Eisenhower a facilité les déplacements

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Interstate System

Si vous m'avez lu mardi, vous savez que je suis actuellement en Floride et, sans le savoir, j'ai roulé pendant toute la semaine sur un système complexe d'autoroute imaginé par nul autre que le président Dwight D. Eisenhower.

Depuis plusieurs années, je voyage souvent aux États-Unis en voiture et j'ai souvent remarqué le long des autoroutes le panneau «Eisenhower Interstate System». Il s'agit d'un système de route permettant aux Américains (et aux touristes!) de se déplacer facilement à la grandeur des États-Unis. La construction a été autorisée par le Federal Aid Highway Act de 1956 et la portion originale a été complétée 35 ans plus tard. Selon les chiffres de 2012, le système Interstate représente près de 77 000 kilomètres de route, en faisant le deuxième plus grand réseau routier après celui de la Chine. En 2011, à peu près le quart des kilomètres parcourus aux États-Unis ont été accomplis sur le système Interstate. Sa construction, en dollars de 2006, a été estimée à 425 milliards de dollars.

Contrairement à ce qu'on m'avait raconté, le système Interstate ne sert pas de piste d'atterrissage d'urgence pour les avions. Cette légende urbaine raconte que plusieurs sections de ces autoroutes devaient être construites en droite ligne pour que les avions puissent atterrir en temps de guerre. Je dois avouer toutefois que certaines sections sont tellement droites et longues qu'elles pourraient effectivement servir de pistes d'atterrissage. Par contre, elles ont d'autres usages. Par exemple, elles ont été conçues pour faciliter le transport de troupes jusqu'aux aéroports, ports et terminaux ferroviaires. Le système facilite également l'évacuation de la population dans les zones où les ouragans sont fréquents, notamment sur la côte est et sur la côte du Golfe du Mexique.

Tout ce système d'autoroute devait être gratuit à l'origine, mais certains états ont eu l'autorisation d'y placer des péages. Différentes raisons sont invoquées, notamment le fait que certains tronçons ont été plus coûteux à construire. Une bonne portion de l'I-95 entre dans cette définition. Rassurez-vous, sur les 77 000 kilomètres d'autoroute, seulement 4700 kilomètres nécessitent des arrêts à des péages. Pour un trajet du Québec à la Floride, il en coûte à peu près de 20 à 25$ de péages. Pour plus de 2000 kilomètres de belles routes, sans nids-de-poule et souvent en béton, ce n'est pas cher payé. En plus, ces autoroutes offrent généralement les vitesses permises les plus élevées de leur région. Par exemple, sur l'I-95, la vitesse permise est souvent de 70 milles à l'heure, soit 113 km/h. Et, comme au Québec, il n'est pas rare de voir des conducteurs se permettre de rouler à 80 MPH.

L'I-405 à Los Angeles est l'autoroute la plus achalandée avec 374 000 véhicules par jour, une estimation de 2008. La plus longue d'est en ouest vous permet de parcourir les 4861,09 km qui séparent Boston, au Massachusetts, et Seattle, dans l'état de Washington. Du nord au sud, c'est l'I-95 de Houlton, Maine, à Miami, Floride, avec ses 3090 kilomètres. Elle s'allongera toutefois en 2017 avec une nouvelle section en construction dans le New Jersey.

Les États-Unis ne sont pas le plus grand pays en superficie, mais pour y voyager en automobile, il n'y a rien de comparable. Pas étonnant que la culture automobile y soit si forte.

Par Christian Gagnon - LeBlogAuto.ca

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