Le déclin de l’empire américain

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Depuis 2000, l’industrie automobile états-unienne à perdu 25% de ses emplois

L’hémorragie des emplois s’accélère dans l’industrie automobile états-unienne. Hors services, comme les concessionnaires, les effectifs de la branche sont passés récemment sous la barre du million de salariés, avec seulement 987 800 postes en octobre, selon les pointages des services fédéraux du travail. Ce niveau représente une baisse de 6 % en un an et de 25 % par rapport au début de la décennie lorsque les effectifs avaient culminé à 1,3 million de salariés, retrouvant alors le niveau du grand boum des années 1970.

Alors que l’évolution de l’emploi était, par le passé, relativement cyclique, variant au gré du marché, la tendance à la baisse semble cette fois beaucoup plus structurelle, soulignent les experts. L’implantation industrielle, ces dernières années, de constructeurs étrangers, tels que Toyota, Honda, Hyundai, Mercedes ou BMW dans les états du sud-est comme l’Alabama ou la Géorgie, est très loin de compenser les licenciements massifs des trois grands constructeurs états-uniens, à savoir General Motors, Ford et Chrysler.

Selon les travaux du Center for Automotive Research, cité par AUTOMOTIVE NEWS, pour chaque poste créé dans le pays ces quatorze dernières années par les nouveaux venus, les Trois Grands ont supprimé 6,1 postes dans leurs propres usines. GM, Ford et Chrysler n’employaient plus que 296 600 salariés à la fin 2006, contre 586 900 en 1992, tandis que les effectifs de leurs concurrents sont passés de 58 100 à 108 600 salariés sur la même période. Les équipementiers ont quant à eux vu leurs effectifs fondre de 27 % depuis 2000.

Le journal économique Les Échos souligne que deux phénomènes se conjuguent pour expliquer le déclin social chez les trois grands constructeurs états-uniens : le repli stratégique assumé pour adapter les sites de production à l’érosion de leur part de marché et la hausse de leur productivité (en l’espace de cinq ans, GM a abaissé le temps nécessaire à l’assemblage d’une voiture de 15 %, Ford de 14 % et Chrysler de 24 %). Seule petite consolation pour les experts, les constructeurs étrangers pourraient décider d’augmenter la part de leur production locale aux États-Unis pour s’accommoder de la baisse du dollar, conclut le quotidien.

Le Blog Auto

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