Mazda CX-7 2008

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Ceux qui me lisent depuis le début de ce magazine savent que j’ai une préférence marquée pour les véhicules bien typés : je n’ai pas beaucoup de sympathie pour ceux dont le cahier des charges est trop ambitieux. Je veux que ma voiture sport soit sportive, que mon camion puisse transporter ce que la sportive ne peux faire, et que ma berline soit bien équipée et confortable tout en étant frugale. Mais je suis sensible à la technologie raffinée, j’aime les véhicules compacts bien équipés et je commence à apprécier l’aisance que procurent les véhicules haut-perchés. Alors, que penser de ce CX-7, qui est en fait un amalgame de tout cela ? Réponse dans ce compte-rendu de ma semaine à bord de la version GT du Mazda CX-7 2008.

Tout d’abord, le CX-7 mérite une mise en situation. C’est que la présentation rapprochée des CX-7 et CX-9 est source de confusion pour beaucoup, surtout avec des noms si similaires. En gros, le CX-7 est un véhicule de taille compacte construit sur une plateforme automobile, alors que le CX-9 est un véhicule de grande taille élaboré sur une plateforme de minifourgonnette modifiée. Les deux partagent pourtant de nombreux éléments mécaniques. C’est un grossier résumé, mais cela a le mérite de bien faire voir les différences entre les deux en termes de taille et de volume intérieur. Le CX-7 est donc celui sur lequel Mazda compte le plus pour réaliser le gros de ses ventes au Canada. L’inverse sera aussi vrai chez nos voisins du sud, ceux-ci privilégiant les gros gabarits.

Présentation

Le modèle mis à ma disposition était la version GT à traction intégrale, équipée de toutes les options du catalogue. Donc, au prix de base de 35 295$, il faut ajouter 2000$ pour le rouage intégral et 4150$ pour le système de navigation et diverses autres options, pour un total de 41 500$.Par contre, à ce prix, c’est la totale quant à l’équipement : climatisation régulée, phares à décharge, accès sans clef, antidérapage, toit ouvrant, caméra de recul, sellerie en cuir, chaine sonore évoluée, etc. En fait, si le CX-7 avait eu droit au détecteur de pluie, à l’ordinateur de bord et aux glaces à descente et remontée automatiques, cela aurait été un sans faute. Ce genre d’équipement est exactement ce que je prône depuis longtemps : la technologie et le confort ne doivent pas être réservés aux seuls mastodontes et autres véhicules hors de portée de la majorité des clients. Peu de constructeurs on adopté cette approche, et j’espère que l’exemple de Mazda fera école.

À bord, l’ambiance est très technique, avec tout ce noiret tout cet argent, mais le coup d’œil est agréable et la finition est d’un bon niveau. On retrouve bien sûr des plastiques durs, cette plaie de notre époque, mais ceux qui importent sont moussés et les accostages sont parfaits. Mieux encore, le CX-7 est doté d’une caisse très rigide et aucun son ni vibration n’est venu perturber l’essai, preuve du sérieux de sa construction. L’ambiance « technique » que j’évoquait plus haut fait référence non seulement au choix des coloris, mais aussi à l’attention que Mazda a porté à l’éclairage de l’habitacle. Tout est illuminé de rouge, sauf le pourtour des cadrans qui s’éclairent d’un halo bleuté du plus bel effet. Il y a même un minuscule plafonnier à DEL qui inonde la console centrale de cette même lueur bleutée.

Sur le plan de l’espace intérieur, le CX-7 ne fait pas partie des plus logeables de la catégorie. Son pare brise fortement incliné repousse les passagers avant au milieu de l’empattement, et les passagers arrière en sont quittes pour se frotter les genoux sur le dossier des sièges antérieurs. Le dégagement pour la tête est limité à l’avant, encore la faute à cette ligne dynamique et surtout, à l’encombrant toit ouvrant. De même, la soute à bagages est de dimension moyenne et le seuil de chargement est élevé. Les sièges sont recouverts d’un fort joli cuir avec empiècement, ce qui n’est pas courant à ce niveau de prix, mais les éléments chauffants n’ont qu’une seule intensité, « bien cuit ». On aurait aimé à tout le moins avoir le choix entre trop chaud et trop froid. 

Le petit volant recouvert de cuir tombe bien en main de même que le sélecteur de vitesse de la boite automatique. Celui-ci possède un mode manuel de sélection des rapports, comme la plupart des boites modernes, mais la facilité avec laquelle on passe d’un mode à l’autre est à souligner. Par contre, le système de navigation s’attire la critique car il n’est pas possible d’entrer une adresse quand le CX-7 est en mouvement. Pourtant, avec un capteur de présence déjà installé sur le siège du passager, il serait facile de permettre l’entrée de données si ce capteur est activé. La caméra de recul qui fait partie de l’option navigation est très utile car le CX-7 est doté de hanches bien galbées, ce qui limite la visibilité vers l’arrière. Les enfants en raffolent.

La climatisation régulée, elle, fait son boulot efficacement, ce qui n’est pas toujours le cas chez les constructeurs japonais, et les glaces du CX-7 sont toujours bien dégagées. On ne peut en dire autant des phares qui, de par leur position au sommet des ailes, sont souvent recouverts de glace et de neige. Et comme on ne peut compter sur un système de lavage ni sur la faible chaleur dégagée par les ampoules à décharge, il faut se résoudre à utiliser le grattoir. Par contre, ces puissants phares sont dotés d’un système de réglage de la hauteur commandé par une molette, et c’est bien pratique pour éviter de transformer l’habitacle de la voiture qui précède le CX-7 en studio de photographie. 

