Ford Flex 2009

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Les raisons du succès d’un nouveau modèle n’ont généralement rien à voir avec la logique du marché. Dans certains cas, c’est tout bonnement un coup de chance parce que le marché est prêt pour ce nouveau modèle : par exemple, la Ford Mustang de 1964 fit sensation parce que les baby-boomers entamaient leur vingtaine et désiraient ardemment une voiture à l’allure sportive, symbole de leur jeunesse. Un autre cas célèbre de popularité soudaine est la minifourgonnette au début des années 1980. Après des années de malaise automobile, l’arrivée d’un véhicule pratique correspondait parfaitement à une époque où la morosité ambiante et l’économie chancelante incitaient aux vacances en famille. Plus récemment, la New Beetle, la MINI Cooper et même l’actuelle Mustang sont des succès de vente parce qu’elles font toutes référence à une période bénie où tout était encore possible. Et le style rétro de ces voitures n’est pas un inconvénient, bien au contraire. Vous me voyez venir, n’est-ce pas ? Une Ford de transport familial à l’allure rétro saura-t-elle rééditer ces succès ? Réponse dans le texte qui suit.

Pourquoi ?

À bien y penser, la Flex ne répond à aucun besoin dans la gamme Ford : il y a déjà suffisamment de camions (F150, Ranger, Escape, Explorer, Expedition, Sportrac, Econoline) et de multisegments (Edge, Taurus X), en plus des berlines, pour couvrir tous les segments du marché. Elle ne peut courir les sentiers (garde au sol trop faible), ne peut servir au transport de marchandises (sièges non amovibles), et n’offre rien de nouveau sur le plan mécanique. En plus, elle n’a pas de portières latérales coulissantes, si pratiques pour l’accès aux sièges arrière. Alors, pourquoi la produire ? Parce qu’elle offre six véritables places ? Non, la défunte minifourgonnette Freestar, qu’elle remplace dans la gamme Ford, était mieux lotie sur ce plan. Parce que son encombrement est réduit ? Non, la Flex est une grosse bête, pratiquement aussi longue qu’un gigantesque Expedition ; il n’y a que 10 cm de différence.

Alors pourquoi ? La réponse est toute simple : la Flex cherche à conquérir les acheteurs qui ont délaissé les VUS (inutiles et trop gourmands) et les minifourgonnettes (trop stigmatisées), mais qui ne peuvent se résoudre à retourner à la berline traditionnelle. Pour y arriver, la Flex compte sur sa position de conduite légèrement surélevée, sa plateforme automobile et surtout, sur son style unique. Parce que, quoi qu’on en dise, le style est souvent le premier critère de séduction, bien avant les performances ou les aspects pratiques.

Avec son faux air de camion utilitaire, allure carrée et nervures dans les tôles, avec son toit de couleur contrastante posé sur une surface vitrée uniformément noire, la Flex est fort originale. Ses proportions rappellent celles des grands breaks d’autrefois, capot plat, arrière vertical, mais la taille est désormais XXL.

Vie à bord

Ma voiture d’essai était la version SEL-AWD à sept places (prix de base de 37 000 $) équipée d’un toit panoramique impressionnant (1750 $) et de la sellerie en cuir (1200 $), pour un total de 41 200 $. Conçue avant tout pour le transport de personnes, la Flex offre six ou sept places selon les versions. Toutefois, à la différence des minifourgonnettes, les sièges ne sont pas amovibles mais se rabattent sur le plancher, ce qui laisse une surface de chargement uniforme, bien que surélevée. Avec toutes les places occupées, l’espace cargo est minimal et il ne sera donc pas rare de voir des Flex avec des coffres de toit, pour palier ce manque. Une fois la dernière banquette rabattue, c’est mieux mais l’espace cargo n’est toujours pas plus grand que celui d’un break suédois. Les places de l’avant et de la banquette centrale sont vastes et faciles d’accès. Pour accéder à la troisième banquette, il faut toutefois déplacer les sièges mitoyens grâce à un système motorisé, mais la manoeuvre est impossible si l’on a installé des sièges d’enfants sur ceux-ci.

