Honda Element SC 2008

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Quelquefois, je me demande si les spécialistes du marketing des grands constructeurs ne se moquent pas de nous. Par exemple, lors du lancement du Honda Element en 2003, ceux-ci affirmaient haut et fort que ce véhicule était destiné « aux jeunes ayant un style de vie actif ». Pourtant, cette clientèle a boudé le Element, principalement parce ces « jeunes au style de vie actif » ne sont pas riches, il faut bien payer tous ces joujoux qui sont nécessaires au « style de vie actif », et que leur moyen de transport pour atteindre les endroits reculés est plus souvent une vieille Legacy ou un vieux Cherokee qu’ils ont obtenus pour une bouchée de pain.

Donc, au lieu d’être vu au bord d’une rivière à kayak ou au pied des pentes de ski, le Element est plus souvent sagement stationné dans l’entrée d’une résidence de banlieue avec piscine ou devant une maison de retraite. C’est que la clientèle principale de ce charmant petit camion au look décalé est beaucoup plus âgée que ce que les « marketeux » veulent bien nous laisser comprendre. Ses grandes portières, sa haute position de conduite, sa faible consommation de carburant et sa grande modularité en ont fait le chouchou des gens raisonnables qui aiment bien qu’on pense qu’ils ont encore « un style de vie actif ». Il n’y a rien de mal là-dedans, au contraire. Essayons donc de comprendre pourquoi les jeunes boudent le Element, alors que les vrais adultes le plébiscitent.

Mon véhicule d’essai, un Element SC à boîte manuelle et traction avant, affichait un tarif de 30 000 $, alors que la version d’appel débute à un peu plus de 25 000 $. Pour la différence, la SC offre une allure plus « urbaine » avec ses grandes roues et sa face avant retouchée, un intérieur enfin recouvert de véritable tapis, ainsi qu’une suspension raffermie et quelques autres équipements mineurs. Au-delà de ces différences, le Honda Element SC 2008 est toujours le même avec son moteur à quatre cylindres de 2,4 litres et 166 ch,  sa suspension indépendante partout et ses quatre freins à disques. Le rouage intégral temporaire est offert en option, mais pas sur la version SC.

En grimpant à bord, c’est la facilité d’accès qui impressionne : les portières avant s’ouvrent pratiquement sur 90° alors que celles de l’arrière à ouverture antagoniste font de même. Résultat, l’ouverture latérale est immense et l’accès à toutes les places est souverain. De plus, les sièges arrière sont amovibles complètement, en plus d’être rabattables contre la paroi latérale ou pouvant former une couchette en combinaison avec ceux de l’avant. Comme c’est une Honda, toutes ces opérations sont faciles à réaliser et les mécanismes d’ancrage sont bien conçus. La soute à bagages, malheureusement recouverte d’un plastique trop glissant, est de bonne dimension et son accès est facilité par un hayon qui s’ouvre en deux parties. Sur le plan de la modularité, le Element est donc éminemment pratique et convivial avec pas moins de 2100 litres d’espace de chargement.

Une fois au volant, encore une fois, c’est le décompte des espaces de rangement qui fascine : j’en ai trouvé pas moins de 15 ! Et pas que des petits racoins inutiles, mais aussi de grandes pochettes dans les portières, une immense console à deux étages, une tablette sur toute la largeur de la voiture, un rangement au plafond, et tutti quanti. En ce qui concerne les matériaux, là c’est moins impressionnant : les plastiques ne sont pas moussés, le volant et le pommeau de vitesse sont recouverts de vinyle, les commandes principales sont toutes en plastique bon marché, ce n’est vraiment pas le grand luxe. Par contre, les sièges avant à baudrier intégré sont larges et confortables et le recouvrement est joli avec des motifs rappelant un tatouage (le thème du SC est « urbain », voyez-vous). Si la position de conduite est bien, la vision des instruments est compromise par un volant qui se s’ajuste pas suffisamment en hauteur. Sur le plan de la visibilité, c’est bon sauf vers l’arrière quand les sièges sont relevés contre la paroi. De plus grands rétroviseurs auraient aidé car ceux du Element sont plutôt de petite taille.

Sur la route, ce petit camion est bien tranquille. Sa modeste puissance n’incite pas à la conduite rapide bien que son comportement routier ne soit pas mauvais avec sa suspension raffermie. En fait, si les passagers se font joyeusement secouer à basse vitesse, les choses s’améliorent quand le tempo augmente. La suspension est bien amortie et le roulis est relativement faible ce qui, combiné avec la faible puissance, incite à prendre les courbes à bonne allure, sans freiner, comme en karting. Avec un 0-100 km/h réalisé autour de 10 secondes, il faut s’y prendre de bonne heure au moment d’amorcer un dépassement. Il faut dire que sa masse de 1600 kg et son physique de déménageur ne l’aident pas dans cette tâche. C’est le prix à payer pour obtenir une bonne rigidité malgré l’immense ouverture latérale.

Par contre, et c’est paradoxal avec seulement 161 pi-lb de couple, le Honda Element SC 2008 est victime d’un effet de couple dans le volant lors de fortes accélérations. J’imagine que les larges pneus de 225/55HR18, des Goodyear Eagle LS-2, y sont pour quelque chose avec leur faible hauteur de flanc. De même, le biais « urbain », pneus à taille basse et suspension raffermie, va à l’encontre de ce que je connais des chaussées urbaines : ce serait plutôt un ensemble pour les belles banlieues avec leur larges rubans d’asphalte en meilleur état. Mais j’imagine que l’expression « suspension calibrée pour la banlieue » est moins sexy que « Street Custom ». Finalement, les pneus sont bruyants, causant un bourdonnement désagréable dont le volume est supérieur aux bruits causés par le vent autour du pare-brise, pourtant pratiquement vertical. Alors, dans des conditions de conduite (vraiment) urbaine, je laisserais tomber cette version SC pour privilégier la version normale, plus souple.

Durant l’essai, le Honda Element SC 2008 a consommé autour de 14 L/100km, essentiellement en ville, alors que les cotes de Transport Canada sont de 11,3 et 8,7 L/100km (ville et route). Curieusement, la version à boîte automatique ferait mieux avec 10,5 et 8,1 L/100km (ville et route). Je demande à voir.

Sur notre site www.AutoExpert.ca, on retrouve une vingtaine de Honda Element d’occasion, les prix variant de 12 000 $ à 14 000 $ pour des exemplaires de 2003 et 2004. Les modèles 2006 sont disponibles quant à eux autour de 20 000 $.

Comme je le disais au début de cet article, le Honda Element offre beaucoup de modularité pour peu de dépense énergétique, en plus d’être pratique et facile à conduire. Ceux qui sont capables de passer outre à son allure pour le moins originale découvrent alors un petit camion attachant. Il semble simplement que les jeunes, très portés sur l’image, y arrivent plus difficilement que les gens dont les prêts et bourses sont complètement remboursés. Peut-être que les gens du marketing de Honda auraient mieux fait de vanter ses véritables qualités plutôt que de tenter un placement produit qui ne lui convient pas. À moins que ce ne soit un artifice purement publicitaire, chose qui ne me surprendrait pas du tout…

Vidéo Honda Element SC 2008

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