La petite histoire de la Mini

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Fabriquée pendant 41 ans, la Mini connut de nombreuses variantes, allant de l'utilitaire fourgonnette à la sportive Cooper S, en passant par la Mini-Moke à vocation estivale.

l y a près de 50 ans – le 26 août 1959 pour être précis – la société British Motor Corporation (BMC) dévoila le résultat de son travail de développement pour une petite voiture inédite, voire révolutionnaire. Deux modèles furent alors présentés au grand public : la Morris Mini-Minor et l’Austin Seven. La double première des deux quatre places de conception presque identique s’expliquait par la panoplie des marques appartenant à l’époque à BMC, mais elle avait en même temps valeur de symbole.

Un habitacle spacieux pour des dimensions extérieures aussi petites que possible, de la place pour quatre personnes, des qualités routières irréprochables, une faible consommation de carburant et un prix avantageux – voilà les impératifs que le créateur de la Mini, l’ingénieur d’études Alec Issigonis, s’était vu fixer par la direction du groupe. Les idées brillantes qu’il mit en pratique lors du développement de la petite voiture à deux portes avaient le potentiel pour créer plus d’une voiture et se prêtaient à merveille à nombre de déclinaisons. Et c’est ainsi que dès la première année de production de la Mini, deux autres modèles – la Mini Van et la Mini Estate – virent le jour.

Les premières brochures de vente pour la Morris Mini-Minor vantaient déjà l’orientation rigoureuse vers la modernité de la nouvelle petite voiture. Mais personne ne pouvait vraiment prévoir la véracité des pronostics de l’époque. 50 ans plus tard, on sait que quelques rares concepts automobiles seulement ont perduré aussi longtemps ou acquis une popularité comparable et qu’aucun n’a donné naissance à autant de variantes que le concept de la Mini. Ce succès s’explique aussi par le fait que la Mini répondait d’emblée aux exigences de son époque tout en séduisant par d’autres qualités. Avec une longueur hors tout de 3,05 mètres et un prix de revient de 496 livres sterling, elle était adaptée à la perfection et aux endroits étroits et aux petits budgets. Son agilité et le charme de ses proportions la rendaient cependant aussi intéressante pour les automobilistes qui savaient non seulement apprécier sa compacité et sa sobriété, mais aussi savourer les virages négociés à allure sportive et le caractère individuel de la voiture.

Les premières variantes de la Mini

Avec le lancement commercial de la Mini, son concepteur Alec Issigonis avait rempli sa mission. La Morris Mini-Minor et l’Austin Seven, qui ne se différenciaient que par la grille de calandre, les chapeaux de roue et les couleurs de la carrosserie, étaient animées par un quatre cylindres en ligne d’une cylindrée de 848 centimètres cubes. Il était monté en position avant transversale et délivrait une puissance de 34 ch. Toutes deux offraient des performances routières identiques et un coffre d’un volume de 195 litres. Tout le monde vantait l’habitabilité généreuse, les moteurs sobres, mais pourtant puissants, la bonne tenue de route et la suspension confortable de la nouvelle petite voiture. Mais Issigonis caressait déjà de nouveaux projets – et il n’était pas seul.

       Alec Issigonis en 1969, 10 ans après le lancement                                         Austin Cooper 1961

Dès 1960, BMC mit la Mini Van aux côtés de la Mini. Sur la base de la petite fourgonnette fermée, un break largement vitré et équipé de deux portes arrière comme le van apparut sur le marché. Par analogie avec les berlines, cette silhouette fut également commercialisée sous le nom de Morris Mini-Traveller et d’Austin Seven Countryman dotées toutes les deux de la même technique. Et c’est au plus tard en 1961 que le potentiel de la Mini se révéla vraiment : au début de l’année, la Mini Pick-up, le plus petit de tous les utilitaires, fit son apparition, suivie un peu plus de six mois plus tard par deux modèles positionnés à l’extrémité prestigieuse de la gamme : la Wolseley Hornet et la Riley Elf. Deux autres marques BMC profitaient donc du concept de la Mini classique. Grâce à des calandres dressées majestueusement, à un coffre à bagages plus long et à des ailes arrière en queue d’aronde, les deux modèles se démarquaient par leur propre look.

Lors du deuxième semestre de la même année, une autre déclinaison descendit dans la rue qui devait marquer la légende de la Mini comme aucune autre variante : la Mini Cooper. Le constructeur de voitures de sport John Cooper, lié d’une grande amitié avec Alec Issigonis, avait reconnu le potentiel sportif de la nouvelle petite voiture dès la genèse des premiers prototypes. Avec l’accord de la direction du groupe, il mit au point une petite série de 1000 Mini Cooper animées par un moteur modifié dont la cylindrée avait été portée à 1,0 litre et la puissance à 55 ch.

Cette voiture lancée en septembre 1961 suscita des réactions euphoriques et il ne restait qu’un seul souhait de modification à exaucer : encore plus de puissance. Issigonis et Cooper portèrent de ce fait la cylindrée à 1071 centimètres cubes, permettant alors une puissance maximale de 70 ch. Ce qui fit de la Mini Cooper S un phénomène d’exception et ce, pas seulement sur la route. En effet, la victoire de catégorie que le Finlandais Rauno Aaltonen décrocha en 1963 au Rallye de Monte-Carlo ne fut que le début d’une série de succès sans précédent dans la course automobile et couronnée par les trois victoires au classement général du Rallye de Monte Carlo raflées en 1964, 1965 et 1967.

