Le Ford Edge SEL 2007

Pour partager :

Saura-t-il faire oublier la Freestar ?

Avec ses Escape, Freestyle, Explorer et Expedition, Ford offre déjà des VUS de toutes les tailles et pour tous les goûts. Or, il semble que ce ne soit pas suffisant, car un petit nouveau s’ajoute à la famille en 2007, le Edge. Plus imposant que le Escape, son rôle exact est de remplacer la mini fourgonnette Freestar chez Ford, disparue du catalogue. Le cahier des charges qui a dirigé sa conception comprenait les points suivants : style, polyvalence et sportivité. Ces trois points sont ce qui distingue la mini fourgonnette traditionnelle du VUM, le véhicule utilitaire multisegments. En fait, la mode est à ce genre de véhicule, construit sur une plateforme automobile, mais qui offre une allure de costaud et un volume habitable important. Ce sont là les trois segments du mot multisegments : châssis automobile, allure de VUS, volume de mini fourgonnette. Voyons voir si les objectifs sont atteints.

Prix et options

Le véhicule d’essai est un Ford Edge SEL 2007 doté du rouage intégral. Les deux seules options sont le gigantesque toit ouvrant Vista Roof (1700$) et l’attelage de remorque (500$). Le prix du modèle essayé est de 40 299$. Pour ce montant, le Edge est généreusement équipé, avec la climatisation régulée à deux zones, les sièges en cuir chauffants à l’avant, la radio Sirius, l’ESP et le radar de recul. On trouve aussi un petit ordinateur de route, un chargeur de CD monté au tableau de bord, une console centrale de très grand volume ainsi qu’un rétroviseur central à atténuation automatique. Le niveau d’équipement est donc très bon, et il se compare avantageusement à l’offre de la concurrence.

À l'intérieur

Un fois installé à bord, le coup d’oeil est agréable et la facture est moderne. L’espace intérieur est important, surtout à l’arrière. Même avec les sièges avant reculés au maximum, l’espace à l’arrière n’est pas hypothéqué, ce qui assure que les tout-petits n’auront pas le loisir de faire sentir leur pied dans le dos des occupants des places avant. La qualité des matériaux est toutefois un peu pauvre, avec des plastiques durs pour les contre-portes et le tableau de bord. Il faudra voir à l’usage si ces matériaux ont une bonne tenue dans le temps.

Les sièges sont confortables et dotés de réglages électriques à mémorisation, une rareté dans cette catégorie. Toutefois, seuls les deux sièges avant ont droit au cuir, et seulement sur les surfaces d’assise : tout le reste est en vinyle, d’une bonne qualité tout de même. On retrouve du cuir aussi sur le volant, et ce volant est doté de commandes pour la radio, le chauffage et le régulateur de vitesse. Ça fait beaucoup de boutons de même taille sur une petite surface, il aurait été préférable de séparer certaines fonctions pour leur dédier un satellite ou un levier indépendant. Parlant de levier, celui des clignotants est trop chargé, avec les commandes pour les deux essuie-glace, en plus d’être placé trop loin du volant. L’ergonomie de toute cette quincaillerie serait à revoir, pour adopter les standards de l’industrie.

Le tableau de bord est très complet, même s’il n’est doté que des quatre cadrans habituels; c’est que l’ordinateur de bord permet de contrôler les différents niveaux (huile, liquide de refroidissement et de freins, lave-glace), en plus d’afficher la consommation moyenne, l’autonomie ainsi que l’orientation géographique. La chaîne sonore à neuf haut-parleurs offre la radio satellite et un chargeur de 6 CD, en plus d’une prise auxiliaire pour un lecteur MP3.

La soute à bagages est de très bonnes dimensions, avec en plus un compartiment de rangement sous le plancher, autour de la roue de secours. On retrouve aussi un bouton qui commande le rabattage des dossiers de la banquette arrière, en plus du dossier du siège passager qui se rabat à plat. On peut donc transporter de longs objets de 2,4 m à bord de l’habitacle. Par contre, il n’y a pas de rideau cache-bagages, une lacune qu’il doit être possible de combler grâce au catalogue d’accessoires.

