Édito – VOL.13 ÉD.11 – JUIN 2009

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Le mot de la Rédaction :

Vous souvenez-vous de Sophie, ma voiture du lundi ? Pour ceux qui n’ont pas suivi, Sophie est une vieille Mazda de 1992, destinée à la casse, que j’ai achetée pour m’aider dans mes courts déplacements le lundi matin quand je change de voiture de presse.

J’estimais qu’à une vingtaine de kilomètres par semaine, elle coulerait une retraite tranquille bien entourée de voitures toutes jeunes, dans les cours de concessions où je vais me procurer celles qui font la une de ce magazine.

Et bien, il semble qu’elle ne soit pas aussi docile et fiable que je l’imaginais. Lors de sa première assignation, dans une concession de l’ouest de l’île, on m’a demandé d’aller la garer bien loin au fond de la cour, pour ne pas nuire aux allées et venues. En fait, l’emplacement qui lui a été dévolu était situé tout à côté du conteneur à déchets… Mauvaise idée, surtout pour une vieille dame…

J’imagine qu’elle l’a mal pris, qu’elle s’est imaginé que c’était un affront innommable, qu’elle n’avait pas atteint 300 000 km pour avoir vue sur une poubelle immense qui dégage des odeurs pestilentielles, ou quelque chose du genre, parce qu’à mon retour la semaine suivante, Sophie m’a explosé une canalisation de liquide de frein à la première pression sur la pédale, tout juste à la sortie de la concession. J’ai pu rouler un peu, jusqu’à ce que la fuite vide le réservoir de liquide de frein, et par le fait même, élimine 80 % de la puissance de freinage. Embêté mais débrouillard, je me suis rendu tranquillement à pied dans un magasin à grande surface tout proche pour me procurer une pince-étau, et un litre de liquide de frein. Une fois la fuite pincée, j’ai rajouté suffisamment de liquide pour éteindre le témoin du tableau de bord. J’avais alors récupéré un peu de puissance de freinage, assez pour me rendre chercher mon autre voiture d’essai située tout près. Mais durant le trajet, une autre lampe témoin s’est fait voir au tableau de bord : alternateur foutu. Peut-être que le liquide de frein a arrosé l’alternateur situé non loin, et a fait griller l’appareil ? Ce n’était visiblement pas ma journée. Ni celle de Sophie, d’ailleurs. Je l’ai donc fait remorquer chez moi, en attendant de décider de son sort.

Finalement, alors que je croyais que ce serait mes voitures personnelles qui joueraient les précieuses, c’est la p’tite nouvelle qui fait des siennes. Peut-être est-elle suicidaire ? Peut-être désirait-elle vraiment aller à la casse se faire démanteler pour mieux renaître sous une forme plus noble ? Peut-être ai-je contrecarré ses plans d’euthanasie alors qu’elle avait passé un pacte avec sa précédente propriétaire en lui promettant fiabilité en échange d’une fin rapide et sans douleur ? En m’allumant deux témoins en moins d’une demi-heure, elle a de bonnes chances de voir son nouveau contrat se terminer dans les prochaines heures. Surtout que le programme Adieu-bazou est toujours en fonction, et que les 300 $ seront récupérés rapidement. L’avenir est sombre pour Sophie…

Mais si Sophie devait aller rejoindre la piste de course de ses ancêtres, quelque part dans le ciel, alors je serai de retour à la case départ : il me faudra trouver une autre partenaire. En fait, c’est exactement une Tata Nano dont j’aurais besoin : un moyen de transport minimaliste, un scooter avec quatre roues et une carrosserie en quelque sorte. Ce qui s’en approche le plus, et qui est disponible chez nous, ce sont les petites Geo Metro des années 1990 : simples, légères, frugales, elles avaient une bonne réputation de fiabilité, ce qui n’est pas difficile vu le peu de systèmes et équipements qui pouvaient faire défaut.

En fait, seuls deux éléments manquaient régulièrement ; le collecteur d’échappement et les freins. La faute en incombait au faible kilométrage bien souvent, car c’était la corrosion de ces éléments qui causait les problèmes, et non un défaut de conception. Rien pour l’empêcher de rouler, toutefois, car un échappement bruyant est rarement sanctionné à Montréal, et que des freins rouillés broutent un peu mais freinent tout de même. En plus, comme elle était fabriquée au Canada, si je m’en procurais une, je ferais un geste patriotique qui démontrerait la solidité des voitures canadiennes sous notre climat, en plus de donner un coup de pouce à GM qui en a bien besoin ces temps-ci.

