Édito – VOL.13 ÉD.01 – JANVIER 2009

Pour partager :

Le mot de la Rédaction :

Le début de la nouvelle année est un bon moment pour prendre des résolutions, c’est bien connu, mais ce fut aussi pour moi une occasion d’exorciser quelques vieux démons. L’an dernier à pareille date, j’avais explosé le moteur de ma voiture de collection, une Audi Quattro 1983, en me rendant à mon circuit de course sur glace préféré, Mécaglisse, à Notre-Dame-de-la-Merci. J’avais par la suite entrepris une quête de grande envergure pour trouver toutes les composantes nécessaires à sa réfection.

L’opération a été complétée en juillet, mais ce n’est qu’à l’automne que la voiture a vraiment roulé un tant soit peu. C’est évidemment là que les petits problèmes ont surgi : régulateur de voltage grillé, alternateur qui pousse plus de 16 volts, et la batterie qui se transforme en bouilloire. La voiture est donc revenue de Québec sur un camion-plateau du CAA, à mon grand désarroi.

Une fois les correctifs apportés, c’est une minuscule fuite d’une durite du refroidisseur d’huile qui a fait quelques taches dans mon entrée, me forçant ainsi à chercher une solution parfaitement étanche pour le week-end de course sur glace du 11 janvier. Le fabricant états-uniens Aeroquip, bien connu des coureurs, est venu à ma rescousse avec des embouts réutilisables et de la tubulure recouverte d’acier inoxydable tressé. J’en ai profité pour constater que la réfection du moteur était parfaitement étanche, à l’exception de ces quelques gouttes désagréables.

Après une petite soirée à chercher pourquoi le démarrage par très grand froid est si difficile (l’accumulateur de pression d’essence n’est plus tout jeune et devrait certainement être remplacé) la voiture était enfin prête. Enfin le croyais-je. Dimanche matin, après 100 km de route passant par l’endroit exact où le moteur avait rendu l’âme et durant lesquels la chaleur dans l’habitacle n’était pas au niveau souhaité, nous avons finalement trouvé la cause de ce manque de calories. Une fois arrivés au circuit, un panache de fumée blanche s’est élevé par la calandre, signe d’une fuite de liquide de refroidissement. La débrouillardise étant une condition de base à la possession d’une voiture ancienne, nous avons donc trouvé la fuite, et l’avons réparé avec un canif et un tournevis. Nous avons simplement raccourci la durite de caoutchouc qui fuyait sous un collet. Il faut dire que cette durite (qui relie le radiateur principal et le radiateur auxiliaire) datait de 1982, et je ne l’avais pas remplacée car impossible à trouver ici au Canada. De plus, elle ne semblait pas en mauvais état. Erreur.

Ces petits désagréments ont tous disparu lors des premiers tours de roue de la voiture sur une piste de glace recouverte d’une fine couche de neige, par une journée magnifique : 10 degrés sous zéro, un ciel bleu immaculé, et de la neige blanche à perte de vue. L’exorcisme dont je parlais au début s’est donc complété au bout du troisième tour de piste quand j’ai finalement enfoncé l’accélérateur au plancher durant toute la grande courbe de 180 degrés, produisant ainsi un magnifique virage en dérapage digne d’un pilote de rallye. Et ce n’était que le premier. Par la suite, surtout quand il n’y avait personne à bord avec moi ni derrière qui me suivait, je pilotais (hum, hum…) vraiment bien : évidemment, je n’ai aucun témoin, comme me l’a fait remarqué, sourire en coin, un des participants. La bagnole et moi sommes donc officiellement réconciliés, la confiance est revenue, et tous les efforts consentis depuis un an sont récompensés. Et sur plusieurs plans d’ailleurs : la puissance perçue est en hausse, le couple à bas régime est moins creux, et la consommation de carburant est notablement inférieure. Je dois donc conclure que l’ancien moteur, paix à son âme, était drôlement usé et que son rendement n’était pas fameux.

Une dernière observation : à l’exception de deux voitures japonaises à conduite à droite et à quatre roues motrices (une Toyota Celica GT-Four turbo et une Nissan Pulsar GTI-R), pratiquement toutes les autres voitures étaient des Audi et des Subaru, et pas que des anciennes comme la mienne : Audi S4 à moteur V8 2006, Subaru Impreza STI 2009, une douzaine de WRX, plusieurs A4, etc. Du beau monde, comme on dit.

La prochaine session aura lieu le 1er février 2009, et je crois bien que je vais tenter le diable une fois de plus. Patiner est vraiment mon sport d’hiver préféré.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

Pour partager :