Édito – VOL.13 ÉD.10 – MAI 2009

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Le mot de la Rédaction :

Durant les dernières semaines, j’ai eu le loisir de conduire des véhicules dont l’équipement ultramoderne m’a fait réaliser que le pilotage automatique sur autoroute n’était peut-être pas très loin de la réalité.

Oui, oui, on y est presque. Il suffit de trouver une façon de faire fonctionner tous les systèmes dans un même but, et ce sera une réalité à moyen terme, selon moi. Voyons chaque système dans le détail.

Premièrement, les systèmes de navigation par GPS modernes permettent de situer la voiture sur la planète, et de savoir où le conducteur désire se rendre par l’adresse de destination.

Ces systèmes sont très précis et fonctionnent même dans les tunnels car ils estiment la position réelle en se servant de la vitesse et de l’orientation perçue par une bonne vieille boussole magnétique. Celle-ci  fonctionne même sous terre.

Deuxièmement, les nouvelles caméras d’avertissement de changement de voie situées dans le pare-brise permettent de savoir si la voiture est effectivement bien centrée entre les lignes, une façon de raffiner le positionnement grossier (quelques mètres) qu’offre le GPS.

La caméra du pare-brise est généralement associée à un système d’avertissement par vibration (comme celui de votre téléphone portable) pour prévenir l’endormissement au volant, mais rien n’empêche de prendre son signal pour diriger la voiture.

BMW propose déjà une direction active où un moteur électrique vient aider le conducteur à se sortir d’un mauvais pas en corrigeant la trajectoire pour lui. Lexus et Volkswagen offrent aussi des systèmes automatisés de stationnement sans intervention humaine, où la direction est autonome. Tout cela existe déjà. Infiniti fait encore mieux avec quatre caméras qui observent le pourtour de la voiture et pourraient ainsi encore raffiner le placement de la voiture sur la route.

Sur la route toutefois, il n’y a pas que les lignes à suivre, il y a aussi les autres usagers. Pour éviter ceux-ci automatiquement, il suffit de se servir des régulateurs de vitesse à sonar. Ceux-ci peuvent conserver une distance constante avec le véhicule qui précède grâce à un véritable sonar situé dans la calandre. Donc, notre voiture automatisée pourrait effectivement suivre un autre véhicule à une distance sécuritaire, tout en étant centrée entre les lignes sur la chaussée. Mieux, Volvo propose depuis peu une évolution de ce système qui permet désormais de ralentir et même d’arrêter la voiture si celle-ci se dirige sur un obstacle en face d’elle. Le système utilise le sonar et la pompe hydraulique du système de freinage ABS pour actionner les freins sans l’intervention du conducteur. Pour rajouter une couche de sécurité, certains véhicules actuels envoient même des signaux (je pense à Onstar) et il suffirait que ce signal  soit perceptible par les autres pour « mettre en réseau » toutes les voitures d’un secteur donné. Encore une fois, tous ces systèmes existent déjà sur de nombreux modèles. Aussi, les petits capteurs de proximité qui sont dans les pare-chocs et qui signalent que l’on s’approche d’un obstacle sont aussi mis à contribution dans les nouveaux systèmes de surveillance des angles morts : encore un autre système qui pourrait être intégré au pilotage automatique.

Finalement, Opel propose depuis peu un système de reconnaissance des panneaux de signalisation routière en vue de les afficher sur le tableau de bord et ainsi rappeler au conducteur les limites de vitesse, les intersections, les zones à risques, etc. Si la caméra les reconnaît, rien n’empêche de les inclure dans le système de pilotage automatique pour compléter les informations qui sont nécessaires au respect des règles de sécurité routière. Bonus non négligeable, plus d’infractions et plus d’amendes pour vitesse excessive.

C’est fascinant, n'est-ce pas ? Tout ce qui manque, c’est un calculateur assez puissant pour tenir compte de toutes ces informations, et le tour est joué. En fait, ce calculateur existe probablement déjà, c’est plutôt la programmation du système qui est le vrai noeud du problème : comment créer un programme assez léger pour qu’il soit suffisamment rapide mais qui tienne compte de tous les cas de figure ? Et surtout, un programme qui est suffisamment bien ficelé pour ne pas rendre la conduite désagréable pour les passagers en freinant pour rien ou en surcorrigeant les écarts. C’est que l’être humain est très sensible aux moindres variations de vitesse et de direction : c’est là le plus grand défi, selon moi, rendre le pilote automatique meilleur qu’un bon chauffeur. Parce que vous vous en doutez, tous ces systèmes ne sont pas donnés, et ce sont les voitures de grand luxe qui seront les premières à les proposer.

Ce qui il n’y a pas si longtemps n’était qu’une utopie, est donc en voie de devenir réalité. Et je ne voie pas cela d’un mauvais oeil, parce que la conduite sur autoroute est si soporifique et dénuée d’intérêt que quelquefois j’aimerais bien m’asseoir en arrière avec les enfants et regarder « Bagnoles », ou piquer un petit roupillon, ou grignoter un peu, ou même retravailler mes textes, pendant que la voiture se dirige allégement vers sa destination, bien surveillée par tous ces capteurs et systèmes. Après tout, les avions, les bateaux et les trains le font déjà.

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