La guerre des années 70

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RETRO-PLYMOUTH-CRICKET Encore aujourd'hui, quand on parle de voitures américaines, on les compare automatiquement, volontairement ou pas, à leurs équivalents japonais. Dans les années '70, alors que les japonais ne faisaient que commencer à arriver en Amérique du Nord, Toyota, Datsun, et plus tard, Honda voulaient tous donner une leçon aux Américains. Ils arrivaient ici avec de petites voitures peu couteuses, peu encombrantes et qui offraient du plaisir au volant.

Les Américains devaient réagir. American Motors (AMC) pris les devants en 1970 en lançant la Gremlin. Petite voiture plutôt bizarre, elle n'a eu aucune chance face aux Japonaises, bien qu'avec les années, elle ait été renommée Spirit. On lui a même implanté un rouage à quatre roues motrices vers la fin de la décennie de même qu'un moteur V8! Les Japonais devaient rire dans leurs barbes!

Chrysler n'ayant pas les moyens de ses ambitions, elle a fait appel à son partenaire Mitsubishi. C'est ainsi que vers la fin des années '70, quelques exemplaires de la première Dodge Colt et de la Plymouth Cricket se sont retrouvés en Amérique.

RETRO-AMC-GREMLIN RETRO-CHEVROLET-VEGA

 

 

 

 

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En 1971, c'est là que la guerre a vraiment commencé. Mais ce n'est pas la bonne cible qui a été attaquée. GM et Ford ont lancé presqu'en même temps les Chevrolet Vega et Ford Pinto. Ces deux compactes se sont battues l'une contre l'autre pour des parts de marché, mais n'ont jamais inquiété les petites japonaises. D'abord, la Vega, et la Pontiac Astre, ont été rebaptisées affectueusement au Québec Chevrolet Dégât et Pontiac Désastre! La silhouette était attirante et dans le coup. Son confort était au-dessus de la moyenne malgré un tableau de bord particulièrement triste et dépouillé. C'est son moteur qui n'était pas à la hauteur. Premier moteur américain métrique de 140 po³ (dixit GM!), ce quatre-cylindres de 2,3 litres était rugueux, paresseux, bruyant et glouton. Rien pour battre les japonaises, mais elle pourrait peut-être battre Ford!

Ford avait mieux fait ses devoirs. La Pinto fut lancée en 1971 et sa cousine Mercury Bobcat, en 1973. Un quatre-cylindres de 1,6 litre se cachait sous le capot, mais il etait plus performant et silencieux que celui de la Vega. Un 2,0 litres figurait dans la colonne des options. La fiabilité posait moins de problème et, vers 1976, un V6 2,8 litres, emprunté à la Capri, pouvait aussi être boulonné sous le capot. Pendant toute la décennie, la Chevrolet et la Ford se sont battus l'une contre l'autre. Elles n'ont jamais gagné contre les japonaises. On peut dire que Ford a gagné cette guerre contre Chevrolet puisque la Pinto s'est retirée en 1981, remplacée par l'Escort. La Vega, elle, s'est éteinte en 1978. Elle n'a pas vraiment été remplacée. La Monza a peut-être récupéré certains acheteurs.

Plus de trente ans plus tard, on fait encore la comparaison avec les japonaises. L'écart s'est considérablement rétréci et, dans certains cas, les américaines ont le dessus sur les japonaises. Comme les guerres ne finissant jamais, l'ennemi à abattre est maintenant coréen. On en reparlera dans trente ans!

Par Christian Gagnon - autoExpert.ca

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3 thoughts on “La guerre des années 70

  • 18 février 2013 à 13 h 44 min
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    Bonjour,

    Vous me permettrez ce complément d’informations à votre intéressant article, complément concernant notamment autant la fin des années 1960 que la deuxième moitié et la fin des années 1970 en matière de voitures compactes américaines. Voici quelques modèles de plus à mentionner et leurs particularités.

    – Dodge Omni et Plymouth Horizon –

    Avec ces deux voitures présentées en 1978-1979, Chrysler s’impose comme le premier constructeur américain à produire une sous-compacte pour quatre passagers à traction avant et moteur 4 cylindres, voitures, sous lesquelles se dissimulaient en réalité… des adaptations nord-américaines d’une Simca toute européenne !.

