plus économique ? Parce que, tout d’abord, le carburant diesel est moins raffiné et donc contient un peu plus d’énergie par unité de volume, de l’ordre de 10 %. Aussi, parce que le processus de combustion se déroule à plus haute température et que la combustion est plus efficace, plus complète. Pourquoi plus complète ? Principalement parce que le taux de compression est plus élevé. Voici une petite explication scientifique pour ceux qui ont réussi leur cours de chimie. Quand un gaz prend de l’expansion tout en poussant contre un piston, il se refroidit. L’énergie des molécules du gaz est moindre car le déplacement du piston en a absorbé une partie. Dans un diesel, il y a plus d’expansion parce que le taux de compression est plus élevé (autour de 20:1 pour les diesels, et 10:1 pour l’essence). Comme le gaz doit se détendre plus, il doit se refroidir plus, donc les gaz d’échappement d’un diesel sont plus froids que ceux d’un moteur à essence. La différence de température entre le début de la combustion et le début de la phase d’échappement donne l’efficacité du moteur. Plus grande est cette différence, plus d’énergie a alors été transférée au piston pour faire du travail, et non de la chaleur. C’est là le secret de l’efficacité du cycle diesel.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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