Édito – VOL.13 ÉD.08 – AVRIL 2009

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Le mot de la Rédaction :

Bientôt, j’en serai à ma 100e nouvelle voiture essayée, en moins de deux années. Beaucoup de gens, même au cours d’une vie complète, n’atteindront pas ce nombre. Si cette pléthore de nouvelles voitures, toutes plus rutilantes les unes que les autres, peut sembler intéressante, l’inconvénient vient du fait de la banalisation. En effet, à chaque semaine, généralement le lundi avant midi, les chroniqueurs automobiles prennent possession pour sept jours d’une nouvelle venue. Et à part certaines voitures exceptionnelles, bien peu d’entre elles réussissent désormais à faire grimper nos pulsations cardiaques. Pour faire une analogie boiteuse, on est dans la peau d’un anthropologue qui étudie la fréquence du sommeil chez les nordaméricains, et non dans celle de celui qui vient de découvrir le chainon manquant entre le singe et l’homme. C’est qu’après tout, ce ne sont pas des voitures de courses destinées à un usage récréatif, pensons aux Ferrari des années 50, ni d’artisanales oeuvres d’art comme le furent les Morgan, Aston-Martin et autres Facel-Vega, ce ne sont que des moyens de transport de grande production. Et nous ne les avons pas choisis, commandés, attendus, comme les véritables acheteurs le font, ce qui fait que notre intérêt est professionnel, et non passionnel.

Néanmoins, de temps à autres, quelques perles font surface. Souvent, ce sont des voitures bien ordinaires dont les qualités intrinsèques ne sont pas absolument visibles à première vue. Par exemple, la petite et très abordable Versa de Nissan m’a laissé une très bonne impression, la Ford Mustang aussi, tout comme le Ford Flex. Ces trois voitures ont l’immense avantage d’être bien conçues à la base, avec un cahier des charges bien précis : faible coût pour l’une, sport à l’ancienne pour l’autre, confort et convivialité pour six personnes pour la troisième. En fait, ces trois exemples illustrent bien comment il peut être bénéfique de sacrifier quelques avantages hypothétiques pour se concentrer sur certains points importants. On ne peut tout avoir, c’est évident.

À l’opposé, à vouloir courir trop de lièvres à la fois, on s’égare. Prenez l’exemple des véhicules utilitaires sport de grand format : Tahoe, Expedition, Sequoia, Armada. Ce sont certainement de costauds compagnons de travail, capables de tracter un yacht de 12m hors de l’eau à chaque automne, en plus de transporter 7 personnes et leurs cadeaux durant les fêtes, mais à part à ces moments précis, à quoi servent-ils ? Généralement, leur conducteur est seul à bord, leur rouage intégral est inutile sur chaussée sèche, et leur puissant moteur est à peine sollicité dans le trafic matinal. À vouloir être tout et son contraire, ces VUS en deviennent le symbole de l’accumulation d’équipements disparates, et s’éloignent de leur but initial : transporter des gens sur des routes non pavées. Il est fort probable que ce genre de VUS en soit à son chant du cygne comme véhicule de transport personnel.

Ce que l’on voit apparaitre ces temps-ci, ce sont des voitures compactes et sous-compactes qui ne se gênent pas pour s’habiller de beaux atours. VW l’a tenté il y a quelques années avec des versions GLX des Jetta et Golf (aujourd’hui disparues), et maintenant c’est au tour de Mazda, Mitsubishi et Toyota de s’y essayer. On voit apparaître des versions très bien équipées des Mazda3, Mitsubishi Lancer et Toyota Corolla. Sellerie en cuir, climatisation régulée, phares à décharge, sonar de recul, les petites jouent les grandes. Même la minuscule Yaris offre désormais un système de navigation intégré à son autoradio, c’est dire.

Par contre, s’il est une chose que ces compactes n’ont pas à revendre, c’est du volume intérieur, surtout à l’arrière. Elles ne sont donc pas vraiment destinées aux jeunes familles dont les enfants en sont encore aux sièges d’enfants. Pour ces familles, la solution idéale est encore la minifourgonnette traditionnelle, traction avant et portes latérales coulissantes, parce qu’abordable et offrant un grand volume. Ou encore, un VUS compact à empattement long, comme le duo Dodge Journey/Mitsubishi Outlander, une autre bonne surprise de cette année. On devrait en voir d’autres bientôt.

Bon, maintenant que la première centaine est atteinte, j’aimerais bien couvrir un peu plus large : certains constructeurs refusent toujours de me laisser conduire leurs produits, mais je ne désespère pas. Et qui sait, un jour peut-être recevrai-je un appel de Lotus ou Bentley, Ferrari ou Aston-Martin, qui me demandera gentiment si je désire parler d’une de leurs réalisations. J’espère bien être amené à réviser mon jugement sur « les simples moyens de transport » : je veux encore rêver.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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