Sur la route

Le Edge mis à l’essai était équipé du nouveau moteur V6 de 3,5 litres de Ford. Ce bloc moderne est d’une douceur impressionnante, malgré sa nervosité et sa capacité à monter dans les tours. Avec 265 CV et 250 pi-lbs de couple, il se situe dans la bonne moyenne de la catégorie. La boîte de vitesse automatique à 6 rapports est aussi toute récente, et cette combinaison offre des performances solides, à défaut d’être sportives. Il faut dire qu’à près de 2000 kg, le Edge n’est pas un poids plume. Cette masse se fait surtout sentir au freinage, avec une pédale de frein molle et qui demande une pression conséquente pour stopper rapidement. Sur le plan de la tenue de route, le Edge est plus proche de la minifourgonnette que de la berline, car il prend beaucoup de roulis en virage. C’est le prix à payer pour rouler si haut, et conserver un minimum de confort.

Parlant de confort, le Edge est très silencieux, même avec le toit ouvert en grand, ce qui est plutôt rare. La suspension indépendante aux quatre roues est souple et fait un bon boulot de filtrage des imperfections de la chaussée. C’est sur ce plan que la plateforme automobile se montre à son avantage. Un camion à châssis séparé et essieu rigide produirait beaucoup plus de vibrations parasites dans les mêmes conditions.

C’est sur le plan de la visibilité que le Edge fait moins bonne figure : l’angle mort à gauche du conducteur est important, et les rétroviseurs n’offrent pas suffisamment de couverture pour compenser. Peut-être que Ford devrait lui aussi proposer un avertisseur d’angle mort, comme Buick le fera à l’automne ? La solution plus pratique est une glace de rétroviseur convexe sur sa partie extérieure, comme on en retrouve sur certaines voitures.

L’essai ayant eu lieu sur des chaussées sèches, le rouage intégral à commande électronique n’a donc pas eu le loisir de se mettre en action. Il faudra donc revisiter le Edge quand les conditions seront moins favorables, pour juger de son efficacité. Une chose est certaine toutefois, le Edge n’est pas destiné aux excursions hors route, vu l’absence de protection du châssis et la présence de pneus de type voiture, des Continental CrossContact LX en P245/60R18.

Sur le plan de la consommation d’essence, le Edge est coté par Transport Canada à 9,1 l/100km sur route et 13,5 l/100km en ville. Lors de l’essai, la moyenne observée était plutôt de 16,3 l/100km, avec 70% du kilométrage effectué sur des routes limitées à 50 km/h.

Conclusion

Des trois objectifs que Ford a établis pour le Edge, deux ont atteint la cible : c’est un VUM logeable et convivial, qui peut facilement remplacer une mini fourgonnette comme véhicule familial. C’est aussi un véhicule dont l’allure fait parler, surtout dans sa livrée cuivrée, avec des grandes roues placées aux quatre coins. Personne ne le confondra avec la Freestar, c’est certain. Par contre, le troisième objectif (qui était d’offrir des prestations sportives) n’est pas atteint, même si le Edge est mieux sur ce plan que les VUS à châssis séparé. Il est tout simplement impossible pour un camion de 2 tonnes, haut perché sur ses grandes roues de 18 pouces, d’offrir des sensations de sportives. C’est une simple loi de la nature.

Au final, le Edge est un VUM bien équipé, confortable, logeable et silencieux. Sa mécanique est sophistiquée et son gabarit compact le rend facile à garer. On peut tout juste lui reprocher certains matériaux bon marché dans l’habitacle et des lacunes d’équipement. Mais comme ses tarifs sont très raisonnables, il n’aura aucune difficulté à remplacer la triste Freestar dans la gamme Ford.

Vidéo Ford Edge SEL 2007

Trouver un Ford Edge à vendre sur autoExpert.ca

Le Blog Auto

Pour partager :