L’accord de libre-échange Canada-Corée du Sud

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L'entente de libre-échange survenue mardi entre le Canada et la Corée du Sud ne fait pas que des heureux. En effet, bien que plusieurs secteurs se soient réjouis de l'abolition des barrières tarifaires, le secteur automobile a réagi très négativement à l'issu de ces négociations.

D'abord, parcourons les grandes lignes de l'accord. La Corée du Sud s'engage, dès le départ, à éliminer complètement la taxe à l'importation de 8% qu'elle imposait sur les véhicules et les pièces détachées d'origine canadienne. Pour sa part, le Canada réduira sa taxe sur les véhicules et les pièces détachées d'origine sud-coréenne de 6,1 à 4% pendant les deux premières années, pour finaliser complètement l'éliminer à la fin de la troisième année.

L'année dernière, la Corée du Sud a exporté pour 2,23 milliards de dollars de véhicules vers le Canada alors que celui-ci n'en envoyait que pour 92 millions de dollars, en incluant les pièces détachées. Pendant que 100 000 véhicules coréens étaient importés au Canada, il n'y en a que 100 qui prenaient le chemin de la Corée du Sud.

L'Ontario s'est également prononcée contre l'entente, et on peut facilement le comprendre. 93 000 personnes travaillent pour des constructeurs d'automobiles et leurs fournisseurs de pièces. 500 000 emplois indirects dépendent de cette industrie. Le syndicat Unifor, qui représente 39 000 membres du secteur automobile, craint que 33 000 emplois puissent être perdus dans cette industrie suite à la signature de l'entente.

Selon Ford, au cours des deux dernières années, les accords de libre-échange qu'ont signés les États-Unis et l'Union européenne avec la Corée du Sud n'ont pas permis d'inverser le flux commercial à sens unique du secteur de l'automobile. La Corée du Sud continue à maintenir son marché grâce à des barrières non tarifaires et des interventions massives dans sa monnaie, ce qui subventionne injustement ses exportations de véhicules. Depuis que les États-Unis ont signé leur accord commercial avec la Corée du Sud, le déficit commercial des États-Unis s'est aggravé de 50% et le volume de toutes les marchandises américaines (pas seulement les automobiles) exportées vers la Corée a chuté de près de 2 milliards de dollars.

L'Ontario a notamment peur que la Corée impose des barrières déguisées, telles que des normes de sécurité plus contraignantes aux véhicules assemblés au Canada. L'Ontario dénonce aussi le fait que les barrières protectrices seront disparues après seulement trois ans, alors que les États-Unis ont donné cinq ans, et l'Union européenne sept ans, aux entreprises afin de s'adapter.

Ford a souligné être capable de concurrencer les autres constructeurs au niveau mondial. L'usine d'Oakville, en Ontario, exporte des véhicules vers plus de 50 pays. Toutefois, elle affirme qu'aucun manufacturier ne peut concurrencer dans un marché contrôlé par des barrières non tarifaires et la manipulation de la monnaie.

Jerry Dias, président national d'Unifor, a eu ces mots très durs envers l'industrie automobile coréenne: "Si les entreprises coréennes veulent augmenter leurs ventes au Canada, elles devraient être obligées de construire ces automobiles ici."

Par Christian Gagnon - LeBlogAuto.ca

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