Édito – VOL.13 ÉD.20 – OCTOBRE 2009

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Le mot de la Rédaction :

On entend souvent des gens dire que les voitures américaines d’autrefois, celles des années 1950 à 1975, étaient plus solides et qu’il est préférable de se retrouver au volant d’un tel mastodonte en cas d’accident. Comme une image vaut mille mots, l’IIHS (l’institut de recherche en assurance pour la sécurité routière, un organisme indépendant des constructeurs financé par les assureurs) vient de diffuser une vidéo montrant les progrès effectués en sécurité passive depuis 50 ans. Il faut dire que l’IIHS a été fondé précisément il y a 50 ans, en 1959, aux États-Unis.

Dans cette vidéo disponible sur YouTube (utilisez le mot-clef : joMK1WZjP7g), deux voitures Chevrolet à vocation similaire, une Malibu 2009 et une Bel Air 1959, foncent l’une vers l’autre à vitesse moyenne et entrent en collision frontale décalée. Les images sont absolument saisissantes : la grande voiture des années 1950 est complètement démolie et son conducteur aurait eu une bonne demi-douzaine de raisons de mourir : il est empalé par le volant, coincé entre le tableau de bord et le siège, les jambes broyées par le plancher, le cou cassé par l’absence d’appuie-tête et l’intrusion du toit, et il n’avait même pas droit à une simple ceinture de sécurité ventrale, encore moins à un coussin gonflable. Les conducteurs des voitures de cette époque n’avaient aucune chance, et même si la perception populaire est encore que « c’était plus solide dans le temps », ce n’est absolument pas vrai. La tôle était plus épaisse, oui, la masse était plus perceptible, c’est certain, mais les voitures n’étaient pas plus sécuritaires en cas de collision. Il y avait donc une fausse impression de solidité.

La Malibu qui lui faisait (littéralement) face est relativement peu amochée et les mesures prises lors de la simulation montrent que le mannequin aurait peut-être subit des blessures mineures aux pieds, mais probablement rien à la tête ni aux corps. Toute une différence : le conducteur aurait survécu facilement, et serait fonctionnel rapidement par la suite. Comment est-ce possible, alors que la voiture moderne est dotée d’un pare-choc avant en plastique et en mousse, que la tôle est si mince qu’elle se plie de rien et que la distance qui sépare son conducteur du point d’impact est moins longue que dans le cas de la Bel Air ? C’est que nos voitures contemporaines sont aptes à dévier l’énergie d’un crash loin des passagers en se servant de toute la structure existante : plancher, châssis, train-moteur, éléments de suspension, même la roue avant joue un rôle d’amortisseur et de déflecteur en venant s’imbriquer entre l’objet en collision et le pilier de porte. En plus, le volant reste bien en place, des coussins gonflables sont déployés instantanément et les passagers sont fermement retenus par leur ceinture qui se tend automatiquement.

Cela, c’est après que la collision ait eu lieu et qu’il faille sauver les meubles, si je peux dire, en minimisant les blessures corporelles. Mais avant même qu’elle ait eu lieu, la Malibu aurait probablement su l’éviter grâce à ses freins puissants qui profitent bien des avancées dans le domaine des pneus. Mieux, l’antiblocage des freins aurait permis de conserver un peu de pouvoir directionnel, même si le conducteur affolé, voyant ce mastodonte remplir son champ de vision, avait enfoncé la pédale de frein au plancher. Sinon, le conducteur aurait probablement donné par réflexe un grand coup de volant pour éviter le face à face, et l’antidérapage aurait alors aidé la voiture dans sa manoeuvre en appliquant les freins sélectivement. Il n’y a donc pas seulement sur le plan de la solidité que les voitures modernes sont meilleures, mais aussi sur le plan de la dynamique de conduite. Il n’y a pas photo.

Mais alors, pourquoi faut-il encore convaincre les irréductibles que les voitures lourdes et malhabiles du passé sont de véritables cercueils sur roues ? J’imagine que c’est une question de perception. À notre échelle humaine, une aile de Chevrolet Bel Air 1959 peut sembler plus solide que celle de la Malibu 2009, mais dans les faits, ce n’est pas l’aile qui absorbera l’énergie d’un crash, c’est la structure dessous. Et cette structure est conçue et fabriquée avec des techniques et des matériaux qui n’existaient même pas il y a 50 ans. Récemment, j’ai voulu percer un tout petit trou dans le longeron de châssis avant d’une voiture pour installer un accessoire. Malgré tout mes efforts, je n’ai jamais réussi à le faire, même avec les excellentes mèches toutes neuves que je venais de me procurer. Le métal était simplement trop dur. J’ai alors déplacé ma perceuse de quelques centimètres, dans une partie métallique qui n’était pas structurelle, et hop !, quelques secondes plus tard mon trou était fait. Pourtant, à l’oeil, les deux longerons étaient identiques et peints de la même couleur, mais ils n’étaient certainement pas faits du même métal. C’est ce genre de métal qui compose les voitures modernes là où ca compte, et c’est ce qui permet à nos voitures modernes de résister beaucoup mieux aux collisions en général. Alors, qui osera encore dire que c’était mieux dans le temps devra me le prouver ; moi j’en suis persuadé.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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2 thoughts on “Édito – VOL.13 ÉD.20 – OCTOBRE 2009

  • 14 novembre 2009 à 9 h 09 min
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    RE: Vol 13 Éd. 22 – Novembre 2009
    Rien à dire sur le contenu mais de grâce, surveillez la mise en page:
    Page 9: caractères trop petits
    Page 10: texte quasi illisible à cause du fond

    Et dans la chronique « Me reconnaissez-vous », c’est une Cougar ou une Thunderbird

    Merci et félicitations

  • 17 novembre 2009 à 11 h 42 min
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    Merci de vos commentaires, on fera attention dans le futur à ce que soit mieux ficelé. J’imagine que vous parliez de l’édition papier ?

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