Le poste de pilotage est joli et bien fini, une nette amélioration par rapport à la tradition Ford du tout plastique. L’ergonomie n’est pas son point fort, trop de boutons identiques sur le volant et toujours ce désagréable levier combinant clignotants et essuie-glace, mais la qualité perçue est en hausse et les matériaux sont agréables au toucher. Il y a aussi ce levier de sélection des rapports de boîte qui n’offre rien d’autre que D et L, bien trop peu de choix pour une boîte automatique à six rapports.

L’équipement électronique est à la fine pointe de la technologie, avec la connectivité mains libres Bluetooth avec afficheur dans le combiné d’instruments, un radar et une caméra de recul (avec l’option du système de navigation), ainsi qu’un lecteur DVD pour les passagers arrière. La climatisation régulée multizone et la chaîne sonore haute fidélité sont aussi au programme. Tout à bord est destiné à améliorer le confort et la tranquillité d’esprit. L’habitacle de la Flex est un endroit où il est fort agréable de tuer le temps.

Sur la route

Sur la route, encore une fois, la Flex fait bonne impression : le moteur V6 de 3,5 litres et 262 cv est volontaire et offre de bonnes reprises, même chargée de six personnes. De plus, sa sonorité est riche et il est dépourvu de toute vibration parasite. La boîte de vitesse automatique à six rapports fait correctement le travail, mais l’absence d’un sélecteur plus versatile empêche de conserver un rapport individuellement, une négligence que Ford perpétue depuis trop longtemps. Et comme elle a tendance à monter les rapports rapidement, on doit souvent forcer sur l’accélérateur pour trouver un rapport plus bas, au détriment de la conduite souple et de la consommation de carburant.

Sur le plan du comportement routier, ici aussi, la Flex impressionne. La coque est parfaitement rigide, le guidage des roues avant est précis, le roulis est minimal au point où on n’hésite pas à chercher les sorties d’autoroute, plutôt que de les craindre comme à bord de la défunte Freestar. Malgré ce dynamisme, le confort est souverain et la Flex ondule gentiment au-dessus des aspérités de la route. L’empattement très long y est certainement pour quelque chose, tout comme les suspensions indépendantes à grand débattement. Le guidage est bon, même lors de vents latéraux, et ce n’est que lorsque la route présente des roulières que la stabilité est perturbée : il faut dire que la Flex est large et que ses pneus à taille basse et flancs rigides, des Goodyear Assurance ComforTred en 235/60R18, sont lourdement sollicités par la masse de 2100 kg.

Le rouage intégral à prise constante est tout à fait invisible en conduite estivale, mais selon les spécifications du constructeur, il est capable de transmettre 100 % du couple sur l’un ou l’autre des essieux. Ce système travaille aussi en concert avec l’antidérapage pour prévenir les pertes de contrôle en transférant le couple sur n’importe quelle roue et ainsi contribuer à une plus grande stabilité sur chaussée glissante. Le freinage à disques aux quatre roues est efficace, bien que l’attaque de la pédale soit un peu trop brusque. Un antiblocage surveille ses opérations.

Durant cet essai, j’ai essayé, pour une fois, de conduire de façon absolument raisonnable, question de m’approcher des cotes sur route de Transport Canada. Et bien, vous savez quoi ? Je les ai battues. Oui, oui, j’ai réussi à faire mieux que les 9,2 L/100km annoncés avec 9,0 litres sur le trajet Montréal-Ottawa. J’ai bien sûr fait particulièrement attention à mon style de conduite, 100 km/h pile et des accélérations modestes. Comme quoi, ces cotes que l’on qualifie souvent d’irréalistes sont tout à fait réalisables. Pour la suite, la consommation mixte a été elle de 14,2 L/100km, 75 km de ville et 200 km de routes secondaires avec quelques dépassements.

Conclusion

Alors, le succès sera-t-il au rendez-vous ? Comme je le disais au début, personne ne peut prévoir l’avenir, mais cette Flex possède certainement toutes les qualités requises pour réussir. Sa mécanique sophistiquée, son grand niveau de confort, sa bonne finition et son allure décalée sont des arguments qui devraient plaire à la clientèle. Par contre, sa faible capacité de cargo et son encombrement important assombrissent son bilan. La Flex est donc beaucoup plus désirable que sa devancière sans toutefois porter flanc à la critique des environnementalistes qui détestent tout ce qui est camion. Avec la récente baisse des prix de l’essence, il semble que les astres s’alignent pour la Flex.

Vidéo Ford Flex 2009

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