La Norvège bien différente du Québec

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Nissa LEAF 2013

Quand le Québec cherche des exemples pour comparer ses systèmes de santé ou d'éducation, il se sert souvent des pays nordiques européens. Mais quand on parle de gestion du parc automobile, le Québec est à des années-lumière de la Norvège.

La Norvège est riche en pétrole. Elle pourrait offrir à ses concitoyens de l'essence au rabais et se foutre éperdument des véhicules à énergie renouvelable. Mais il n'en est rien. La Norvège est un leader global en énergie renouvelable, à 98%, et cette électricité plus propre et moins chère sert à propulser les véhicules électriques à l'avant-plan.

À peu près une voiture sur six vendue en Norvège est à propulsion électrique, soit 15% du marché. La Norvège a le plus haut taux de véhicules électriques per capita que tout autre pays. Cet engouement pour la voiture non polluante ne s'est toutefois pas développé du jour au lendemain.

Depuis près de trois décennies, l'intérêt des consommateurs et des gouvernements locaux pour les véhicules électriques a débouché sur des incitatifs nationaux et une infrastructure de recharge bien pensée et efficace. Ola Elvestuen, à la tête du comité parlementaire pour l'Énergie et l'Environnement, affirme que les incitatifs ont littéralement créé le marché des véhicules électriques (VÉ).

"Toutes les taxes sur les voitures électriques ont été retirées et d'autres incitatifs ont été ajoutés: vous pouvez stationner gratuitement, recharger la batterie gratuitement, utiliser les voies réservées aux autobus et les routes à péage sont gratuites pour les VÉ. Ce fut lent au début, mais dans les dernières années, les ventes ont littéralement décollé," déclare Elvestuen.

15 000 Nissan LEAF roulent sur les routes de la Norvège. La Tesla Model S est le VÉ le plus vendu alors que les Volkswagen e-Up et eGolf y sont également commercialisés.

Les incitatifs à l'achat resteront en vigueur jusqu'à ce que les ventes atteignent 50 000 voitures ou jusqu'en 2017. Au rythme actuel, les incitatifs se termineront l'an prochain!

À Oslo, le directeur des ventes pour Nissan, Eirik Nilsen, affirme que les propriétaires de VÉ démontrent leur passion par ce qu'il appelle "l'effet du voisin". "Nous avons beaucoup de consommateurs qui viennent parce que leur voisin, un ami ou un collègue a un VÉ," déclare Nilsen. "Un de mes collègues, qui a vendu le plus de LEAF en Norvège, a un client qui a référé six nouvelles ventes."

Le Québec, avec son électrification des transports, s'est arrêté en cours de route. Comme la Norvège, le Québec produit la majorité de son électricité à faible coût à partir d'énergie renouvelable. Mais, outre le rabais offert à l'achat et une subvention pour l'achat de la prise de recharge domestique, le gouvernement n'offre rien d'autre aux consommateurs qui voudraient faire le saut à l'électrification de leur transport. Qui plus est, les bornes de recharge ultrarapide prennent beaucoup de temps à faire leur apparition alors que ça aurait dû être une priorité au départ. Comme je l'ai déjà mentionné, qui achèterait une voiture à essence s'il n'y avait pas de station-service?

Le Québec devrait imiter la Norvège. Tant qu'à se comparer, il faudrait aussi reprendre leurs bonnes idées!

Par Christian Gagnon - LeBlogAuto.ca

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