Infiniti QX30 – bien cibler son public

L’Infiniti QX30, c’est la cousine de la Mercedes-Benz GLA. Dans le but d’économiser des sous afin de créer une voiture qui atteindrait une clientèle non conventionnelle dans les salles de montre Mercedes et Infiniti, les deux constructeurs ont décidé de mettre leur savoir-faire en commun. Comme certaines règles chez Mercedes-Benz m’empêchent de conduire leurs voitures, j’avais hâte de prendre le volant de l’Infiniti QX30. Par le passé, j’ai essayé des voitures Infiniti qui m’ont fait rêver que mon employeur me donne un généreux bonus. Les voitures collaient à la route, étaient agréables à conduire et leur finition impeccable. La table était mise pour une belle semaine au volant de la QX30.

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Bien que le châssis et la mécanique proviennent de chez Mercedes, Infiniti y aurait ajouté sa touche personnelle. C’est un moteur 2,0 litres turbocompressé qui fournit les 208 chevaux nécessaires à la QX30. Trois modes de conduite peuvent être sélectionnés afin de personnaliser la transmission à sept rapports: E, S et M. Le mode Eco économise de l’essence et offre des performances correctes qu’on peut bonifier en appuyant plus fortement sur l’accélérateur. Le mode Sport, celui qui optimise les performances, fait monter le régime moteur d’à peu près 500 tours/minute tout en retardant les changements de rapports. Lors d’une décélération, son comportement se rapproche d’une transmission manuelle. Il y a finalement le mode manuel qui vous permet de changer les rapports vous-même, changements qui sont assez rapides. C’est bien comme combinaison moteur/transmission, mais rien pour soulever l’enthousiasme malgré la présence de ces 208 chevaux. Quant au plaisir de conduire, on n’est pas au niveau des berlines que j’ai déjà essayées, mais plus dans le segment des VUS. C’est bien, mais pas aussi sportif qu’on voudrait nous le faire croire.

Le désign extérieur est très torturé dans l’esprit même des créations récentes d’Infiniti. Moi, j’aime. La partie avant est agressive, les ailes musclées et la partie arrière avec son pilier D en coin originale. Cette ligne comporte toutefois des inconvénients. Le parebrise très incliné complique l’accès aux places avant. De même, les portières arrière sont étroites et un contorsionniste pourra s’entrainer en accédant aux places arrière. Le pilier D large et la lunette arrière mince n’aident pas à la visibilité. La soute à bagages est toutefois de bonne dimension pour un véhicule de ce gabarit et il est possible d’abaisser la banquette.

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J’avais donc pris comme public cible une petite famille de quatre personnes, deux adultes et deux jeunes enfants qui veulent se payer une petite voiture de luxe à prix abordable. Finalement, durant la semaine, j’ai dû réviser ma cible. Je dédirais plutôt la voiture à un couple de professionnels sans enfant désirant une petite voiture maniable avec une finition plus soignée que la moyenne. Avec aucun passager à l’arrière, on peut reculer les sièges avant un peu plus loin pour plus de confort. C’est donc, pour moi, le public cible de l’Infiniti QX30.

Lorsque j’étais au volant, je me suis demandé qui avait conçu le tableau de bord. Au fil des jours, la question est devenue de plus en plus d’actualité puisque, à mon sens, il y a plusieurs erreurs d’ergonomie. Il s’agit donc en grande partie d’un tableau de bord Mercedes avec quelques changements faits par Infiniti. Des exemples d’erreurs? Allons-y!

Les commandes d’ajustement des sièges sont dans le panneau de porte. Je trouve que c’est difficile à manipuler, d’autant plus que des boutons sur le flanc du siège auraient très bien fait le travail. Le petit levier du régulateur de vitesse adaptatif est derrière la branche gauche du volant. Même en m’étirant le cou ou en baissant les yeux, impossible de voir ce fichu levier. Pourtant, c’est un équipement qui doit être enclenché et ajusté lorsqu’on roule! La molette du système d’infodivertissement est trop facile à accrocher avec la main. Le petit levier de vitesse est joli et différent (c’est un bon point), mais il peut facilement être poussé au neutre sur la route si on l’accroche en ajustant les commandes de ventilation placées trop basses. On aurait dû interchanger ceux-ci avec les commandes des sièges chauffants, beaucoup moins utilisées. La prise USB est dans un petit coffre (excellent!), mais le petit coffre est trop petit pour contenir votre iPod, laissant celui-ci à la vue des regards. J’ai donc vraiment eu l’impression que l’ingénieur en ergonomie de Mercedes était en vacances lorsque le tableau de bord a été conçu. D’ailleurs, bon point pour les designeurs d’Infiniti, l’écran central est mieux intégré que chez Mercedes. Les buses de ventilation plus conventionnelle sont aussi appréciées.

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Le système audio est bon et le système de navigation moyen, mais l’équipement très intéressant que l’écran central peut afficher est la visualisation du périmètre. Grâce aux images récoltées à partir des caméras installées au hayon, dans la calandre et sous les rétroviseurs, l’écran présente tout ce qui entoure le véhicule. Lorsque j’ai rapporté le véhicule après ma semaine d’essai, je devais le stationner dans un endroit très restreint. J’ai pu le faire facilement grâce à cette image qui semble provenir du dessus du véhicule. J’aurais quand même pu me stationner sans cet équipement, mais j’aurais mis plus de temps sans compter que j’aurais pu accrocher quelque chose.

L’Infiniti QX30 2017 est loin d’être un mauvais véhicule. La finition intérieure est sans reproche et les matériaux sont de qualité supérieure. L’aspect mécanique est aussi à considérer et le fait qu’il y ait trois modes de conduite permet de choisir la personnalité que vous voulez donner à votre conduite. Le désign est également à mentionner puisqu’il se distingue de la masse de véhicules tous semblables. Il faut quand même penser aux points faibles comme l’ergonomie de certaines commandes plus que discutable, un système d’infodivertissement qui ne m’a pas impressionné en matière de commandes vocales et le fait que les places arrière sont presque des places de dépannage. Lorsque les passagers avant prennent leurs aises, ceux assis à l’arrière vont souffrir. C’est un excellent début pour l’Infiniti QX30, mais il manque un peu de peaufinage.

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FICHE TECHNIQUE DU MODÈLE À L’ESSAI
Infiniti QX30 2017 à traction intégrale

Moteur : quatre cylindres, 2,0 litres turbo, coupure du moteur au ralenti
Puissance : 208 chevaux à 5 500 tours/minute
Couple : 258 livres-pied de 1 200 à 4 000 tours/minute
Transmission : automatique à sept rapports à double embrayage
Suspension avant : jambes de force MacPherson, ressorts hélicoïdaux et barres stabilisatrices
Suspension arrière : multibras avec ressorts hélicoïdaux, amortisseurs et barre stabilisatrice
Direction : servodirection électronique
Freins : disques ventilés à l’avant et pleins à l’arrière, ABS aux quatre roues
Pneus : toutes saisons 235/50R18 à affaissement limité
Roues : en alliage d’aluminium de 18 pouces à cinq branches divisées au fini réusiné
Prix : 43 735 $ + taxes (achat au comptant)

CONDITIONS DE L’ESSAI

Date de l’essai : 7 au 12 mars 2017
Météo : beaucoup de soleil, un peu de pluie et verglas, entre -21 et 10 °C.
Distance parcourue : 590 km (68 % autoroute)
Consommation affichée : 8,6 L/100 km
Régime moteur à 100 km/h : 1 600 tours/minute
Régime moteur à 115 km/h : 1 900 tours/minute

Par Christian Gagnon – leblogauto.ca