    Pour l’Omni et l’Horizon, Chrysler ne développera son propre moteur, de 84 cv, qu’en 1981. Au préalable, le premier moteur 4 cylindres, pour les Dodge Omni et Plymouth Horizon d’entrée de gamme, provenait de Volkswagen ; et en 1984, ces voitures furent équipées d’un 4 cylindres emprunté à Peugeot. Au demeurant, cette intrusion de Peugeot dans la carrière du duo Omni-Horizon ne surprit guère compte tenu qu’en 1977, Chrysler Europe fermait ses livres, et fut récupéré en 1978… eh oui, par Peugeot !

    – Ford Fiesta –

    Avec la Fiesta de 1976, Ford, à l’instar de General Motors avec sa Chevette et avant Chrysler, tenta le coup de la compacte américaine fortement « internationalisée » : les moteurs provenaient de l’Espagne et de l’Angleterre, les transmissions de la France, et l’on fabriqua les emboutis en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Espagne !

    Pour cette raison, il s’agit de la première petite Ford véritablement internationale, que ce soit par sa diffusion ou par la provenance de ses pièces. Pour couronner le tout, Ford accouchait en même temps de sa première compacte à traction avant et de sa première voiture à hayon pour le marché américain.

    Enfin, notons que Ford avait déjà fourbi ses armes en matière de construction internationale en assemblant des Mercury au Canada, au Mexique, au Brésil, en Hollande, au Danemark, en Belgique… et en Roumanie, tout cela dès 1939 !

    – La Chevette de General Motors –

    Toutefois, pour l’internationalisme tous azimuts, pour dénicher la première véritable automobile généralement qualifiée de « mondiale », la voiture la plus répandue et la plus construite à l’échelle internationale, il faut regarder du côté de General Motors, avec… sa Chevrolet Chevette !

    En effet, la Chevette fut d’abord lancée par la branche brésilienne de General Motors en 1974, tandis que la Vauxhall Chevette anglaise suivit en 1975 ; à celle-ci s’ajouta en 1976 la Chevette allemande Opel Kadett, la Chevette américaine proprement dite et aussi la Chevette japonaise Isuzu Gemini, cette dernière allant être ensuite vendue sous le nom de Holden Gemini… en Australie !

    Parallèlement à cette invasion internationale, tandis que la Chevette américaine et son pendant canadien l’Acadian se figeaient dans leurs roues motrices arrière, Opel, en 1979, proposera pour le marché européen une Kadett revampée qui constituera sa toute première traction avant.

    De plus, on oublie parfois que pour la Chevette américaine, on en avait envisagé une version électrique, et que faute de mieux, on en produisit une version avec un moteur diesel !

    Ce moteur diesel fut toutefois emprunté au constructeur japonais Isuzu, choix qui se justifia par le fait que General Motors, par l’intermédiaire d’Oldsmobile, n’avait jusqu’alors fabriqué qu’un seul moteur diesel, soit un gros 8 cylindres, qui se serait révélé catastrophique à l’usage et aurait été de toutes façons bien mal adapté à la petite Chevrolet.

    – Les compactes expérimentales de General Motors –

    Plus ou moins secrètement, vers 1968-1969 environ, General Motors avait déjà commencé à réfléchir à la réalisation de compactes de format européen, et ses microvoitures baptisées « XP-Cars », conçues à la fin des années 1960, en forment la preuve.

    Par exemple, en 1969, la XP-883 fut réalisée, mini-voiture au design nettement américain que l’on avait envisagé de doter d’un moteur électrique ou à essence.

    Si, dans l’ensemble, cette XP-883 évoque un peu la Javelin d’American Motors, son bas de caisse et les roues paraissent préfigurer les Chevrolet Vega et Pontiac Astre ; on se demandera, dans ce dernier cas, si cela aura été pur hasard, d’autant plus que ce signe distinctif s’observera également sur une version spéciale de la Chevrolet Nova de la même époque.

  • 18 février 2013 à 13 h 49 min
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    Merci M. Bertrand pour ces informations complémentaires très intéressantes.

  • 18 février 2013 à 17 h 37 min
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    Merci pour ces infos complémentaires. Cette période des années 70 a été très fertile en développement automobile et il est bien évident que je n’avais pas assez d’espace pour parler de tous les modèles. Très intéressant ces détails « internationaux » que je ne connaissais pas sur la Chevette. Et dans les modèles qui ont frappé les années 70, on aurait pu parler de l’AMC Pacer…

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