Édito – VOL.13 ÉD.02 – FÉVRIER 2009

Le mot de la Rédaction :

Le Salon de l’auto de Montréal vient tout juste de se terminer, et les données préliminaires semblent révéler que l’achalandage est en baisse, avec 185 000 visiteurs en 10 jours.

L’an dernier, 205 000 personnes s’y étaient présentées. Je laisse le soin aux analystes d’expliquer les raisons, ils le feront bien mieux que moi, pour me concentrer sur ce que j’y ai vu et qui a piqué mon intérêt.

Chez Ford, c’était un salon comme ceux des autres années : la mauvaise passe que traversent ses concurrents nord-américains ne semble pas l’affecter, au contraire.

Il y avait plusieurs véhicules nouveaux intéressants, et celui qui m’a le plus intrigué fut le Ford Transit Connect, une fourgonnette de faible taille à vocation commerciale. Avec sa gueule originale et sa mécanique frugale (4 cylindres à essence et peut-être même diesel), cette petite camionnette devrait connaître une belle carrière commerciale.

Toujours chez Ford, l’arrivée de mécaniques suralimentées sous le label « Ecoboost » promet une baisse de consommation de 20 % et des émissions polluantes réduites de 15 % ; on nous a déjà servi cet argument aux débuts des années 1980 mais les moteurs turbo d’alors n’avaient pas livré la marchandise. Je demande donc à voir. La Fusion hybride semble plus intéressante avec ses cotes de consommation de 4,6 L/100km en ville, et surtout avec la possibilité de rouler en mode électrique jusqu’à 75 km/h. Et la future Fiesta devrait bien faire chez nous, un paradis pour les amateurs de petites voitures.

Chez Audi, la grande nouvelle est l’arrivée du diesel dans le Q7, mais surtout dans la compacte A3 de prochaine génération. J’ai aussi noté que la A6, redessinée cette année, avait un nouveau moteur qui suit la tendance actuelle de combiner une réduction de cylindrée avec la suralimentation : donc, ce V6 de 3,0 litres reçoit un compresseur volumétrique et développe 290 cv. Curieusement, l’inscription sur la malle arrière indique 3.0T, même s’il n’y a pas de turbo. « Uniformité du message » m’a confié le représentant de la marque. En face, chez BMW c’est la grande berline de série 7 qui occupait le devant de la scène. Alors qu’en 2002 sa devancière affichait des lignes révolutionnaires, cette nouvelle mouture est beaucoup plus consensuelle, au point d’être trop discrète, selon moi.  Chez Jaguar, le passage sous la tutelle de Tata semble être positif puisque le développement des moteurs se poursuit (510 cv en version surcompressée), la XKR bat des records de vitesse à Bonneville pour une voiture de série, et l’élégance des hôtesses présentes rendait les voitures pratiquement invisibles.

Parlant de Tata, c’est précisément une sous-compacte Tata Indica qui servait de « mulet » de développement pour le moteur-générateur d’Hydro-Québec. 110 de ces voitures expérimentales seront en fonction en Norvège dès 2009, pour subir des tests en situation réelle.

Chez Honda, c’est la Insight de deuxième génération qui volait la vedette. D’une similitude avec la Prius à vous envoyer en procès, cette voiture tentera de combiner les mots « abordable » et « profitable », deux notions difficiles à concilier quand il s’agit de voitures hybrides. Elle devrait se vendre autour des 20 000 $ aux États-Unis. Le prix canadien sera dévoilé, devinez quand ? Le 22 avril, soit le Jour de la Terre, rien de moins. Chez Nissan, même si la nouvelle 370Z était bien présente, c’est la mignonne Cube qui attirait tous les regards. Disponible au printemps, elle fera un malheur avec sa bouille sympathique et son équipement relevé. D’une allure très similaire (mais pas question de procès pour plagiat ici) la Kia Soul fera son apparition dans les concessions dès le mois de février. Elle n’aura aucun mal à faire oublier ses devancières et devrait profiter de l’engouement récent des consommateurs pour les voitures typées.

Chez Mazda, c’est évidemment la nouvelle 3 qui attirait l’attention, surtout qu’elle était présentée chez nous avant les USA et le Japon, preuve de l’importance du marché canadien pour Mazda. Refondue plutôt que redessinée, la nouvelle est toutefois offerte au même prix qu’en 2003. Si 2009 est une année tranquille chez VW, il n’y a que le Touareg TDI de neuf, c’est que c’est le calme avant a tempête : une nouvelle grande berline fabriquée au Tennessee arrivera dans 18 mois, la Golf IV remplacera la Rabbit (et conservera son nom, plus universel), la Jetta sera élaborée sur une autre plateforme différente de celle de la Golf, et tout ce beau monde aura droit à des versions diesel.

Finalement, même si le stand était relativement modeste, GM révélait qu’elle lancera 24 nouveaux modèles d’ici 2012 et qu’elle ne vise rien de moins que la meilleure consommation de carburant dans toutes les catégories où elle est présente. Ambitieux projet. Chrysler, de son côté, jouait la carte de la discrétion absolue : quelques voitures étaient présentes, bien espacées sur un triste tapis trop gris, et seule une affiche portant un message du président agrémentait le stand.

Voir ces deux symboles avec un genou à terre me rend triste, mais je m’interroge : comment des entreprises qui ont vendu 8,4 millions (GM) et 1,4 million (Chrysler) de véhicules en 2008 peuvent-elle être dans une si mauvaise situation ? J’imagine que c’est une question de gestion, car 10 millions de personnes ne peuvent se tromper toutes en même temps.


Le Blog Auto

Rédacteur en Chef – autoExpert Le Guide

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