Sur la route

Sur le plan mécanique, le CX-7 est une évolution de la MazdaSpeed6, à l’exception de la boite de vitesse. On retrouve donc le même moteur 4 cylindres turbocompressé à injection directe, mais pour mieux s’adapter à la boite automatique, la puissance est ramenée de 274 à 244 cv à 5000 tr/min et le couple maximal est maintenant de 258 pi-lb de 2500 à 5000 tr/min. Comme le CX-7 fait pencher la balance à 1800 kg, les performances sont solides sans être rapides. Le moteur turbo réponds toujours présent et la boite de vitesse est vive, mais les 258 pi-lb de couple ne sont tout simplement pas assez pour déplacer cette masse à la façon d’une sportive. De plus, la sonorité du moteur est pauvre, c’est le cas de tous les quatre cylindres accouplés à une boite automatique, même si celui-ci grimpe dans les tours sans provoquer la moindre vibration désagréable. Allez y comprendre quelque chose ! Celui qui pourra donner de la richesse et de la profondeur aux notes émises par un gros quatre cylindres est assuré d’une belle fortune.

Mon CX-7 d’essai était aussi doté de la traction intégrale avec répartition active du couple. En gros, c’est un système sans différentiel central qui commande l’essieu arrière par un couplage électronique. À l’usage, bien que moins performant qu’un système intégral permanent, c’est quand même fort utile sur les surfaces glissantes tout en étant tout à fait invisible. Mais ce n’est pas sportif du tout, bien que la publicité de Mazda veuille faire croire le contraire. Avec en plus l’antipatinage et l’antidérapage (qui utilisent les freins pour ramener les roues volages sous contrôle), le CX-7 est toujours sous la surveillance de dispositifs électroniques ou mécaniques qui l’empêchent de glisser, de déraper, bref, de s’amuser. Mais c’est efficace.

J’ai quand même réussi à me faire une frayeur sur une petite route recouverte de cette neige mouillée qui est tombée sur nos têtes à la mi-novembre. Le système antidérapage est venu à ma rescousse en faisant pivoter le CX-7 dans un large virage que je croyais être en mesure de prendre sans problème. Pour une rare fois, j’ai pleinement apprécié que les avancées de l’électronique en matière de sécurité prennent le contrôle de mon véhicule pour m’éviter une embarrassante visite d’un fossé. Je pourrais détailler en long les raisons de cette frayeur, mais sachez seulement que l’ABS et les pneus larges, pourtant d’excellents Bridgestone Blizzak DM-Z2 en 235/60R18, ne font pas bon ménage. Si je devais choisir des roues d’hiver pour le CX-7, j’opterais pour des jantes et des pneus moins larges, c’est certain.

Sur le plan du confort et de la tenue de route, sachez que le CX-7 est sèchement suspendu et que les passagers se font régulièrement secouer, mais ce n’est pas désagréable, c’est le prix à payer pour la vivacité et le comportement qui s’approche de celui d’une berline sport. Sur des routes moins bosselées, et par des températures plus clémentes, je n’aurais probablement pas remarqué ce trait de caractère. Néanmoins, le CX-7 est vif, penche peu en virage, s’accroche avec ténacité au bitume et montre un comportement routier généralement sportif. Mazda a atteint un bon niveau d’efficacité pour des suspensions qui sont tout de même fort conventionnelles, jambes McPherson à l’avant et bras tirés à l’arrière.

Je n’ai évidemment pas pu tester le système de freinage à sa pleine puissance, pneus d’hiver et asphalte froid obligent, mais sachez qu’avec des disques ventilés aux quatre roues, et des étriers à double pistons à l’avant, celui-ci devrait être à la hauteur même en conduite rapide. Mais pourquoi faut-il que le frein de stationnement soit au pied ? Suis-je le seul à l’utiliser quotidiennement ? Si c’est une question d’espace sur la console centrale, alors Mazda devrait proposer un système automatisé comme on en retrouve sur les VW Passat et plusieurs autres voitures européennes.

Finalement, les cotes de consommation de Transport Canada sont de 12,7 et 9,1 l/100km sur route et en conduite urbaine. En réalité, en usage essentiellement urbain et par temps froid, le CX-7 dévore l’essence super de son réservoir au rythme de 19 l/100km. Les moteurs turbo n’ont jamais eu la réputation d’être frugaux, surtout ceux dont la courbe de couple débute tôt et qui incitent à accélérer vigoureusement.


Conclusion

Alors, que conclure ? Dans l’ensemble, le CX-7 m’a plu, surtout en ce qui concerne son niveau d’équipement, son habitacle bien dessiné et son agrément de conduite, supérieur à celui de ses rivaux. Par contre, son faible volume intérieur et sa suspension ferme me font réfléchir sur le prix à payer pour conduire un véhicule utilitaire aux lignes dynamiques et aux performances relevées. Néanmoins, la combinaison semble fonctionner, puisque les ventes du CX-7 sont bonnes, et que la majorité des constructeurs proposent maintenant ce genre de véhicule multi-segments. Il faudra peut-être que je ravise mes à-priori face à cette catégorie de touche-à-tout.

Vidéo Mazda CX-7 2008

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