Mazda 3 Sport 2008

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Ce n’est un secret pour personne, les Québécois, et les Canadiens dans une moindre mesure, adorent les voitures de taille compacte. C’est souvent une question de moyens financiers, l’essence historiquement étant plus chère ici que chez nos voisins du sud, mais c’est aussi une question de style de vie. La proverbiale réserve des Québécois, qui sont reconnus pour ne pas dépenser plus que nécessaire, les fait opter pour les versions d’entrée de gamme des modèles qu’ils choisissent, tout le contraire des États-Uniens qui sélectionnent plus souvent les versions mieux équipées et plus puissantes. C’est culturel. C’est avec cela en tête que j’ai pris le volant d’une version GX à moteur 2,0 litres de la très populaire Mazda3, un best-seller depuis sa dernière refonte. Ma voiture d’essai, offerte à 20 200 $, était équipée des habituels et indispensables équipements de confort modernes, climatisation, glaces et serrures électriques, rétroviseurs à télécommande. Pas de fla-flas, mais tout est là. Ou presque, puisqu’il manque le régulateur de vitesse, un accessoire qui ne coûte rien à proposer (l’électronique étant déjà présente), sinon que la commande sur le volant. 

En montant à bord, la première impression en est une d’espace : la voiture a beau être une compacte, le volume intérieur est bien aménagé et seul l’espace pour les jambes à l’arrière est limité. La soute à bagages est aussi de bonne dimension, c’est normal dans le cas de cette version à cinq portières, et le siège arrière rabattable permet de moduler l’espace disponible. La finition est austère, une tradition Mazda, tout est noir, mais les plastiques non moussés offrent de belles textures à défaut d’être agréables au toucher. L’ergonomie est excellente, tout est à sa place habituelle, et il est facile de trouver une position de conduite confortable. La sellerie des sièges est en tissus, un choix beaucoup plus intéressant que le vinyle qu’on retrouve chez certains concurrents. Par contre, l’absence de sièges chauffants fait un peu chiche, tout comme l’absence d’un ordinateur de bord. Et que dire du volant : fabriqué en matière plastique, sa face arrière est percée de trous de moulage par injection, un comble pour un objet qui sera manipulé en permanence par son conducteur. Mazda devrait fournir des gants de conduite gratuitement. De même, le combiné d’instruments fait la place belle au style avec ses nacelles profondes, mais il est quasiment illisible à la brunante, le contraste des inscriptions étant trop faible sur le fond blanc. Un aspect plus intéressant est l’abondance d’espaces de rangement : il y a un immense coffre à gant, trois compartiments dans la console centrale en plus de vide-poches dans les portières. Dans l’ensemble, l’habitacle de la Mazda3 est fort bien conçu mais n’inspire pas de grandes émotions ; c’est l’efficacité qui prime.

La mécanique est tout aussi conventionnelle, avec un bloc à quatre cylindres transversal, une boîte de vitesse à cinq rapports, une suspension à jambes de force à l’avant et bras tirés à l’arrière, deux barres antiroulis et une direction à crémaillère à assistance électrique. Seul le freinage fait mieux que le minimum avec ses quatre disques et son antiblocage. Le moteur de 2,0 litres offre 148 cv à 6500 tr/min et 135 pi-lb de couple à 4500 tr/min et fonctionne à l’essence régulière. Si tout cela est peu original et n’incite personne à faire le tour de la voiture pour en découvrir les merveilles, à l’usage, la Mazda3 s’en tire très bien. Le moteur est vif et adore grimper dans les tours mais sa sonorité est pauvre. Il s’exprime vraiment à partir de 5500 tr/min, jusqu’à la ligne rouge du compte-tours. Le faible couple disponible n’est un problème qu’au démarrage mais par la suite, la voiture ne peine nullement à suivre le trafic, bien servie par une boîte manuelle dont le guidage n’a rien à envier aux meilleures. En roulage, le moteur est discret, tellement que j’ai quelquefois oublié de passer la cinquième à vitesse de croisière.

La suspension est souple et relativement confortable, mais la monte pneumatique fait pitié. Les Toyo Proxes A18 (P195/65R15) crient à la moindre occasion, sans même forcer le rythme. Par exemple, à la suite d’un arrêt obligatoire, il suffit d’une bande de peinture blanche pour les faire patiner au redémarrage. C’est très gênant, cela fait passer le conducteur pour un débutant apprenant la conduite d’une voiture à boîte manuelle. La direction à assistance électrique est agréable, ce n’est pas coutume pour ce genre de système, mais sa précision est handicapée par la monte pneumatique, tout comme le freinage dont la puissance ne peux être mise en doute, mais dont les distances sont longues pour une voiture aussi légère (1280 kg). Si c’était ma voiture, je m’empresserais de les remplacer par des gommes de meilleure qualité, la voiture mérite beaucoup mieux.

Sur le plan de la consommation, Transport Canada affiche des cotes de 8,4 et 6,1 L/100km (ville et route) ; ma consommation tournait plutôt autour des 11,5 L/100km en conduite essentiellement urbaine. Par contre, ma voiture d’essai était toute neuve et elle devrait s’améliorer au fil des kilomètres.

Loin d’être un pis aller, la version d’entrée de gamme de la Mazda3 offre beaucoup d’efficacité pour un tarif somme toute raisonnable. Logeable, confortable, silencieuse, elle ne démérite pas sur le plan de l’agrément de conduite, si ce n’est que par sa monte pneumatique mal adaptée. Les chiffres de vente de ce modèle au fil des ans confirment que cette compacte représente un excellent achat pour les Québécois. Pour ceux qui lorgnent du côté de l’occasion, le site  www.autoExpert.ca regorge de ces voitures : pas moins de 150 voitures sont offertes dans la seule région de Montréal. Les prix débutent autour de 11 000 $ pour les 2004, ce qui confirme que la valeur de revente est en accord avec la popularité du modèle.

Trouver un Mazda3 à vendre sur autoExpert.ca

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