Vous n’en auriez pas une sous la main, justement ? Je la préfère en trois portes, à boîte manuelle, de préférence de couleur sombre. Oh, aussi, pas de témoin lumineux d’allumé, j’en ai eu ma dose récemment…

Le Blog Auto

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2 thoughts on “Édito – VOL.13 ÉD.11 – JUIN 2009

  • 8 juin 2009 à 21 h 49 min
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    En manque d’inspiration?
    Mr Richard,
    Il est plus que rare que je lise des chroniques ou des billets et que cela me donne l’envie d’y donner suite mais une fois n’est pas coutume… Je viens de lire votre billet et je suis carrèment consterné. Comment un rédacteur en chef d’une revue sérieuse peut-il écrire quelquechose d’aussi pathétique? Vous êtes un chroniqueur d’auto, donc normalement  »un tripeux de char », qui a la chance de pouvoir rouler GRATUITEMENT avec une nouvelle auto à chaque semaine (ou presque). Et vous vous vantez de rouler dans une Mazda 1992 alors qu’il est reconnu que les véhicules de plus de 11 ans, en raison de l’avancé de la technologie dans le domaine automobile, sont extrêmement polluant comparé aux automobiles récentes. Il y a près de 1 million de ces véhicules au Québec selon la SAAQ. A votre place je ne serais pas fier de rouler en minoune. En plus de quémander une remplaçante à Sophie, vous poussez le culot jusqu’à demander que votre futur Bazou n’ai pas de  »check engine » allumé. Vous me faites pitié, j’ai presque envie de verser une larme et de partir une collecte afin de vous financer un véhicule décent (récent?… ais-je fais une faute de frappe???)…
    Si vous voulez vraimment faire un geste vert et durable à la fois, prenez donc les transports en commun pour aller prendre livraison de votre char gratis. Vous pourriez aussi envisager Bixi, Communauto ou encore le taxi (qui doivent avoir 10 ans et moins). Ce sont des solutions qui encouragent les emplois, l’économie et la réduction des gaz à effet de serre. Vous pourriez aussi utiliser votre billet pour encourager l’importation des véhicules Européens, diesel ou non, qui ont depuis longtemps prouvé leurs rendements énergétiques et leurs faibles consommations, ce qui inciterait les fabriquants Nord Américain à réviser leur vision du véhicule du futur. Plus petit, moins énergivores, moins polluants, plus recyclables, etc.. Ou encore, pour satisfaire votre élan patriotique, qui a l’air plus littéraire que basé sur de réelles valeurs, pourquoi ne pas faire l’achat d’un véhicule GM neuf, fabriqué au Canada et d’en faire les paiements mensuels que vous pouvez certainement vous vous permettre?

    A moins que vous ayez eu une panne d’inspiration pour votre billet…????
    Ce qui en expliquerait son côté déplacé et radin…(ou l’inverse)

    Signé:

    Le-gars-qui-posséde-un-char-dont-les-témoins-s’allument-mais-qui-aimerait-bien-le-changer-mais-qui-n’a-pas-vraiment-le-choix-de-le-garder-et-qui-n’a-pas-non-plus-la chance-d’avoir-un-char-gratis-toutes-les-semaines…

    P.S: Est-ce qu’ils vous prêtent les autos avec le réservoir vide?
    P.P.S: Chacun son opinion…

  • 9 juin 2009 à 11 h 53 min
    Permalink

    Bonjour Didier,

    Voyez mes commentaires insérés dans votre message :

    « En manque d’inspiration?« 

    Ca arrive en effet, ce sont les aléas du métier.

    « Il est plus que rare que je lise des chroniques ou des billets et que cela me donne l’envie d’y donner suite mais une fois n’est pas coutume… Je viens de lire votre billet et je suis carrèment consterné. Comment un rédacteur en chef d’une revue sérieuse peut-il écrire quelquechose d’aussi pathétique? Vous êtes un chroniqueur d’auto, donc normalement  »un tripeux de char », qui a la chance de pouvoir rouler GRATUITEMENT avec une nouvelle auto à chaque semaine (ou presque).« 

    Je possède deux autres voitures à part Sophie : une Audi Quattro 1983 et une Saab 9-5 2001. Je fais ma part pour égayer le paysage automobile montréalais, je pense. Et je fais toutes mes réparations moi-même, allant du remplacement du moteur de l’une à la climatisation de l’autre. J’ai déjà longuement élaboré sur ces sujets dans de précédents billets. Ils sont disponibles sur ce blog.

    « vous vous vantez de rouler dans une Mazda 1992 alors qu’il est reconnu que les véhicules de plus de 11 ans, en raison de l’avancé de la technologie dans le domaine automobile, sont extrêmement polluant comparé aux automobiles récentes. Il y a près de 1 million de ces véhicules au Québec selon la SAAQ. A votre place je ne serais pas fier de rouler en minoune.« 

    Ma minoune, comme vous dites, ne fera que quelques dizaines de kilomètres par semaine, ce qui représente 2 ou 3 litres d’essence au maximum. Les émissions sont donc minimes, même si cette voiture n’est pas de la dernière jeunesse. Vous roulez combien de kilomètres au volant de votre-voiture-dont-tous-les-voyants-sont-allumés ?