                                           (1)                                                                                     (2)

(1) : La Mini Clubman, qui n'était à l'époque qu'une version au nez retouché.
(2) : La Mini pick-up, début des années 1960.

Et une de plus : la Mini-Moke

En août 1964, BMC présenta une autre variante de la Mini initialement conçue pour un usage militaire : la Mini Moke, un véhicule à quatre places entièrement ouvert qui devait rester dans la gamme pendant quatre ans. Sa carrosserie était constituée d’un bac de plancher doté de larges bas de caisse en forme de caisson et habillé d’un capot moteur et d’un pare-brise. Une capote de toile rabattable protégeait tant bien que mal des précipitations. La Mini Moke bénéficiait de l’ensemble mécanique de la Mini et fit un tabac surtout dans les régions gâtées par le soleil des États-Unis et de l’Australie.

En 1967, la Mini était prête à être revue de fond en comble. Elle fut gratifiée d’un moteur plus puissant de 998 centimètres cubes délivrant désormais 38 ch. Deux ans plus tard, le Mini Clubman – simplement une Mini au museau modifié – vint épauler la Mini. Le modèle frère était environ 11 centimètres plus long que l’original ; l’« Estate », la version break venant se substituer à la Morris Mini-Traveller et à la Austin Seven Countryman, faisait exactement 3,4 mètres de long pour une largeur, une hauteur et un empattement inchangés. En même temps, la Mini Cooper fut rayée de la gamme et remplacée par la Mini 1275 GT, le modèle de pointe de la gamme Clubman, entraînée par un moteur de 1,3 litre développant 59 ch.

Quelques autres détails changèrent également en 1969 : les vitres latérales avant coulissantes ayant équipées la Mini classique depuis ses débuts cédèrent sur tous les modèles la place à des vitres à manivelle, les charnières de porte extérieures furent déplacées à l’intérieur et un emblème réservé à Mini trônait sur le capot moteur.

                              La Mini Van, 1969                                                                Mini Moke, 1965

Retour de la Mini Cooper

À partir du milieu des années 1970, de nombreux modèles spéciaux de la Mini furent proposés dans les orientations les plus diverses – sportive ou branchée, noble et distinguée ou jeune et fringante. Entre 1980 et 1983, la gamme fut allégée : le Clubman, l’Estate et la Van étaient arrivés à la fin de leur cycle de vie. Ne restait plus que la Mini classique animée par le moteur de 1,0 litre porté entre-temps à 40 ch. La clientèle lui resta fidèle : en 1986, la cinq millionième Mini quitta la chaîne de l’usine de Longbridge.

En 1990, la réintégration de la Mini Cooper dans la gamme des modèles déclencha la joie auprès de nombreux fervents. Sous son capot moteur tournait désormais le moteur de 1,3 litre. La production du moteur de 1,0 litre pour la Mini fut arrêtée en 1992 suite aux exigences croissantes en matière de qualité des gaz d’échappement. Dorénavant, tous les modèles étaient entraînés par le groupe de 1275 centimètres cubes.

La dernière déclinaison nouvelle de la Mini vit le jour en 1991. Elle fut la seule à ne pas avoir son origine en Angleterre, mais en Allemagne. En effet, un concessionnaire engagé à Baden avait – comme maint préparateur avant lui – coupé le toit de la Mini et l’avait ainsi transformée en un joli Cabriolet. À la différence de toutes les tentatives antérieures, le résultat était si réussi que Rover Group qui avait entre-temps repris la Mini, décida d’acquérir la construction et la production. Le modèle de série fut vendu à environ 1000 exemplaires entre 1993 et 1996.

                                                                          Morris Mini Traveller

Finalement, la production de la Mini prit fin en l’an 2000. Plus de 5,3 millions d’unités de la petite voiture prisée à l’échelle mondiale avaient quitté les usines sous les formes les plus diverses, dont environ 600 000 voitures construites entre 1959 et 1968 à l’usine d’Oxford. Mais après 41 ans, la Mini n’avait pas dit son dernier mot – bien au contraire. Après un intermède d’à peine un an, un nouveau chapitre fut ouvert dans l’histoire de la marque anglaise en 2001.

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One thought on “La petite histoire de la Mini

  • 15 mai 2011 à 17 h 49 min
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    Bonjour,

    Vous me permettrez ces quelques informations supplémentaire sur la Mini, tirées de mes propres recherches.

    — Pour compenser les inconvénients liés à un aussi petit diamètre, notamment l’usure rapide, l’ingénieur Issigonis convaincra la compagnie Dunlop de concevoir des pneus sans chambre à air spécialement adaptés.

    — Une autre nouveauté pour une voiture anglaise de l’époque aura tenu à ce choix du « tout-à-l’avant », moteur et roues motrices, choix paradoxal puisque cette Mini devait concurrencer notamment les Volkswagen Coccinelle et autre Fiat 500, où l’on privilégiait plutôt le « tout-à-l’arrière ».

    — Au début des années 1960, une licence de fabrication de la Mini sera accordée à Innocenti, et il semblerait que ces Mini italiennes auront été de moins bonne qualité…

    — Enfin, notons que « Mini » ne devint comme telle une marque déposée qu’en 1969 ! Il ne se serait s’agit, jusqu’alors, que d’un surnom et non d’une nom officiel.

    Au plaisir
    Charles Bertrand

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