Édito VOL.12 ÉD.21 – NOVEMBRE 2008

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Le mot de la Rédaction :

Dans le cadre de mes fonctions, je suis évidemment amené à couvrir l’actualité automobile mondiale, et ces temps ci, les nouvelles ne sont pas bonnes. Aux États-Unis et en Europe, les nouvelles ne portent que sur des licenciements massifs, des fermetures temporaires d’usine, des baisses de ventes et de profits, ou encore sur d’hypothétiques fusions de constructeurs en difficultés. Pourtant, ici au Canada, les ventes d’automobiles neuves sont en hausses (en nombre), principalement parce que les acheteurs canadiens se sont rués sur les compactes à la suite de la hausse vertigineuse du prix de l’essence durant l’été, et que les  constructeurs ont finalement procédé à des baisses de prix de vente avec l’arrivée des modèles 2009. Par contre, la marge de profit en a pris pour son rhume, car les véhicules achetés, des modèles peu énergivores et de taille inférieure, rapportent beaucoup moins que les très lucratifs VUS de taille moyenne qui avaient la cote encore hier. Mais cette mauvaise nouvelle devrait, à moyen terme, amener les constructeurs à présenter des modèles plus efficaces sur le plan énergétique dont l’équipement sera en phase avec les nouveaux besoins des acheteurs et qui maintiendraient les marges de profit intactes. Pour cela, il faudra repenser la voiture à faible consommation, et cesser d’assimiler cette notion avec faible coût d’acquisition.

À titre d’exemple, j’ai récemment conduit deux voitures complètement différentes en taille et en vocation, mais qui m’ont fait réaliser qu’avec un coût de carburant faible, c’est l’efficacité qui fout le camp. Tout d’abord, j’ai trimballé ma petite famille dans une ballade à Québec à bord d’une nouvelle Jetta TDI 2009 : lors de l’aller, en cherchant à minimiser ma consommation de carburant, j’ai atteint les 4,2 L/100km sur 260 km d’autoroute. Nous avons roulé à la limite permise, dans une voiture compacte dont l’espace et l’équipement sont pleinement satisfaisant pour une jeune famille comme la mienne. Le week-end suivant, j’ai pris la direction opposée, toujours avec le même chargement à bord, en vue d’aller passer quelques jours à Ottawa. Pour cette occasion, je conduisais une Flex, la remplaçante de la Windstar chez Ford et qui est destinée « aux familles modernes qui ont un style de vie actif ». Même scénario : 100 km/h, pas d’accélérations inutiles, j’ai tout fait pour minimiser ma consommation. Pourtant, après 200 km d’autoroute, la Flex a requis 9,0 L/100km pour transporter ma petite famille. Évidemment, l’espace à bord était beaucoup plus vaste, j’avais aussi un rouage intégral et une troisième rangée de sièges au cas où, la capacité de traction de remorque était largement supérieure mais les performances en usage courant étaient similaires pour les deux voitures et la consommation de l’une était le double de l’autre. Le double dans les meilleures conditions, car cette proportion augmente en conditions normales (ville et route) : 5,8 pour l’une, 14,2 pour l’autre.

Il est donc possible aujourd’hui de diminuer radicalement sa consommation de carburant en choisissant des modèles peu énergivores sans trop sacrifier sur l’essentiel, à savoir confort et espace pour les passagers. Mais il y a encore du chemin à faire, car les notions de consommation de carburant et de prix d’achat sont toujours fortement associées dans la tête des acheteurs canadiens. Pourtant, si les constructeurs savent lire le marché, ils devraient proposer de véritables véhicules à vocation familiale dont la faible consommation sera un argument de vente certain, mais non le principal. Les mécaniques hybrides sont une façon d’y arriver, tout comme la motorisation diesel, mais je crois que le succès passera aussi par le fait de proposer des voitures que les gens désirent posséder pour autre chose que leur faible consommation.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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