La petite histoire derrière les différents noms de Mercedes-Benz

Pour partager :


Ou comment la marque à l’étoile en vint à porter le nom de la fille d’un de ses vendeurs.

Lère de l’automobile a débuté en 1886 lorsque Gottlieb Daimler et Karl Benz ont - chacun de leur côté - offert à l’être humain une nouvelle possibilité de déplacement : le véhicule à moteur. Leur invention a changé le monde.

Les fondateurs

Gottlieb Daimler et Karl Benz ont, chacun de leur côté, jeté les bases du transport routier motorisé. Forts de leur découverte et grâce au soutien de différents partenaires financiers, ils fondèrent tous deux leurs propres sociétés : Benz créa la Benz & Cie en octobre 1883 et Daimler fonda la Daimler-Motoren-Gesellshaft (DMG) en novembre 1890.

Pour sensibiliser le public et faire connaître leurs produits, les deux sociétés cherchèrent un nom de marque symbolique.

Ils se contentèrent au départ de leur propre nom, « Benz » et « Daimler », garant de l’originalité et de la qualité de leurs moteurs et véhicules.

Mais si la marque de fabrique Benz & Cie ne changea pas (seule la roue dentée utilisée depuis 1903 fut remplacée par une couronne de laurier entourant le nom Benz en 1909), une appellation totalement inédite apparut pour les modèles de Daimler- Motoren-Gesellshaft en 1899 : « Mercedes ».

Le Nom

Mercédès est un prénom féminin d’origine espagnole qui signifie « grâce ». Mercédès était aussi le prénom donné en 1889 à la fille d’Emil Jellinek, un commerçant autrichien né à Baden près de Vienne, mais vivant à Nice, en France. Homme moderne et passionné de sport, Jellinek était féru de progrès technique en général et d’automobile en particulier.

Convaincu de l’avenir de la voiture, il fit en 1897 le voyage vers Cannstatt pour visiter l’usine Daimler et y commander sa première Daimler, un modèle 6 ch à courroie avec moteur à deux cylindres. Mais très rapidement, la voiture livrée en octobre 1897 lui parut trop lente avec sa vitesse maximale de 24 km/h. Il exigea une vitesse de 40 km/h et passa commande de deux voitures de type Daimler « Phoenix » avec moteur 8 ch à l’avant. Les deux véhicules réceptionnés en septembre 1898 furent ainsi les premiers engins routiers animés par un moteur quatre cylindres.

Emil Jellinek ayant noué d’excellentes relations avec les grands financiers et aristocrates de l’époque, ses affaires se révélèrent florissantes. En 1898, il commença la vente des voitures automobiles Daimler dans les hautes sphères de la société. Ainsi, DMG lui livra 10 véhicules en 1899, puis 29 en 1900. Jellinek demanda ensuite à DMG de lui construire des voitures de plus en plus puissantes et rapides. Dès 1899, il les inscrivit même à des compétitions, et notamment à la fameuse Semaine de Nice. Pour ces courses, il pilotait sous le pseudonyme de « Mercédès », du nom de sa fille alors âgée de dix ans. Ce surnom, Jellinek ne l’utilisa pas, dans un premier temps, comme marque, mais uniquement pour lui et son équipe.

Au début du mois d’avril 1900, les responsables de DMG et Jellinek paraphèrent une convention de vente de voitures et de moteurs Daimler. Avec la décision prise de développer un nouveau moteur baptisé « Daimler-Mercédès », le pseudonyme de Jellinek devint une dénomination de produit. 15 jours après, Jellinek commandait 36 véhicules pour un total de 550 000 marks, soit l’équivalent actuel de 3,25 millions de dollars, une somme colossale pour l’époque. Mais à peine quelques semaines plus tard, il réclamait à nouveau 36 voitures, toutes avec moteur de 8 ch.

La première Mercédès

Le 22 décembre 1900, DMG livrait à Jellinek la première voiture dotée du nouveau moteur, un bolide de course de 35 ch. Cette première « Mercédès », développée par Wilhelm Maybach, ingénieur en chef de DMG, fit fureur au début du siècle. Avec son centre de gravité bas, son moteur à la fois léger et puissant ainsi que son radiateur en nid d’abeilles, elle est considérée, aujourd’hui encore, comme la première automobile des temps modernes.

