Edito – VOL.14 ÉD.24 – JANVIER 2010

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Le mot de la Rédaction

En ce début janvier, pour la 42e fois, se tiendra le Salon de l’auto de Montréal. Au même moment, un peu plus au sud, dans le Michigan, se tiendra aussi le Salon de Detroit. Celui-ci existe depuis 1907, mais n’a le statut de rencontre internationale que depuis 1957, alors que Porsche, Mercedes-Benz, Jaguar et Volvo y étaient enfin représentées. Ces deux évènements, a portée de voiture pour la majorité des Canadiens, font office de Mecque automobile annuelle pour les amateurs. Je fréquente celui de Montréal depuis 1981, mais je n’ai jamais encore mis les pieds à Detroit, bien que j’aie déjà assisté au Mondial de Paris à deux reprises.

Ces évènements annuels permettent une visibilité importante pour les constructeurs dans une période tranquille (janvier est le milieu du cycle de vie de la plupart des nouveaux modèles), c’est évident, mais aussi ils permettent aux consommateurs de s’approcher des voitures sans subir la pression d’une vitrine de concessionnaire. C’est pourquoi on voit y beaucoup de petites familles, ainsi que beaucoup de personnes peu intéressées par la chose automobile. Le salon permet à tous de circuler à son rythme, détendu, sans contrainte, autour des voitures rêvées, ou encore, simplement souhaitées. Et il faut bien le dire, janvier est une période cruelle avec ses basses températures et la déprime post-Noël. Alors, une rencontre abordable, dans un lieu chauffé, où chacun peut exprimer son point de vue (souvent avec un peu de mauvaise foi) sur des beautés inaccessibles a quelque chose de très attirant.

Par contre, le verdict du salon est souvent très cruel. Alors que, pour la vaste majorité des gens, c’est le style extérieur qui est le baromètre d’appréciation des voitures en général (simplement parce qu’on ne peut que les voir sur la route dans la vie courante), dans un salon c’est l’intérieur qui est le centre d’attraction. Alors, les constructeurs qui négligent cet aspect se voient sévèrement jugés par les visiteurs : plastiques peu flatteurs, accostages approximatifs et couleurs fades leur vaudront une image négative. À l’opposé, les voitures dont l’intérieur est coloré et dont le dessin est agréable et innovateur laisseront une bonne impression, même auprès des gens qui ne sont généralement pas du tout intéressés par ces modèles. Ainsi, les constructeurs ont tout intérêt à présenter des voitures équipées de l’ensemble des options intérieures, pour mieux impressionner la galerie. C’est que, même si le prix de vente final s’en trouve rehaussé, cette facture n’est que virtuelle pour le visiteur et n’empêchera pas celui-ci de s’asseoir dans les profonds sièges recouverts de cuir fin, pour une fois. Le rêve ne s’embarrasse pas de considérations matérielles.

L’autre aspect intéressant d’un salon, c’est la possibilité de se pencher sur le moteur, de regarder sous le châssis et généralement, d’observer de près les menus détails des différents modèles. Pour cet exercice, la présence d’un véritable connaisseur est primordiale : il pointera facilement la valve de recirculation des gaz d’échappement refroidie au liquide des Dodge Ram diesel, le hayon à ouverture amortie des Toyota Tundra ou encore la petitesse des batteries 12V des Honda Insight. C’est aussi lui qui découvrira que ce constructeur monte des pneus de piètre qualité, que cet autre néglige la qualité de ses peintures ou encore que les rétroviseurs de ce modèle ne sont pas repliables.

Dans un salon, curieusement, les camionnettes sont les véhicules-vedettes par excellence car elles ont de nombreuses trouvailles utilitaires (marchepieds rétractables, coffres extérieurs, cache rigide pour le plateau, rétroviseurs extensibles) en plus d’avoir une mécanique bien visible. Les minifourgonnettes sont aussi intéressantes avec leurs banquettes escamotables et leur système de divertissement arrière ; c’est souvent tout ce qui intéresse la tendre moitié et les enfants. Les pauvres voitures n’ont souvent, pour leur part, que leur soute à bagages pour épater la galerie. Ici, ce sont les familiales qui volent la vedette, pour d’évidentes raisons, et c’est pourquoi elles se retrouvent en grand nombre dans les salons, en proportion plus grande qu’en réalité ; on y trouve donc souvent des BMW série 5 et des Mercedes Classe E à cinq portes, des bagnoles qu’on ne voit jamais sur la route.

Finalement, je profite de l’occasion pour vous souhaiter une excellente année 2010, que celle-ci soit celle qui verra vos rêves automobiles se réaliser, que ce soit enfin une nouvelle voiture, ou même l’ancienne de vos rêves. Profitez-en, car on ne sait jamais : peut-être que 2009 n’était qu’un avertissement, et que la prochaine décennie sera aussi pourrie, sur le plan automobile, que les années 1970 le furent… Réponse dans 10 ans.

Le Blog Auto

Rédacteur en Chef - autoExpert Le Guide

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