L’électricité est à l’honneur à Los Angeles

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De multiples projets de voitures électriques sont en préparation, mais leur développement sera encore long et nécessitera l’aide de l’état.

Alors que le secteur automobile vit l'une de ses plus graves crises, plusieurs constructeurs ont dévoilé au salon de Los Angeles les détails de leurs projets de lancement de voitures électriques, tout en réclamant la patience des consommateurs, et des aides publiques. Nissan Motor, General Motors, Mini - filiale de BMW - ou encore Audi (groupe Volkswagen) comptent parmi les constructeurs qui ont promis de mettre sur le marché dans quelques années des voitures capables de rouler uniquement à l'électricité. L'attrait des consommateurs pour ce type de véhicules est nourri à la fois par leur sensibilité accrue aux questions touchant au réchauffement climatique et par la forte hausse du prix de l'essence à la pompe depuis un an. Les batteries coûteuses et nécessaires à l'alimentation du véhicule ne possèdent cependant encore pas assez d'autonomie pour permettre d'effectuer de longues distances.

"C'est difficile à vendre", résume David Champion, responsable de la rubrique automobile du mensuel américain Consumer Reports. "Les gens sont habitués à acheter leur voiture et ensuite à se déplacer partout où ils veulent. Il existe beaucoup d'obstacles à la voiture électrique", a-t-il dit. La Mini E, une Mini Cooper toute électrique de BMW, devrait ouvrir la voie puisque son constructeur prévoit de la lancer dès l'année prochaine sur les routes américaines. Elle pourra parcourir environ 250 kilomètres sans être rechargée. Dans un premier temps, seules 500 exemplaires de cette Mini E seront disponibles - en Californie et à New York - afin que le groupe évalue leur performance. Elles ne seront disponibles qu'en locationvente, au tarif de 850 dollars par mois. A la conduite, la Mini E devrait avoir autant de "punch" et procurer autant de plaisir qu'une voiture traditionnelle, ont estimé les responsables de chez BMW.

D'autres constructeurs estiment aussi que la performance de la voiture sera primordiale."En tant que constructeur responsable, nous devons réfléchir à l'interprétation que fera Audi de la conduite électrique, et nous allons le faire prochainement", a déclaré Peter Schwarzenbauer, membre du conseil d'administration d'Audi, qui travaille aussi sur un modèle électrique. "La voiture sera extrêmement belle et vous aurez beaucoup de plaisir à la conduire, en dépit de qu'il y a sous le capot." Nissan et General Motors prévoient quant à eux de commercialiser leurs premières voitures électriques début 2010 sur le marché américain.

Vers une part de marché de 10%

Nissan, dont Renault détient 44%, a déjà dévoilé son modèle tout électrique et estime que les ventes de véhicules propres représenteront d'ici 2020 10% des ventes mondiales, soit près de sept millions de véhicules par an. Mais son président Carlos Ghosn a admis qu'un certain nombre d'incertitudes entourait cette prévision. "Quel que soit le chiffre que je vous donnerai, il sera faux", a-t-il prévenu. "La réalité est qu'aujourd'hui, il n'y a aucune voiture électrique sur le marché." Pour amorcer la demande, les pouvoirs publics, à tous les niveaux (national, régional, municipal) doivent encourager les avantages financiers et mettre en place des infrastructures de rechargement des voitures, a estimé Ghosn.

Nissan a déjà noué des accords avec les gouvernements de différents pays comme le Japon, Israël, le Danemark, le Portugal ainsi qu'avec certains états américains comme le Tennessee et, plus récemment, l'Oregon. Dans ce dernier cas, les pouvoirs publics et la compagnie d'électricité Portland General Electric vont coopérer pour créer un réseau de stations de recharge des batteries. Les automobilistes considèrent en effet que ces aménagements sont essentiels pour ne pas avoir à rentrer chez eux à chaque fois que la voiture sera déchargée.

La Chevrolet Volt de General Motors aura quant à elle une autonomie de 64 kilomètres en mode "tout électrique" mais elle sera munie d'un réservoir d'essence pour lui permettre de rouler sur de plus longues distances. Nissan a annoncé que l'autonomie de sa première génération de voitures électriques atteindrait peut-être 160 kilomètres mais souhaite la porter à près de 320 km pour la deuxième génération de batteries. C'est pourquoi il prévoit de louer les batteries afin de limiter le prix de vente des voitures elles-mêmes et d'assurer aux clients la possibilité de profiter des progrès attendus en matière d'autonomie.

Le prix de la Volt de GM pourrait dépasser 30 000 dollars mais le groupe n'a pas encore décidé de sa politique commerciale concernant les batteries. "Si la facture mensuelle d'amortissement des batteries, de coût de l'électricité etc (...), est inférieure à celle de l'essence (...) le modèle économique sera intéressant", a dit Tony Posawatz, le directeur de la gamme Volt. "Mais ce sont des points sur lesquels nous ne sommes pas obligés de nous décider aujourd'hui."

Le Blog Auto • Les Echos

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