    « En plus de quémander une remplaçante à Sophie, vous poussez le culot jusqu’à demander que votre futur Bazou n’ai pas de  »check engine » allumé. Vous me faites pitié, j’ai presque envie de verser une larme et de partir une collecte afin de vous financer un véhicule décent (récent?… ais-je fais une faute de frappe???)…« 

    Je ne quémande pas; j’ai demandé, humoristiquement, une Geo Metro que je suis prêt à acheter à sa juste valeur, évidemment. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec Sophie : je l’ai achetée. Mais si vous faites une collecte, alors je dis pas non.

    « Si vous voulez vraimment faire un geste vert et durable à la fois, prenez donc les transports en commun pour aller prendre livraison de votre char gratis. Vous pourriez aussi  envisager Bixi, Communauto ou encore le taxi (qui doivent avoir 10 ans et moins). Ce sont des solutions qui encouragent les emplois, l’économie et la réduction des gaz à effet de serre.« 

    Les emplacements où il faut se rendre sont souvent situés assez loin les uns des autres pour empêcher l’emploi du vélo (Kirkland-St-Bruno, ca vous tente dans le trafic du lundi matin ?). Et les voitures de presse sont rarement équipées d’un support à vélo. J’ai aussi mon Tour de l’ile 2009 dans les jambes, 58 kilomètres avec une remorque pour enfant. L’avez-vous fait ?

    Communauto implique que j’aie avec moi un deuxième conducteur pour ramener la voiture vers un point d’attache, ce que je tente d’éviter car je veux travailler solo.

    Le taxi, je l’emploie de temps à autres, mais le coût des trajets s’accumulent vite. Mais c’est probablement la solution la moins chère au total, je suis assez d’accord avec vous. Je dis pas non.

    « Vous pourriez aussi utiliser votre billet pour encourager l’importation des véhicules Européens, diesel ou non, qui ont depuis longtemps prouvé leurs rendements énergétiques et leurs faibles consommations, ce qui inciterait les fabriquants Nord Américain à réviser leur vision du véhicule du futur. Plus petit, moins énergivores, moins polluants, plus recyclables, etc…« 

    Toujours dans mes précédents billets, j’ai fais l’apologie des petits diesels européens à plusieurs reprises, de même que j’ai questionné la pertinence de rouler solo en immense VUS.

    « Ou encore, pour satisfaire votre élan patriotique, qui a l’air plus littéraire que basé sur de réelles valeurs, pourquoi ne pas faire l’achat d’un véhicule GM neuf, fabriqué au Canada et d’en faire les paiements mensuels que vous pouvez certainement vous vous permettre?« 

    D’accord, je vais me procurer une Honda Civic 2009, made in Alliston, Ontario, pour 17 000$. Les GM de fabrication canadiennes sont toutes beaucoup plus chères. Avec les taxes, la préparation, ca nous fait autour de 20 000$. Je vais rouler cette année avec cette voiture, allons soyons généreux, 2500 km au total (50 km par semaine, 50 semaines par année). Si je la paye en 4 ans, ce sont des mensualités de 450$ par mois, soit plus de 110$ par semaine. Pour une voiture que je n’utiliserai que 1 heure par semaine. Où, au coût par kilomètre, c’est au-dessus de 2$ par kilomètre. Ce n’est pas très réaliste…

    « Signé:
    Le-gars-qui-posséde-un-char-dont-les-témoins-s’allument-mais-qui-aimerait-bien-le-changer-mais-qui-n’a-pas-vraiment-le-choix-de-le-garder-et-qui-n’a-pas-non-plus-la-chance-d’avoir-un-char-gratis-toutes-les-semaines..« 

    J’aime bien votre nom, mais ce ne doit pas être facile à entrer dans les petites cases du rapport d’impôt…

    « P.S: Est-ce qu’ils vous prêtent les autos avec le réservoir vide?« 

    Le réservoir des voitures est toujours plein d’essence, et nous les ramenons pleins aussi. L’essence est à mes frais, je signale, même quand je vais me balader en vue de préparer un article, comme j’ai fait hier au volant de la Challenger. Un demi réservoir seulement pour avoir quelque chose d’intéressant à écrire.

    « P.P.S: Chacun son opinion…« 

    C’est bien ce que je me dis. Mais c’est agréable de constater que vos questions me forcent à réfléchir, et confirment ma décision de me procurer une remplaçante pour Sophie. Là où vous avez raison, c’est qu’il me faut une voiture plus intéressante que cette pauvre Mazda, image de marque oblige. Je m’attelle à la tâche de suite.

    À suivre…

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