Jeep Liberty Limited 2008

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Si l’engouement actuel pour les VUS compacts existe, c’est beaucoup à cause de la marque Jeep qui a lancé en 1984 la version XJ de son populaire Cherokee. Celui-ci, conçu en collaboration avec Renault (le constructeur français était propriétaire de la marque Jeep à cette époque), combinait une taille réduite avec un comportement routier correct et des excellentes prestations hors route. Il faut dire que ce créneau était peuplé alors de gros 4x4 rudimentaires dérivés de camions pleine grandeur, comme le GMC Jimmy et le Ford Bronco. L’arrivée du Cherokee XJ, de son nom de code interne, allait donner ses lettres de noblesse au concept de 4x4 urbain. Celui-ci
connut une longue et fructueuse carrière qui s’échelonna de 1984 à 2001. En 2002, son successeur délaissait ici le nom d’origine amérindienne pour prendre celui de Liberty, alors qu’en Europe où Chrysler le commercialise également, il s’appelle toujours Cherokee. De taille équivalente mais doté de mécaniques plus modernes, ce premier Liberty connut un bon départ et vient tout juste d’être remplacé par une nouvelle itération, toujours de taille similaire mais encore une fois renouvelé légèrement sur le plan mécanique. Voyons donc comment se comporte cette troisième génération du VUS 4x4 compact de Jeep.

Mon Jeep Liberty d’essai était la version Limited ( prix de base, 32 795 $) équipée du gigantesque toit ouvrant en toile, du boîtier de transfert à prise constante et des plaques de protection, pour un total de 37 745 $. Pour ce montant, le conducteur a droit à des sièges chauffants recouverts de cuir, au démarreur à distance, au rétroviseur à atténuation automatique, à la connectivité téléphonique UConnect, à la mémorisation de la position du siège conducteur, mais la climatisation est toujours à réglage manuel et les glaces à remontée automatique sont absentes. Le hayon arrière possède une ouverture séparée pour la lunette et la soute à bagages est modulable avec un compartiment sous le plancher ainsi qu’un rideau cache-bagages.

La finition intérieure est dans la tradition Jeep, ce qui veut dire que les plastiques ne sont pas moussés et les accostages sont approximatifs, mais l’allure générale est plaisante et les commandes principales sont bien conçues. Par contre, l’ergonomie laisse à désirer car les commandes secondaires sont placées tout en bas de la planche de bord, ce qui oblige le conducteur à quitter la route des yeux pour régler la climatisation ou pour actionner les éléments chauffants des sièges. De plus, comme la planche de bord est peu profonde, l’affichage de la radio est souvent inondé de soleil, ce qui le rend pratiquement illisible.

Autrement, le combiné d’instruments avec son afficheur d’informations fait meilleure figure car il n’est pas masqué par le grand volant, est les boutons de commande de l’afficheur sont situés sur la face du volant, un emplacement idéal. D’ailleurs, cet afficheur est fort intuitif et les différents réglages et informations qu’il propose sont nombreux et facilement accessibles, une qualité trop rare. Le réseau électrique multiplexé est bien intégré et propose de nombreuses fonctions, comme le démarrage à distance, l’éclairage temporisé à l’accueil et à la sortie, l’activation des phares en cas de pluie et la fonction de retenue en pente.

Même s’il est de construction monocoque, une tradition depuis le premier Cherokee XJ, l’espace intérieur n’est pas l’argument de vente numéro 1 du Jeep Liberty. L’espace à l’avant est compté, surtout pour les pieds, l’habitacle est étroit et la soute à bagages est de dimension très modeste, malgré la présence du petit compartiment dans le plancher. En fait, ce sont les passagers arrière qui sont le mieux lotis avec une banquette haut perchée et dotée d’un dossier inclinable. Celle-ci se rabat à plat vers l’avant en un seul mouvement, et l’espace cargo est ainsi parfaitement plat. Le dossier du siège passager est aussi rabattable vers l’avant pour faciliter le transport de longs objets. Cette exiguïté est causée par le rouage moteur longitudinal qui occupe une place de choix au milieu du châssis, pour favoriser les dégagements nécessaires aux qualités de coureur des bois du Jeep Liberty.

Sur la route, cette nouvelle mouture se comporte plutôt bien, si on respecte ses limites. Le Liberty n’est pas conçu pour la conduite rapide, ses performances sont correctes sans plus, et sa suspension souple à grand débattement n’incite en rien à hausser le ton. Par contre, le confort de roulement est d’un excellent niveau car cette souplesse est bienvenue pour absorber les nombreuses imperfections de nos chaussées malmenées par le gel et des années de négligence. La suspension avant indépendante est bien calibrée et s’il subsiste un essieu rigide à l’arrière, une autre tradition Jeep, son guidage fait appel à cinq bras et ses mouvements sont bien amortis. Il faut vraiment de gros trous pour le déstabiliser. Il faut dire que ce VUS est conçu en fonction de respecter le credo Jeep « Trail Rated », ce qui demande de grands débattements, un amortissement souple, des barres antiroulis de faible section et des ressorts linéaires. Lors d’un essai précédent du Dodge Nitro équipé de la suspension sport, le Nitro est je jumeau du Jeep Liberty, j’avais trouvé ce véhicule désagréable et sautilleur. Il est ironique de constater qu’une suspension conçue pour la conduite hors route est plus adaptée à nos conditions routières qu’une autre favorisant la tenue de route…

On constate aussi que le Jeep Liberty est bien insonorisé, même avec son toit immense ouvrant en toile. D’ailleurs, ce toit peut s’ouvrir vers l’avant ou vers l’arrière, ce qui permet de faire entrer les premiers rayons de soleil printaniers, peu importe dans quelle direction on roule. Et malgré la gigantesque ouverture, la coque du Liberty demeure rigide et n’émet pas le moindre craquement. C’est une  option très intéressante, beaucoup plus pratique que le toit amovible du Wrangler Unlimited.

Mon véhicule d’essai était équipé du moteur V6 de 3,7 litres à 12 soupapes qui développe 210 cv et 235 pi-lb de couple, accouplé à une boîte de vitesses automatique à 4 rapports. Ce tandem n’est plus tout jeune, mais on doit reconnaître qu’il s’affranchit de ses tâches correctement, le moteur étant silencieux et la boîte de vitesses bien adaptée. Celle-ci offre un mode dévolu au remorquage qui lui permet de conserver les rapports plus longtemps. Le boîtier de transfert à deux gammes de rapport est intéressant car il permet de passer en mode 4x4 à la volée si le besoin s’en fait sentir. Ce boîtier optionnel Selec-Trac II comprend un différentiel central, ce qui permet de rouler en mode intégral sur chaussée sèche, au prix d’une consommation légèrement plus élevée et de vibrations supplémentaires, perceptibles surtout dans le plancher à haute vitesse. La gamme basse s’enclenche électroniquement, il n’y a plus de gros levier à manipuler, et ainsi démultiplié, le Liberty peut se frayer un chemin à peu près n’importe où. L’électronique vient aussi en aide à la conduite hors route par le biais d’une fonction de maintien de vitesse en descente, utile pour dévaler les pentes abruptes lorsque l’adhérence est précaire. C’est dans ces détails que l’on reconnaît le sérieux de la marque Jeep.

Vidéo Jeep Liberty Limited 2008

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