De Tomaso Deauville 1979

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La voiture mystère de la dernière édition était une De Tomaso Deauville, une grande berline rapide et confortable, produite de 1971 à 1988. Plus connu pour ses voitures de sport, les Mangusta et Pantera, De Tomaso a essayé d'élargir sa gamme, tout comme Ferrari et Lamborghini, ses concurrents habituels en lançant la berline Deauville et le coupé Longchamps. La Deauville devait concurrencer les Jaguar XJ-12 et Mercedes-Benz 450SEL sur le marché très exclusif des berlines de très grand luxe. Elle a été lancée au même moment que sa petite sœur sportive, la Pantera, dont elle partage la mécanique d'origine Ford : un V8 de 5,8 litres alimenté par un carburateur à quatre corps, qui produit tout de même 330 cv. Ce moteur est mieux connu auprès des amateurs sous le vocable de « 351 Cleveland ».

À la demande de Ford, vexé par l’échec de sa tentative de rachat de Ferrari, que De Tomaso étudia une berline de grand luxe dont le mandat serait de concurrencer la XJ de Jaguar, alors reine de la catégorie, et les productions italiennes. La petite histoire veut que c’est lors d’une visite en Italie destinée à contrôler le développement de la Pantera que Lee Iaccoca, alors à la tête du groupe Ford, fit part de son admiration pour la Jaguar XJ à Tom Tjaarda, le designer maison. Cette conversation informelle prit tout son sens lorsque, peu après, Iaccoca appuyé par Henry Ford II, ordonna à De Tomaso la mise en chantier d’une berline destinée à briller sur le marché américain. Quelques mois plus tard, en novembre 1970, De Tomaso présenta sa première berline sous l’appellation Deauville, du nom d’une station balnéaire française, rendue célèbre parmi les amateurs d’automobile par le film « Un homme et une femme » et la Mustang de Jean-Louis Trintignant.

Pressé par Alejandro de Tomaso de faire « une Jaguar XJ, mais différente », Tjaarda se borna à copier les astuces stylistiques de la belle anglaise en y apposant un panneau arrière au traitement similaire à celui de la Pantera, également signée de son crayon. Proposée à un prix deux fois plus élevé que son inspiratrice, la Deauville ne pouvait vraiment rivaliser en termes de sophistication technique avec la digne anglaise. Mue par un rustique mais performant V8 américain couplé en général à une boîte automatique à trois rapports, la De Tomaso ne brillait guère par sa noblesse mais compensait par la bonne volonté typique des gros V8 à culbuteurs. Malheureusement, la bienveillance de Ford s’évanouit à mesure que les premières Pantera débarquées sur le continent nord-américain démontraient le manque de rigueur apporté à sa construction. La Deauville ne fut donc jamais importée officiellement aux États-Unis, ce qui la privait de son plus grand marché potentiel.

Des chiffres très imprécis circulent quant au nombre d’exemplaires produits mais il semble peu probable que ce dernier ait dépassé la barre des 250. Prisée par une poignée d’excentriques épris d’exotisme, la Deauville a connu une carrière confidentielle. Et par un curieux retour de balancier, quand vint le temps pour Jaguar de redessiner sa berline en 1986, elle copia quasi intégralement la Deauville. La revanche est douce au coeur de l’indien.

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