La Semaine de Nice, qui se déroula en mars 1901 et au cours de laquelle les Mercédès engagées furent pratiquement imbattables dans toutes les disciplines, offrit une publicité exceptionnelle au modèle et à Jellinek. En mars et en août 1901 apparurent les versions soeurs 12/16 ch et 8/11 ch. Les commandes de Jellinek qui suivirent mobilisèrent toutes les capacités de production de l’usine Daimler de Cannstatt. Le 23 juin 1902, le nom de « Mercédès » était officiellement déposé et légalement protégé le 26 septembre.

En juin 1903, Emil Jellinek eut l’autorisation de s’appeler dorénavant Jellinek-Mercédès. « C’est bien la première fois qu’un  père prend le nom de sa fille », commenta-t-il. L’Etoile de Stuttgart Lorsque la marque Mercédès fut déposée en septembre 1902, DMG disposait certes d’un nom de marque prestigieux, mais il lui manquait encore un logo caractéristique. Paul et Adolf, les fils de Gottlieb Daimler, tous deux alors à la tête de l’entreprise, se souvinrent fort à propos que leur père avait utilisé une étoile comme symbole. Gottlieb Daimler fut directeur technique de l’usine de moteurs Deutz de 1872 à 1881.

À ses débuts dans ce poste, il identifia en effet d’une étoile son domicile sur une carte postale illustrant Cologne et Deutz. A sa femme qui la reçut, il écrivit que cette étoile brillerait un jour de mille feux sur sa propre usine ! Le directoire de DMG apprécia immédiatement l’idée et déposa des étoiles à trois et à quatre branches comme marques de fabrique en juin 1909. Les deux formes furent légalement protégées, mais seule celle à trois branches fut utilisée. Dès 1910, elle orna le radiateur des véhicules de la marque.

L’étoile à trois branches symbolisait également l’engagement de Daimler en faveur d’une motorisation universelle « sur terre, sur l’eau et dans les airs », d’où les trois branches symboliques. Au fil des années, elle se compléta de différents éléments. En 1916, elle s’entoura ainsi d’un cercle comprenant  quatre petites étoiles et le nom de Mercédès, ou l’appellation des usines DMG Untertürkheim ou Berlin-Marienfelde. En novembre 1921, DMG déposa une demande de brevet pour de nouvelles variantes, dont une étoile en trois dimensions sertie d’un cercle qui devait orner la calandre de radiateur des véhicules de la marque.

Cette dernière version devint marque déposée en août 1923. La bonne étoile sur toutes les routes L’époque suivant la Première Guerre mondiale fut marquée par l’inflation et les difficultés de commercialisation – particulièrement au niveau des objets de luxe telle que la voiture – et les temps devinrent difficiles pour l’industrie automobile. Seules les marques fortement implantées d’entreprises financièrement solides purent être sauvegardées, même si elles durent souvent fusionner ou coopérer avec d’autres. C’est ainsi que DMG et Benz & Cie, concurrentes de longue date, formèrent dès 1924 une communauté d’intérêt afin d’unifier la conception et la fabrication, les achats, la vente et la publicité avec, pour objectif, de maintenir leur compétitivité sur le marché.

Durant deux ans, les deux sociétés firent donc publicité commune, mais toujours en séparant les deux marques. En juin 1926, les deux plus anciennes fabriques d’automobiles fusionnaient enfin pour former Daimler-Benz AG. Un nouvel emblème fut créé réunissant les principaux éléments du passé : l’étoile à trois branches mondialement connue de Daimler-Motoren-Gesellschaft s’orna du nom de « Mercédès » et du non moins célèbre « Benz », les deux mots étant réunis par une couronne de laurier. Ce logo – à peine modifié au cours des décennies – orne toujours les véhicules de la marque « Mercedes-Benz ». Sur toutes les routes, l’étoile est devenue un symbole de qualité et de sécurité, tandis que, dans le monde entier, le nom de « Mercedes-Benz » est synonyme de tradition,  d’innovation et d’automobile du futur.

Le Blog Auto

Pour partager :