La Pontiac Firebird Trans-Am 1976

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Le dernier tour de piste d'un vrai V8 "Big Block" dans une sportive américaine

1976, c’est l’année des Olympiques et de Nadia Comaneci, de l’élection du Parti Québécois et des vestes en suède brun avec des franges. Mais c’est aussi l’année où, pour la dernière fois, un constructeur américain proposait un véritable V8 « Big block » dans une de ses voitures à vocation sportive. En fait, la disparition progressive de ces moteurs de légende avait débuté en 1970 avec la promulgation de lois plus sévères concernant la dépollution des moteurs, et le coup de grâce a été assené en 1975 avec l’apparition du convertisseur catalytique. Cette Trans-Am est donc une survivante, bien qu’à sa dernière année de production.

Pontiac - la Marque des Sensations, selon son slogan de l’époque -  a été  l’instigatrice, en 1964, de la mode des « Muscle Cars », avec sa GTO.  Cette catégorie de voitures avait la particularité de proposer les plus gros moteurs d’un constructeur, les fameux « Big Block », dans une carrosserie de taille moyenne. La Firebird T/A 1976 en est la dernière incarnation, contrairement aux autres marques qui proposaient alors des voitures décorées à la mode sport, mais sans le moteur. Des coquilles vides, en somme. Par contre, même si la Trans-Am avait bien un moteur de 7,5 litres (455 po³), ce n’était plus le monstre du passé, et il n’offrait plus que 200 maigres chevaux dépollués. Mais c’était toujours un « Big block », un trait de caractère important pour les amateurs.

En comparaison, en 1976, le plus gros moteur disponible dans sa jumelle, la Camaro Z28, était le 5,7 litres (350 po³), un vulgaire « Small Block ». Du côté de chez Ford, la Mustang Cobra II était la risée du groupe, avec son châssis de Pinto et son « gros » moteur V8 de 5,0 litres de 120 cv ! Et chez Chrysler, plus de Challenger, plus de ‘Cuda, mais plutôt une Cordoba avec du cuir « corinthien », un demi-toit de vinyle. Seule Pontiac osait encore offrir un vrai « big block », même si celui-ci venait des grandes berlines Laurentian/Catalina/Bonneville et n’offrait plus de spécifications exclusives somme le filtre à air ouvert ou l’arbre à cames typé course.

Malgré cela, la T/A 455 avait des atouts dans sa manche. Avec le gros moteur, venait aussi un rapport de démultiplication plus favorable (3,23 au lieu de 2,41), de meilleurs freins, ainsi qu’un échappement plus sonore, moins restrictif. La boîte de vitesse était manuelle à 4 rapports et levier Hurst, l’automatique n’étant pas offerte avec le 7,5 litres. On pouvait donc espérer un 0-100 km/h en moins de 8 secondes, une performance rare en cette époque morose. La Mustang V8 faisait le même sprint en 11 secondes !

En plus, améliorer ses performances n’était pas difficile, il suffisait de tricher un peu… Par exemple, le carburateur Rochester Quadra Jet étant réglé « pauvre », il était facile d’enrichir le mélange pour gagner des chevaux gratuitement. Si, en plus, on jouait avec la courbe d’allumage, on ouvrait la prise d’air frais du capot et on installait un véritable échappement double avec tubulures primaires, alors là, la T/A 455 offrait enfin un ramage à la hauteur de son plumage, pour ne pas faire de vilain jeu de mots sur ses décalcomanies !

Les Trans Am ont aussi eu, à cette époque, un coup de pouce de Hollywood par l’apparition de cette voiture dans le film « Cours après moi, Sheriff », avec Burt Reynolds et Sally Fields. En fait, la Trans Am est quasiment un personnage secondaire, tellement elle est présente à l’écran. À l’origine, c’était un modèle 1976 qui devait « jouer le rôle », puisque c’était la première année de la livrée noir et or avec son aigle sur le capot. Malheureusement, des délais de production ont forcé les producteurs à utiliser le modèle 1977, moins performant et différent sur le plan du style. Plus de 455 sur le capot mais plutôt un « T/A 6,6 liter », aussi performant mais moins évocateur. Le nez de la voiture offrait aussi des phares rectangulaires, la toute dernière mode à cette époque.

En plus du gros moteur, 1976 voyait aussi les célèbres roues « Polycast » faire leur dernière apparition. Apparues en 1971, ces jantes stylisées étaient composées d’une jante standard en acier sur laquelle on avait coulé une imitation en caoutchouc d’une jante en alliage d’aluminium. L’avantage de ces jantes était leur solidité, à une époque ou les jantes en alliage avait mauvaise réputation; par contre, elles étaient d’une lourdeur effrayante, d’où leur remplacement par les roues « flocon de neige » en alliage sur la voiture de film en 1977.

Mais au final, c’est la disparition du gros V8 qui est le plus significatif, puisque c’est la dernière année qu’un constructeur américain offrait un tel moteur dans une voiture de taille moyenne. Cela mérite d’être souligné.

Le Blog Auto

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