Edito – VOL.14 ÉD.02 – JANVIER 2010

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Le mot de la Rédaction

Le salon de l’auto de Montréal 2010 est maintenant chose du passé, et voici ce qui a retenu mon attention lors de cette édition plutôt intéressante. En effet, après la morosité des dernières années, il soufflait un vent d’optimisme au palais des congrès. Tout d’abord, le groupe industriel français Bolloré, après avoir annoncé cet automne la fabrication de ses batteries à Boucherville, montrait sa petite et jolie Bluecar, une voiture 100 % électrique. Loin de la voiturette de golf, la Bluecar se veut une alternative à la voiture à essence d’usage urbain. On est encore loin de la commercialisation, encore une année pour les premières livraisons en Europe, et on ne sait rien de la faisabilité chez nous, mais si les chiffres annoncés sont réels, ce pourrait être intéressant. En effet, la voiture pourrait être louée là-bas pour autour de 330 euros par mois, minimum 3 mois. Évidemment, si on convertit en dollars canadiens, cela représente une jolie somme (500 $), mais pour ces 330 euros, là-bas, c’est une voiture normale de la taille d’une Golf qu’on peut se procurer. Mieux, dans un pays où le prix du carburant dépasse les 2 $ du litre, la Bluecar avec sa consommation de 1 euro par jour en électricité jouit d’un avantage majeur : en effet, le Français moyen dépense entre 6 et 15 euros par jour en carburant (de 10$ à 22$). Bon, tout cela n’est qu’hypothétique pour le moment, mais on estime que 90 % du chemin est parcouru avant la première vague d’immatriculations de voitures électriques.

L’autre nouveauté intéressante de ce salon, c’est l’arrivée l’automne prochain des petites Mazda2 et Ford Fiesta. Ces sous-compactes sont des cousines éloignées, partageant une même architecture, mais les mécaniques sont spécifiques à chacune, tout comme le dessin de la carrosserie. La première sera disponible seulement en version à 5 portières, alors que la petite Ford offrira aussi une version berline. Et elles offriront, enfin, un niveau d’équipement relevé, digne de voitures des catégories supérieures. C’est que le marché canadien, et en premier lieu le marché québécois, est friand de petites voitures (les Québécois achètent la moitié des sous-compactes au pays), mais ils désirent tout de même avoir accès aux dernières évolutions automobiles. Tant mieux, c’est un pas dans la bonne direction : espérons seulement que les Américains les achètent, ces voitures, car sans eux, elles ne feront que passer.

Chez GM, la compacte Chevrolet Cruze était la vedette. Remplaçante de la Cobalt, que personne ne regrettera, elle aussi devrait apporter un peu de raffinement dans ce marché si important chez nous. Par exemple, les deux boîtes de vitesse offertes ont six rapports, il y aura un moteur turbo, elle aura pas moins de 10 coussins gonflables, un éventail complet d’aide à la conduite (ESP, ABS, TCS, EPAS) et des technologies modernes dans l’habitacle (Bluetooth, USB, navigation par GPS). Et si on se fie à l’histoire de la marque, elle devrait aussi être offerte à des prix défiant toute concurrence. Mais, ayant déjà vu neiger, je demande à voir sur la route si toutes ces belles paroles se traduisent en quelque chose d’agréable à conduire. Pas que j’en doute réellement, vu que la Cruze est déjà en vente ailleurs et les premiers échos sont sympathiques.

Autre nouvelle sur le front des petites voitures, l’arrivée de la marque Scion, une troisième pour le géant Toyota. Les trois modèles présents au salon de Montréal, qui seront ceux offerts lors du lancement de la marque en septembre 2010, sont le coupé tC la cubique xB et l’étrange xD. Elles ne révolutionneront rien sur le plan technique car elles sont dérivées des plateformes de la Yaris (xD) et de la Corolla/Matrix (xB) ou encore de leur cousine de fabrication européenne, la Toyota Avensis (tC). Non, selon moi, Scion fera sa marque quand elle proposera la petite iQ, cette révolutionnaire mais minuscule Toyota de la taille d’une smart. Cette voiture ne viendra chez nous que l’année prochaine, à l’automne 2011, mais elle sera certainement aussi médiatiquement valable que, justement, la smart ou la MINI Cooper. En plus, techniquement, c’est une merveille : toute sa conception est nouvelle, du réservoir d’essence au système de chauffage, de la crémaillère au différentiel. Avec des cotes de consommation de l’ordre de 4,3 l/100km et une bouille sympathique, elle fera un malheur.

Suzuki, ce spécialiste de la petite voiture, c’est même l’un des leaders mondiaux, présentait (enfin !) une berline de taille un peu plus imposante, la Kizashi. Joliment dessinée et proposant un haut niveau d’équipement de série (traction intégrale, climatisation régulée, sellerie en cuir), elle devrait tout de même être relativement abordable car son prix d’appel demeurera sous les 30 000 $. C’est une excellente nouvelle pour ce constructeur qui jouissait autrefois d’un bon capital de sympathie chez nous, mais qui a été malmené récemment par son partenariat avec GM.

Finalement, Mitsubishi présentait sa iMiev, une voiture 100 % électrique, et dont 50 exemplaires seront mis en circulation l’automne prochain dans une banlieue de la rive sud du fleuve, en face de Montréal. Cela permettra à Hydro-Québec, par le biais d’un partenariat technique avec le constructeur japonais, de mesurer les difficultés réelles en ce qui concerne l’usage d’un véhicule électrique au Québec. Si les valeurs avancées par M. Vandal, PDG d’Hydro, sont réalistes, alors rouler à l’électricité coûterait 7 fois moins cher (en énergie seulement) que rouler aux hydrocarbures. Si ces valeurs sont valables en situation normale (en été), j’ai bien hâte de voir comment cela sera influencé par les basses températures, quand on sait que le chauffage d’une voiture à pétrole est gratuit, et qu’il faudra brûler de précieux kilowatts pour chauffer l’habitacle de la iMiev et de ses semblables.

Bon, dans l’ensemble, 2010 semble partir du bon pied. Mais, comme je le disais dans la dernière édition, souvenons-nous de 1970 : l’année était intéressante, mais la décennie qui suivit fut catastrophique sur le plan automobile. Si cette année est représentative du futur, alors, Dieu merci, on n’aura pas à revivre cette pénible période.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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